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LES LIMITES DE L'INFLUENCE BYZANTINE

La peinture bénédictine. San Angelo in Formis. — Parmi les œuvres de l’art bénédictin du xr° siècle, les plus remarquables sont assurément les peintures murales : entre celles qui nous ont élé conservées, les plus fameuses sont les fresques de l’église de San Angelo in Formis, rebâtie, au pied du mont Tifata, par l'abbé Didier. Elles ont été l'objet de longues discussions, les uns voulant y trouver la preuve que l’art bénédictin, septentrional et latin, ne dut rien aux traditions byzantines, les .autres les tenant pour l'exemple typique de l'art byzantin adopté par le Mont-Cassin ?. Un examen plus attentif du monument a montré récemment quelle part de vérité contiennent ces deux thèses contradictoires, et a fait voir qu'entre les fresques qui composent ce vaste ensemble décoratif, il faut distinguer plusieurs groupes bien tranchés.

Que des artistes grecs aient travaillé à San Angelo in Formis, c'est là un fait désormais incontestable. C’est un maître grec qui, dans le narthex, a peint au tympan de la porte la belle image de l’archange Michel, et, au-dessus, la Vierge-reine en orante, dans un médaillon que soutiennent deux anges (fig. 356) ; en effet, dans le champ de ces deux peintures on lit des inscriptions en cursive grecque, qui ne peuvent avoir été tracées que par un artiste byzantin. Les autres peintures du narthex, empruntées à la légende des ermites égyptiens, sont pareillement, pour le dessin et le coloris, de pures

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