PEINTURES DE MACÉDOINE ET DE SERBIE
de l’art serbe! » ; le maître qui les a signées, Eutychios, y a représenté les grandes fêtes, l'enseignement et les miracles du Christ, la Passion et la Résurrection : par les vastes architectures qui s’y déroulent en longues frises, par la foule mouvante des personnages, par la grâce aimable des détails, elles rappellent les fresques qui, à Mistra, décorent la Métropole ; par la pureté et la finesse du style, par la richesse et la hardiesse de l’imagination, elles révèlent la main d'un véritable artiste. Les peintures de Gratchanitsa, qui datent du même temps, bien qu'elles soient mieux conservées et plus célèbres, ont peut-être moins de charme. Le modelé y est moins souple, le trait moins net. On y trouve les mêmes thèmes, la même ordonnance qu'à Nagoritchino, les fêtes, les miracles, la Passion, la Résurrection, De longues frises y racontent, selon l’ordre du calendrier liturgique, les martyres des saints ou représentent les mulliples épisodes du Jugement dernier ; certains morceaux « montrent le faire nerveux de Nagoritchinc et de Mistra ? ». On sent que tous ces peintres ont été formés à une même école, et qu'à cette éducation commune ils doivent un même goût réaliste, une même culture antique, une même facture pittoresque.
Dans les fresques du temps de Douchan, à Liouboten près de Skoplje (1337), à Tchourtcher (commencement du xiv° siècle), à Matejitch (milieu du xiv° siècle), au monastère de Marko (fin du x1v° siècle), il y a plus de lourdeur peut-être, encore que les com-
positions qui, dans ces deux dernières églises, illustrent l'hymne Acathistos (fig. 409) soient d’un assez vif intérêt. Et à Lesnovo (1349), comme à Zaoum, dans la décoration déjà citée (1361), des maîtres grecs ont laissé des œuvres tout à fait distinguées.
Toutes ces peintures appartiennent à l'école macédonienne. A la fin du xiv® siècle et au commencement du xv°, une autre école apparaît. Les fresques de Ravanitsa (1381. Miracles et Passion du Christ ; le Christ et les prophètes à la coupole, la Communion des apôtres à l'abside), celles de Ljoubostinja (1389-1405). de Manassia (1407. Communion des apôtres), de Roudenitsa, de Kalinitch (miracles du Christ), sont exécutées dans le même style que les peintures de la Peribleptos à Mistra. C’est la technique des maîtres crétois, leur « modelé soigné, obtenu au moyen de minces lignes, de hachures souples et libres » ; ce sont les mêmes figures idéales,