PALA D'ORO
lafo Falier. En 1204 probablement, on rapporta de Constantinople les six belles plaques qui forment la partie supérieure et qui proviennent, dit-on, du monastère du Pantocrator ; et ceci donna lieu à un autreremaniement. Enfin, au xiv° siècle (1345), onrestaura une fois de plus la Pala, et on lui donna la riche décoration architecturale de style gothique qu’elle garde encore aujourd’hui. Entre ces différents remaniements, il n'est point aisé de retrouver la date des différents émaux qui décorent actuellement la Pala.
Le volet supérieur est occupé par un grand médaillon quadrilobé offrant l'image de l’archange Michel (fig. 348), aux côtés duquel se groupent, trois par trois, six grandes plaques représentant les fêtes de l'Église, depuisles Rameaux jusqu'àla Dormition de la Vierge. La technique en est excellente, et l'ensemble date sans doute de la première moitié du xn° siècle, à l'exception des trente-huit médaillons et des petites plaques qui garnissent le fond, et dont la plupart appartiennent aux meilleurs émaux des x° et xr° siècles. La partie inférieure de la Pala offre trois rangées de plaques superposées, représentant des archanges, des apôtres, des prophètes, disposées autour d’un grand compartiment central, où le Pantocrator trône entreles médaillons des évangélistes (fig. 349). Au-dessus de lui, figure l'Hétimasie, entre des puissances célestes ; au-dessous, aux côtés de la Vierge orante, deux plaques montrent l’impératrice byzantine [rèneet un personnage, qu'uneinscription latine postérieure désigne comme le doge Falier, mais qui n’est autre que l’empereur Alexis ou l’empereur Jean Comnène, qui tous deux eurent pour femme une Irène. Le plus grand nombre de ces émaux datent de la fin du xr° et du xu° siècle. Kondakof attribue, sans doute avec raison, les médaillons des évangélistes et la rangée des prophètes aux xrm°-xiv° siècles, et à des artistes vénitiens. De la même provenance et de la même date sont les petits panneaux rectangulaires qui encadrent trois des côtés de la Pala, et où l'on voit des scènes évangéliques et des épisodes de la vie de saint Marc. Au contraire, les dix-huit petits médaillons fixés sur le cadre inférieur de la Pala sont de la plus belle époque de l’art byzantin, le x° siècle. Les sujets qui y sont figurés sont tout à fait remarquables : ici, c'est un roi à cheval, le faucon au poing, dont l'attitude rappelle les images des souverains sassanides ; là, deux griffons gardent l'arbre de vie ; ailleurs, le même arbre symbolique apparaît entre deux paons et deux serpents. Ces images, tout orientales, et d’une exécution parfaite, sont sans nul doute ce que la Pala d’Oro renferme de plus intéressant.
Calices. — Le trésorde Saint-Marc est également fort riche en calicesbyzantins !. Ils offrent deux formes principales, soit la forme d'une coupe hémisphérique ou en tronc de cône, montée sur un pied assez élevé, soit la forme d’une coupe basse, munie ‘de deux
Fig. 350. — Calice de Basile (trésor de Saint-Marc de Venise), d'après Pasini, Il tesoro diS. Marco.
anses qui, partant du pied, viennent se rattacher à la monture métallique du bord supérieur. Il est rare que ces calices soient tout en métal; la plupart d’entre eux sont en pierre dure, onyx, agate, sardonyx, turquoise, cristal de roche, ou bien en verre, sertis de riches montures émaillées. Généralement le décor en est assez banal : il est composé d'émaux représentant des bustes de saints