‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 50 sur 370 · LES BASILIQUES A COUPOLE · texte numérisé non relu

LES BASILIQUES A COUPOLE

berceau de la grande nef. Ainsi naquit ce que Slrzygowskianommé la « basilique à coupole », qui se rencontre très fréquemment en Anatolie. On en trouve un fort bel exemple à Kodja-Kalessi, en Isaurie * (fig. 36, 37, 38) : là, sur deux travées de la grande nef, la voûte en berceau est coupée par une coupole, que soutenaient quatre trompes d'angle. Les grands arcs latéraux du nord 'et du sud encadrent un mur divisé ^n trois étages. L'éUge supérieur est percé

Fi}?. 35. — Binbirkilissé. Eglise n* 2. Plan (d'après Stneygowski, Kleinasien).

Fig. 36. — Kodja-Kalessi. Plan d'après Headlam .

de fenêtres ; à chacun des deux autres, une triple baie, outenues par des colonnes, fait communiquer la nef centrale avec les bas côtés et les tribunes qui surmontent les collatéraux. Comme dans les édifices de la Syrie voisine, la construction est en pierres de taille, et on y constate Temploi de Tare en fer à cheval dans les arcades qui couvrent la grande nef; Téglise date du iv* siècle, d'après Strzygowski, plus vraisemblablement du v*, selon Topinion deHeadlam.

Le même type se rencontre, réalisé en briques, dans Téglise de Saint-Clément d'Ancyre, où la coupole est également portée sur des trompes d*angle. Ailleurs, au contraire, à Saint-Nicolas de Myra, à Cassaba (ou Déré Ahsy) en Lycie, la coupole repose sur des

1. Headlam, EcclexUgtical sites in hauria, (Journ. of Hellenic Studies, tH92. Supplcment)

9ï LES (IHIGINlilS ANATOLtUNN-BS KOSMATION DK L ABT HVZANTIK

pendentifa. Mais ces pendentirs exerçaient des poussées trop fortes SUT les simples parois d'une grande nef basilicsle. Il fallut donc, pour épauler plus solidement la coupole, imaginer divqn procédé» ; et celle difficulté de construction aida au rapide |l6veloppeinent du lype. TanL<^l on se tira d'aJTaire en surélevaat Ifs colliiléraux pour contrebuter les deux grands arcs du uord et du

Fifc- 3''. — Eglise de Kodja-Kalessi. Fn^-atlc fd'après Headlam;.

sud (iVlyra) (Ug. 39); tantôt, entre la coupole et les parois exténeures, on intercala deux solides berceaux (Ancyre, église de la Vierge à Éphèse, Sainte-Sophie de Salonique). Tantôt, à travers les collatéraux, on prolongea ces berceaux jusqu'au mur d'enceinte ^Caasaba, ((ig. 40), Sainte-Irène de Constantinople, église de Philippes). Les berceaux, avec ceux de la nef, desi'inaient alors une croix à branches égales, et ainsi, par ces transformations successives, de la basilique hellénistique à coupole sortit tout nalurellement le type proprement byzantin de l'éf^Iise en forme de croix grecque, inscrite dans un rectangle '.

On a fort discuté sur le pays où ce type pril naissance. Dans un livre récent', Wulffa fait dériver toutes les églises de celle sorte de Sainte-Sophte de Constantinople, dont la parenté est en efliel évidente avec Its basiliques à Gou[K>le de Cassaba, de Myra et d'An-

Fi|;. 'M. — Egliie de K<idja-Kaless[ . Intérieur (d'apris Ileadlam'.

cyre. Il semble pourtant qu'ilfaille, avec Strzygowski, renverserce rapport, et chercher, bien avant le vi' siècle, peut-être en Syrie, plus probablement en Asie Mineure, l'origine de la basilique à coupole. Il est certain en tout cas que ce plan se propagea vite. Tandis que la coupole sur trompes d'angle se répandait, conformément au type de Kodja-Kalessi, en Egypte et en Syrie (Saint-Serge

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