‹ Manuel d'art musulmanChapitre 109 sur 193 · Ou plutôt un arc · texte numérisé non relu

Ou plutôt un arc

4. Les parties du monument incontestablement les plus soignées sont les voûtes des galeries supérieures. Les dessins exécutés en relief sont recouverts de peintures à la détrempe dont les tons varient du gris au rouge vineux. On ne saurait donner une idée de larichesse de cette polychromicrappelant les harmonieuses couleurs des vieux châles des [Indes et de la valeur que prennent parleur juxtaposition les faïences bleues des alvéoles et les broderies aux tons rouges des voûtes (Dieulafoy, op. cit.). Texier a publié des dessins très intéressants de ces décorations ; ils ne semblent pas très exacts au point de vue des couleurs, mais cela peut être attribué autant à l'imperfection des procédés de reproduction employés, qu'à l'imperfection des croquis de Texier, dont on sait que malheureusement les dessins n'ont souvent pas pu être assez complètement achevés sur place.

5. À l'extérieur, la coupole était entièrement revêtue de faïences bleu turquoise.

390 ÉCOLE PERSANE entièrement recouvertes. Le sanctuaire s'élève au fond, on y arrive par une voûte à angles en ogive ; au-dessus de celle-ci s'élève une seconde voûte recouvrant une tribune ; cette voûte est à arêtes croisées de manière à former une moitié d'étoile au centre ! ; à deux mètres au-dessus du sol se trouve une magnifique inscription sculptée sur place dans une épaisse couche de plâtre ; elle est surmontée d'une frise d'un dessin ravissant. L'inscription elle-même a été ornementée de la manière la plus remarquable. C'est tout ce que l'imagination orientale a pu rêver de plus capricieux. Tel était ce magnifique monument, un des premiers exemples de la décoration céramique appliquée en grand ; malheureusement il se ruine et se dégrade tous les jours davantage. |

Mosquée de Véramine (1322-1412). — Sur les fig. 249, 269, 270, on peut étudier des détails d'ornementation analogue qui existent encore à la vieille mosquée de Véramine {722 H.-1322J.-C.), restaurée en 815 H.-1412 J.-C. sous Chah-Rokh). Cette mosquée présente un intérêt tout particulier, car elle joint à une perfection d'exécution remarquable, une simplicité de lignes pour ainsi dire classique. La mosquée proprement dite dont nous donnons le portail (fig. 249) est située * au fond d'une cour intérieure dont les piliers sont revêtus des plus élégantes moulures en entrelacs et en rosaces ; tout autour de l’édifice règne une admirable inscription arabe de 0,80 de haut, ornementée de fleurs d'un goût exquis et bordée d'une frise ravissante *... dans la mosquée même les tympans de l'octogone (qui supporte la coupole) sont émaillés et ceux de l'étage supérieur en plâtre sculpté. À la naissance de cette coupole, au centre de laquelle s'étale une magnifique rosaceen mosaïque, court une frise composée de lignes croisées entremêlées de cartouches et d’entrelacs. Le sanctuaire, (mihrab) en face de la porte d'entrée présente une niche à ogive dont la voûte toute en dentelle repose sur une petite frise terminant une inscription coufique d'une ornementation très riche. L'archivolte se compose d'une ligne de petits caractères coufiques dont la simplicité contraste avec le reste. Les tympans ne sont que dentelles, broderies, combinées de manière à former les rosaces les plus élégantes ; ajoutons d’après M. Dieulafoy,

1. Comme au porche de la mosquée d’Abou Hanifé, par exemple, fig. 268. Ce sont ces voûtes étoilées si caractéristiques de l'art persan. 2 Hbrmmaire dé Hell 'oprcit.; texte TI pl XXIV.

3. J. Laurens en a donné un excellent dessin dans l'album in-fol. du voyage de Hommaire de Hell.

PÉRIODE MÉDIÉVALE A De

que la façade est ornée de mosaïque de faïence de deux bleus, et que le plan de la mosquée est bien mieux composé que celui de la Mesdjid-i-Chah de Kazvin. |

On voit (fig. 269) que les stalactites de la voussure du grand porche ogival sont appareillées soigneusement en briques, leur dis-

Fig. 269. — Mosquée Djouma à Véramine. — Détail de l'entrée d'après Sarre (Denkmäler), départ desstalactites.

position est large et fort belle; nous verrons que, plus tard, par exemple dans le porche d'Ardébil (fig. 287), et à la mosquée bleue de Tauris (fig. 284), les stalactites ne sont plus qu'un motif d'ornementation formé de pièces séparées en terre cuite moulée et émaillée, fixées par un procédé quelconque à l'infrastructure dont elles ne font plus partie intégrante !. Ilen est de mêmede celles du porche de la chapelle de Chah-Sindeh (fig. 273).

L'archivolte du grand porche de la mosquée de Véramine repose sur des colonnettes engagées en briques émaillées, à chapiteaux de terre cuite émaillée également et d’une forme particulière que nous retrouvons aussi dans les édifices de Samarcande (chapelle de la mos-

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