‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 322 sur 370 · MACEDOINE 7U · texte numérisé non relu

MACEDOINE 7U

souverains, les grands seigneurs serbes multiplient les fondations pieuses : dan? une île du lac dePrespa, le Cèaar Jean Novak bàlit une église de la Vierge (1345 et 1369) ; sur le lac d'Ochrida, le César Goui^ouras édifie une église à Zaoum en l'honneur de la Madone (1361) ; le grand joupan André Grapafait décorer à Och rida l'église de Saint-Clément (1348) ; un autre élève 11 Emporia, près de Korytza, l'église de l'Assomption (1390). C'est <n une époque un peu antérieure, au temps où Byzance y dominait, qu'appartiennent les églises de Melnic > (Trinité, 1287; Panlanassa, 1289); celles de Saint-Clément (1295) et de Sainte-Sophie (I3J7) à Ochrida ' ; celle d'Haghios Chrislos à Verria (1315), celle de Saint-Pierre dans une des Iles du lac de Prespa (commencement xiv'siècte), d'autres encore. Mais, dans tous ces édifices, qu'ils soient d'origine byzantine ou serbe, se retrouve également,

dans les traits généraux, la marque de l'art conatanlinopolitain. Et cela aussi bien se conçoit sans peine. Les tsars serbes du \iv' siècle, non seulement par les conquêtes qu'ils lirent en territoire grec, mais de bien d'autres façons encore, se trouvaient eu contact perpétuel avec le monde byr^anlin. Milouline était le gendre d'Andronic II Paléologue et il faisait bâtir un hôpital à Constantinople, en même temps qu'un couvent à Jérusalem ; un autre prince

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serbe de la fin du xiv* siècle était le beau-frère de Fempereur Jean A Paléologue et du despote Théodore I de Morée. Les souverains serbes avaient d^autre part des relations fréquentes avec TAthos. Sans parier d*Htienne Nemanya qui, à la fin du xii^ siècle, fonda à la Sainte-Montagne le monastère de Chilandari, et se retira, aprù> son abdication, à \'atopédi, le tsar Miloutine, à la fin du xiii*^ siècle, restaura avec sollicitude le couvent serbe (1293) ; un de ses sucee^seurs du xiv*' siècle fit la même chose pour Simopetra (1361i ; un autre dota Saint-Paul, dont George Brankovitch en 1447 rebâtit le catholikon *. Il n'est donc point surprenant que Tart serbe offre bien des ressemblances avec Tart byzanlin, et en particulier avec Tartde la Sainte-Montagne. Non qu'il faille croire pour cela, comme le prétend Strzygowski, qu'il procède exclusivement de l'art alhonite *. L'Athos ne représente point, dans l'art byzantin du xn-^'et du XV* siècle, quelque chose de distinct et de particulier : il nous présente un des aspects de cet art, comme l'art serbe nous en montre un autre; et si fous deux sont pareils, c'est uniquement que lou> deux dérivent d'une même source, Byzance.

Serbie. — Aussi bien le rayonnement byzantin parvient-il jusque dans la Serbie propre ^. Si les constructions des premiers Nemanyides, la grande église de Stoudénitsa (1190), les églises de Zitcha. de Gradats, d'Ariljé, toutes trois du xm® siècle, y échappent à peu près complètement, il se fait sentir au contraire, au moins partiellement, dans les édifices des derniers rois serbes, à Ravanitsa (1381 (fig. 351) et à Krouchevats, qu'édifia le tsar Lazare (1371-1389), à Lioubostinja, que bâtit sa femme Militza {entre 1389 et 1405), à Manassia (1407) (fig. 352) et à Roudénitsa, qu'éleva son fils Etienne Lazarevic (1389-1427). Et sans doute, dans les monumenls de cette dernière époque, se mêlent à l'influence byzantine des motifs qui viennent d'ailleurs, soit de l'Occident, soit des diverses régions de l'Orient chrétien, de TArménie ou de la Géorgie. Mais si «le sentiment national s'est affirmé par lacombinaison de ces éléments divers * », on n'en doit pas moins, pour l'histoire de l'art byzantin, retenir le groupe des monuments de l'architecture serbe.

1. Cf. StrzvKOWski, Die Miniaturen des serbischen Psallers, 114 suîv.

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