‹ Manuel d'art musulmanChapitre 174 sur 193 · ÉCOLE INDOUE -- MONUMENTS MUSULMANS DE CHINE ET D'EXTRÊME ORIENT · texte numérisé non relu

ÉCOLE INDOUE -- MONUMENTS MUSULMANS DE CHINE ET D'EXTRÊME ORIENT

SOMMAIRE : [.Généralités sur l'architecture musulmane dans l'Inde. — II. Étude chronologique des monuments musulmans de l'Inde. 1. Monuments antérieurs à la dynastie des Grands Mogols. 2. Monuments des Grands Mogols. — [II Monuments musulmans de Chine et d'Extrême-Orient.— IV. Chronologie des monuments musulmans de l'Inde.

L'Inde est si éloignée du centre géographique de l'Islam que l’architecture musulmane y a subi l'influence de l’art florissant qui y était implanté depuis des siècles. Le continent indien, peuplé de races très diverses, dont les antagonismes assurèrent la servitude, constitue cependant un monde particulier. Une civilisation religieuse s'est étendue sur les races ennemies et a donné à l’art indou une vie puissante et originale.

Les premières conquêtes musulmanes datent de 712 de notre ère. L'Inde, envahie par sa frontière du nord-ouest, ne présentait, au point de vue politique, que des états divisés, sans cohésion, ni force. Comme en Afrique, la conquête musulmane se fit par invasions successives de tribus d’origine différente, pour se terminer par la fondation d’empires sérieusement organisés au moyen de l’exploitation des vaincus infidèles. Les conquérants, après avoir soumis la vallée de l’Indus, se heurtèrent aux monts Aravalli qui les rejetèrent sur le Gange. Les capitales successives s'échelonnèrent de l’ouest à l'est, et la domination effective même des Grands Mogols ne Fee guère la Nerbudda.

Le premier royaume musulman fut celui des A une mans, fondé vers la fin du x° siècle, avec Ghazna pour capitale. Il réunit le Pendjab, le Moultan, le Gouzarat et le Kachmir jusqu’au Gange.

Delhi devint la capitale des Afghans Ghourides, après la destruction de Ghazna (1152). Elle est à son tour pillée par Tamerlan, en 1398, dans sa conquête stérile de l'Inde.

Baber (1494-1531) établit enfin un empire solide sur les débris des derniers royaumes musulmans de l'Inde, C’est alors sous la

dynastie des « Grands Mogols » qu'un style particulier, où les formes persanes dominent, s’introduit dans l'Inde du Nord.

Comme le montre ce court résumé historique, l’Islam mit beaucoup de temps à

s'implanter dans l'Inde dont il n'acheva du reste jamais la conquête. Il ne subsiste aujourd'hui que dans certaines. provinces septentrionales, el grâce à des antagonismes de race.

La religion de Mahomet y trouvait en effet un terrain bien moins favorable qu’en Afrique ou en Asie occidentale où le judaïsme et Île christianisme avaient façonné les peuples au monothéisme. Déjà la, Perse, foyer d’une religion et d'une civilisation religieuse antérieure vivaces, avait opposé une résistance plus sérieuse, et avait rapi-. dement adopté le schisme des Chiütes. Dans l'Inde seuls, les. peuples de la frontière du nord-ouest de race apparentée aux Persans, acceptèrent volontiers la propagande religieuse nouvelle. Partout ailleurs le génie sémitique resta incompris, étranger. Il fallut pour y implanter solidement l'islamisme la violence de la conquête armée, et surtout l'établissement durable d'un puissant empire musulman, d’une organisation très supérieure à celle des califats d'Orient ou d'Occident et, à plus forte raison, des premiers: états musulmans de l'Inde. Baber et ses successeurs, les Grands Mogols, apportèrent dans leur façon de gouverner une unité de vues, un sentiment de l'autorité et de l'administration remarquables. Ils créèrent de toutes pièces une langue nouvelle, l'hin= doustani, qu'ils imposèrent administrativement. F

De là, pour l'architecture musulmane dans l'Inde deux périodes bien distinctes, l’une antérieure à l'empire des Grands Mogols, l’autre postérieure à la fondation de cet empire. Dans la première, les conquérants se servent des architectes et des procédés locaux, se contentant d'apporter quelques formes nouvelles, comme l'are aigu dans les façades. On reconnaît surtout dans les monuments de cette époque l'influence du style jaïna. |

On y retrouve les traditions de la construction en bois, les pros cédés d’empilage, d’encorbellement, de linteaux horizontaux et de | piliers formés par la juxtaposition de madriers verticaux. Les voûtes y sont plutôt une série de plafonds superposés et à dispos sitions concaves. Les artistes locaux mirent au service des nouveaux" maîtres leurs méthodes, leur ornementation, leurs traditions, mais le rigorisme musulman en supprima radicalement la statuaire dont ils élaguèrent les statuettes innombrables.

= Dans la seconde, avec les Grands Mogols, se dessine nettement

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