Dieulafoy, Tour du Monde, XLV, p
2. Comme au mausolée de Moumine-Hatoun à Nakchevan, 1186 (Sarre, op. eut.). | 3. Les limites de ce travail ne me permettent pas d’étudier en détail les monuments du Righistan, la mosquée de Bibi-Hanoum, la princesse chinoise, favorite de Tamerlan, qui amena à Samarcande des potiers et des émailleurs chinois dont la main et la technique se retrouvent si souvent dans les monuments de la céramique monumentale, le Gour-Emir, les chapelles de la mosquée de Chah-Sindeh etc... Je dirai néanmoins quelques mots sur ces édifices qui sont d'un si grand intérêt pour l'histoire de l'architecture et sont si peu connus. Grâce à l’obligeance de M. P. Nadar, dont les grandes photographies permettent d'étudier les moindres détails de leur ornementation et à celle de MM. H. Moser et Hugues Krafft qui ont bien voulu mettre leurs collections de photographies à ma disposition, je puis donner ici quelques détails inédits sur leur construction et leur décoration. Medressé de Bibi-Hanoum (791 H.-1388 J.-C.), mosquée de Chah-Sindeh(795 H.-1392 J.-C). Gour-Emir (808 H.-1405 J.-C.). Tilla-Kari (1010 H.-1601 J.-C). Chir-dar (1020 H.- 1618 J.-C.). — M. Fr. Sarre, dans ses Denkmäler pers. Bauk, a donné d'excellentes photographies et des détails en couleur de plusieurs, de ces monuments. Mais la publication la plus remarquable qui ait été faite jusqu'icisur Samarcande est celle dont le premier fascicule, consacré à la description du Gour-Emir, vient de paraître, Les mosquées de Samarcande, publiées sous le patronage de S. M. I. Maria Feodorowna, Saint-Pétersbourg, 1905.
Jo ÉCOLE PERSANE
précision !. L’harmonie de ces émaux est très simple, mais le bleu
Fig. 271. — Entrée de la mosquée de Chah Sindeh à Samarcande (795 H.-1392 J.-C.), achevée en 838 H.-114319.-C. par Ouloug-bey.— Cliché Paul Nadar.
1. Il y a au musée Guimet un certain nombre de fragments de céramique provenant de la mission Ujfalvy ; d'autres fragments de faïences de Samarcande soit au musée de Sèvres soit au musée des Arts décoratifs sont extrêmement intéressants à étudier, tant pour la technique que pour l'histoire de l'art. Il est regrettable qu'on ne songe pas à les réunir en une collection unique de tout ce que nous pouvons avoir à Paris d'échantillons de la céramique architecturale musulmane. À
turquoise y prédomine comme, d’ailleurs, dans presque tous les monuments de Samarcande.
Cette façade est relativement simple ; le parti n’en est pas compliqué, et le jeu des saillies et des creux sans aucune exagération. Néanmoins on remarquera qu'ici l'expression de la construction ne constitue plus, comme à, Véramine, un desprincipaux éléments de composition. Le monument est entièrement revêtu d’une décoration de briques roses ou émaillées et de mosaïque de faïence ; 1l semble qu'on ait tendu de grands tapis sur les murs.
L'originalité de cette décoration émaillée consiste en ce que, prise à part, et abstraction faite de la construction, elle paraît arriver, dès ses premières manifestations, à une perfection presque absolue au point de vue décoratif. On ne peut se l'expliquer que par l'application au thème décoratif de règles consacrées par la longue pratique des fabricants de tapis et d’étoffés peintes : règles qui, par une sélection continuelle, avaient éliminé des compositions décoratives les éléments imparfaits pour ne garder que les plus satisfaisants. La même remarque s'applique aux autres emplois de la faïence émaillée en Turquie ou en Perse, et pour ce dernier pays en particulier la décadence de la céramique architecturale a commencé dès que d’autres préoccupations ont guidé les peintres sur faïence. Tant qu'ils ont gardé le souci des grands partis décoratifs, dont procède la composition des tapis, ils ont produit des œuvres remarquables ; dès qu'ils se sont égarés dans laminutie, les détails, la recherchede limitation exacte de la nature, ils ont perdu lee le sens de la pores et sont tombés dans une décadence irrémédiable.
Mosquée funéraire de la sœur de Tamerlan Tehouchouk Bika (137 j1 J.-C.).— Derrière la mosquée de Chah-Sindeh s’élève une colline sur laquelle, de chaque côté d’une voie étroite, sont placés les tombeaux de lanécropole de cette mosquée. Les chapelles funéraires sont toutes très remarquables par la diversité avec laquelle les ressources de la céramique y ont été employées. Celle dont les figures DR ON AA donnent l’ensemble et les détails, permet de se rendre compte de la perfection de toute la construction !. Le portail s'ouvre sous une grande voussure à stalactites (fig. 273). Il est facile de voir que ces stalactites sont formées d'éléments moulés en terre
1. C'est la mosquée funéraire d’une des sœurs de Tamerlan, la princesse Tchouchouk Bika, morte en 1371 (Sarre, Denkmäler pers. Bauk. et Schubert von Soldern, Die Baudenkmætler von Samarkand, pp. 34 et 38).
cuite ; ces éléments sont non seulement émaillés, mais encore
Fig. 272. — Porche du tombeau de la princesse Thouchouk Bika (+ 1371) à la mosquée de Chah-Sindeh à Samarcande. —- Cliché Paul Nadar.
recouverts de rinceaux sculptés et découpés analogues aux découpures de plâtre du Mogreb ainsi que les panneaux qui
séparent le prolongement des culots des stalactites inférieures. fl est assez singulier de voir à quel point se sont fondues les deux influences ‘ extrême orientale et persane dans le tracé et la conception de ces ornements et la répartition des couleurs. Ainsi, par exemple, le grand panneau du bas côté gauche de l'intérieur
du porche, visible sur la figure 272, rappelle étrangement comme
Fig. 233. — Détail de la partie supérieure de la porte du tombeau de la princesse Tchouchouk Bika. — Cliche Paul Nadar.
aspect général certains ivoires chinois patiemment fouillés et découpés : de même pour certains fleurons de la décoration du fût pes , P de la colonnette de retombée de l’arc de tête du porche (fig. 272) et les carreaux de faïence peintes !
que la composition des colonnettes d'angle (fig. 274) ne procède in | 0 que par ornements de style nettement persan, Celles-ci sont de véritables merveilles d'exécution et de composition céramique, avec
décorant les tympans, tandis
leurs parties alternativement émaillées ou teintées du rose clair
1. Peut-être ces carreaux appartiennent-ils à une restauration postérieure