‹ Manuel d'art musulmanChapitre 139 sur 193 · Vers 648 FI. (1250 J:-C · texte numérisé non relu

Vers 648 FI. (1250 J:-C

trompes à stalactites. C’est en principe la disposition qui fut plus tard adoptée pour la construction de la voussure de la porte de la mosquée funéraire de Kaït-Bey extra muros au Caire, mais le caractère des stalactites est ici tout différent ; elles rappellent celles des monuments d'Alep et de Damas!. Nous les retrouverons plus ou moins développées dans les voussures des monuments seldjoucides de Konieh et des environs.

La cathédrale d'Ani présente aussi des champs décorés d’ornements géométriques analogues aux demi étoiles octogonales ? des portails seldjoucides (par exemple celui du Sirtcheli-medressé fig. 339) dont on retrouve encore le principe dans certaines archivoltes de l’église Saint-Grégoire l'illuminateur à Ani, construite en 1216 J.-C.%. Nous remarquons d'autre part dans certains monuments arméniens, comme par exemple dans le porche de l'église de Safar *, ces arcatures allongées dont j'ai déjà parlé, et surtout ces ornements en forme de colonnes torses accolées, terminées par des nœuds ou des carrés décorés de gravures qui offrent tant d'analogie avec le décor de certains monuments de Siwas, ou de Divrigui ; 1l en est de même de l'ornementation parasite des façades de l'église d’Akhtamar ÿ; à l’église de Ktutz, au contraire, le parti architectural est presque syrien, quoiqu aux angles et à la clef de l'arc en segment de cercle de la porte on trouve ces singulières excroissances sculptées que nous verrons à Divrigui, à Karaman, etc.

Cette influence syrienne est due presque entièrement aux monuments d'Alep, si rapprochés de l’Anatolie ; cette influence se traduit non seulement dans le travail de la pierre, mais encore, dans certains cas, dans Île travail du bois, comme, par exemple, dans le

minbar de la mosquée d’Ala ed-din à Konieh $. où l’on rencontre

cette façon d’accuser la taille de certains panneaux, que nous ne voyons pas dans les ouvrages des menuisiers du Caire, et qui se montre au contraire nettement dans les écoinçcons triangulaires du mihrab en bois de la mosquée Halaouiya à Alep (643-1245-6 J.-C.).

1. Bourgoin, Précis de l’art arabe, pl. 38, 39, 40, 41, 42, malheureusement l’auteur n’a daté aucun de ces monuments.

2. Ce sont ces demi-étoiles octogonales qui décorent les chambranles de certains portails de Damas, comme, parexemple, celui du medressé de Malek- Adel à Damas (Bourgoin, Précis de l'art arabe, 1, pl. 19).

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