LA BASILIQUE A COUPOLE
étroits et surélevés relient aux murs extérieurs. Dès le x° siècle, les constructeurs byzantins s'étaient efforcés de projeter plus hardiment leurs coupoles dans les airs, et de donner à l’intérieur de leurs monuments plus d'espace et de liberté. La même tendance persiste et se développe au xm° et au xiv° siècle : et il n'est point niable que l'effet obtenu est singulièrement élégant et gracieux.
La basilique à coupole !. — Mais, à côté du plan à croix grecque, on revient au x et au xiv° siècle à des formes plus anciennes, depuis longtemps presque abandonnées. La basilique à trois nefs, couverte en charpente, se rencontre dans l’église de Kalabaka en Thessalie, la basilique voûtée à Sainte-Sophie d'Ochrida, à Arta, versle milieu du x siècle, dans l'église de Saint-Théodora, en Élide, vers le milieu du xu° siècle, dans la belle église des Blachernes. Surtout le souvenir de la basilique à coupole reparaît dans un certain nombre d'édifices. C'est le cas des trois grandes églises de Trébizonde, Sainte- Sophie (fig. 375), Saint-Eugène et la Chrysoképhalos (fig. 376). Tandis que, dans les églises byzantines ordinaires, le plan se Fig. 376. — Trébizonde. rapproche en général du carré, ici au con- Fesses GE
‘ phalos. Plan (d’après traire on observe un allongement notable Millet). de la branche occidentale de la croix, qui, en même temps qu'il donne à l'édifice des dimensions plus considérables, lui fait prendre un aspect nouveau. Au lieu d’être ramassée avec symétrie autour de la coupole, la construction tend à adopter les proportions d’une église latine ; et comme les compartiments extérieurs à la croix ne sont plus, comme ailleurs, voûtés très bas, il en résulte qu’à côté de la nef centrale, on trouve de véritables bas-côtés, de hauteur presque égale à celle de la nef principale, ou parfois, comme à la Chrysoképhalos, couverts d'une galerie s'étendant sur toute la longueur de l’église : ce qui accentue encore la ressemblance avec une église latine.
Le même parti se retrouve dans quelques églises de Mistra. L'Évangelistra, Sainte-Sophie, la Peribleptos modifient légèrement
1. Cf. Millet, L'école grecque, 15 et suiv., 94 et suiv. Manuel d'Art byzantin. T. II. 49
le plan en croix grecque par l'allongement du bras occidental de la croix. La Métropole, la Panagia du Brontochion, la Pantanassa (fig. 377) offrent une disposition plus originale encore. Deux
Fig. 377. — Mistra. Pantanassa. Intérieur (Coll. Hautes-Études, B. 45).
structures s'y trouvent superposées. Dans le bas, une longue nef centrale, séparée par deux rangées de colonnes de deux nefs latérales, donne à ces édifices l'aspect d'une basilique. A l'étage supérieur, la structure rappelle l’église en forme de croix du style constantinopolitain. Une coupole centrale, bâtie sur pendentifs et
LA BASILIQUE A COUPOLE FuA
portée sur un tambour polygonal, est contrebutée par quatre berceaux égaux, deux sur la nef, deux sur les bas-côtés, Dans les angles ouverts entre les berceaux se logent quatre petites coupoles. Il y a là une combinaison de deux plans différents, qu'on ne rencontre qu'à Mistra, et qui est tout à fait remarquable. Et il y a là aussi, en un temps où le plan basilical tendait à disparaître en
Fig. 378. — Arla. Église de la Parigorilissa.
Orient, une persistance curieuse des méthodes anciennes. Elle est particulièrement digne d'attention à la Métropole : primitivement, en effet, cette église avait été construite sur un plan purement basilical, avec des bas-côtés voûtés en berceau et une toiture en charpente sur la grande nef !.
La Parigoritissa d’Arta (fig. 378) présente une combinaison de plan du même genre ?. Sa partie centrale rappelle la structure de l’église de Neamoni à Chio, où une haute coupole portée sur huit