‹ Manuel d'art musulmanChapitre 3 sur 193 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

| reproduction exacte de la prononciation arabe, turque ou persane. M. Van Berchem, qui ma si obligeamment communiqué tant de documents précieux, m'a permis, par ses conseils, je pense, d'éviter ou l'inexactitude due à la reproduction d’une orthographe consacrée par l'usage, mais erronée, ou le pédantisme résultant d’une complicalion due à la recherche d'une trop grande exactitude de transcriplion qui, souvent, aurait effarouché le lecteur. Enfin pour les noms de l'Inde musulmane, j'ai simplement transcrit l'orthographe de Fergusson, en déplorant avec le D' Le Bon l'impossibilité où l’on se trouve de voir adopter, dans la terminologie géographique de l'Inde anglaise, une uniformité méthodique. J'aurais peut-être dû, pour éviter tout reproche, donner en caractères arabes, tures ou persans, les noms transcerits dans leur langue originale, mais aurait-ce été vraiment utile ?

La diversité des lieux, le nombre des monuments étudiés, l'inégalité dans la détermination exacte des sources ou des dates, l'impossibilité fréquente d'obtenir une précision scientifique suffisante pour beaucoup de données que j'ai dû mettre en œuvre, ont été autant de difficultés que J'avais à affronter en abordant une étude aussi compliquée et aussi longue.

Certains de mes lecteurs s’effaroucheront peut-être de la quantité de termes techniques dont je me suis servi. Une observation bienveillante m'a été faite à ce sujet par un de ceux qui ont pu lire les épreuves de mon livre. Il me paraît cependant difficile d'exprimer autrement que dans le langage professionnel des faits ou des descriplions qui perdraient de leur précision à être traduits en langage ordinaire. Il semble d’ailleurs naturel de penser que je m'adresse à des lecteurs déjà un peu préparés à l’étude des monuments. Il est cependant un mot sur l'emploi duquel mon aimable éditeur attire mon attention,

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c’est le mot parti. Ce terme n'est pas, en effet, admis dans le langage courant avec le sens que les architectes lui donnent. Nous l'employons pour désigner la disposition d'ensemble, en plan ou en élévation, qui a été choisie par l'architecte auteur du monument. Ainsi l’on dit, un parti en hauteur, pour parler d’une façade où les lignes verticales prédominent; et parti en largeur, pour celle où les lignes horizontales sont plus accusées, au contraire, que les autres, etc...

J'ai employé le mot livwvän pour indiquer les différentes parties des mosquées disposées autour de la cour centrale, et que certains auteurs ont nommées ailes, ce qui est impropre. Les nommer portiques aurait été imexact pour les mosquées medressés et les mosquées persanes comme la mosquée Djouma et la mosquée 1mpériale d'Ispahan. De même j'appelle noukch-hadidas les plâtres découpés en fer, pour les distinguer de tout autre genre de décoration similaire. J'ai cependant tâché d’éviter l'abus des mots peu connus dans la terminologie. Quoi qu'il en soit, j'espère avoir contribué, dans la mesure où je puis le faire, à faire comprendre aux savants et aux artistes un art qui possède au plus haut point les caractères d’un art complet, original et fécond, mais qui a été trop longtemps laissé dans une sorte d’oubli un peu dédaigneux ; soit parce que notre culture gréco-romaine trop exclusive nous ait fermé les yeux sur ce qui pouvait lui être étranger; soit que l'absence d'un travail d'ensemble sur ce sujet ait éloigné de son étude ceux qui ne peuvent ou ne croient pouvoir s'intéresser aux recherches archéologiques que s'ils s'appuient sur des travaux antérieurs.

Cependant, quel intérét présente l'étude de ce monde musulman, si divers, et pourtant unifié en quelque sorte par la discipline religieuse et politique du Coran,

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