‹ Manuel d'art musulmanChapitre 42 sur 193 · OLI · texte numérisé non relu

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ion, qui semble inspirée des broderies et de l’orfèvrerie, pourrait être rapprochée des étoffes brodées de soie et d'argent qui furent le plus bel élément du faste des rois sassanides. Elles sont riches,

tig, 39. — Grande mosquée de Damas. Détail du mihrab.

Cliché Gervais-Courtellemont.

sévères, d'une extrême splendeur. Les fenêtres qui les surmontent sont occupées par de magnifiques vitraux qui datent de la restauation de Saladin. Ces vitraux sont formés de verres colorés sertis dans un cloisonné qu'on a obtenu par le découpage d'une mince dalle de plâtre ; ainsi que dans tous les vitraux arabes, la face supérieure de la cloison est inclinée sur l'horizon, de façon, comme l'a dit M. de Vogüé, que chaque élément de verre se trouve pour ainsi dire placé au fond d’une petite lunette qu'il colore d’une pénombre

70 ee ÉCOLE SYRO-ÉGYPTIENNE

lumineuse. Ces vitraux. à verres rouges. bleus. verts. jaunes et 5) le) 9 à D blancs, sont d’une très belle harmonie ! : une claire-voie en faïence

Fig. 36. — Détail du minbar, grande mosquée de Damas. Cliché Gervais-Courtellemont.

1. Les vitraux de Damas étaient-ils célèbres chez nous au moyen âge, et ont-ils inspiré, malgré la différence du procédé, quelques-uns de nos artisans ? C'est ce que me porte à croire ce passage de l'Histoire de Reims, de dom Mar-

lot (t. III, p. 321) «. En mémoire d’un aussi glorieux rétablissement, nos

placée en dehors, leur tamise le jour. Un tore peint et doré couronne intérieurement l'étage des fenêtres ; la coupole, plus moderne, est revêtue d'une riche ornementation en! stuc peint et doré qui date de Saladin, et qui fut restaurée sous Mohammed ibn Kalaoun (1318) et vers 1830. Elle se compose, comme l’a décrit M. de Vogüé, « de lobes d'or se détachant sur un fond bleu rompu que sillonnent d’élégantes arabesques coupées par des zones noires chargées d’inscriptions pieuses dont les lettres, élésamment, entrelacées, se marient s1 heureusement aux vitraux ». (De Vouüé, p. 91.

Avant la restauration de Soliman, l'extérieur de la mosquée (dont le gros œuvre se composait de matériaux assez grossiers) était revêtu de marbre dans sa partie inférieure, et, au-dessus, de mosaïques !. Aujourd'hui, les placages de marbre restaurés ou remplacés par Soliman subsistent encore, et des faïences de style persan ? ont remplacé les mosaïques. Cette décoration de faïence, dont l'aspect est éclatant, est composée, pour les parties plates du revêtement, de carreaux émaillés, les archivoltes des ares et les éléments d'architecture étant, au contraire faits en briques dont la tranche est émaillée alternativement en bleu et en blanc. La grande coupole est à l'extérieur entièrement revêtue de cuivre. La mosquée d'Omar a, du dehors, l'aspect précieux qu'elle présente plus encore au dedans.

La mosquée El-Aksa à Jérusalem. — La mosquée el-Aksa qui est toute voisine de la mosquée d'Omar, en égala presque la splendeur ; ancienne basilique de Justinien, elle fut reconstruite par Abd el-Malek ; détruite par deux tremblements de terre, elle fut relevée en 785. Saladin la restaura en 1187, ainsi que l’affirme une inscription:; il y fit transporter le beau minbar que Nour-ed-din avait fait faire pour la grande mosquée d'Alep. Les mosaïques dont il fit décorer le sanctuaire sont, malgré l’époque où elles furent exécu-

anciens y avaient fait enchâsser une vitre damasquinée » (à Saint-Nicaise de Reims). Le mot de vitre damasquinée aurait-il été employé par nos vieux chroniqueurs du moyen âge (à qui dom Marlot l'aurait emprunté) pour désigner des vitraux de couleur, ou bien l'expression serait-elle d'origine arabe?

1. Pour l'emploi de la mosaïque à l'extérieur, la façade de la cathédrale de Parenzo qui a gardé une partie de ses revêtements, peut nous donner une idée de ce que pouvait être l'effet produit par un édifice entierement décoré de cette façon. (Cf. Architecture byzantine, par Ehrard et Gayet, fase. 2).

2. Ces faïences ont la plus grande analogie avec celles de la mosquée d'Ardebil, peut-être ont-elles été fabriquées sur place par des céramistes persans, car il me semble-bien difficile qu’elles aient pu être transportées par voie de terre de Perse à Jérusalem.

Fig. 37. — Grande mo

quée de Damas. Minaret de la fiancée Cliché Gervais-Courtellemont.

(Madnet el-Arous..

tées, semblables à celles de la Koubbet es-Sakhra et presque aussi belles (fig. 28).

La Mecque. — La Kaaba de la Mecque, recouvrant la pierre noire

Fig. 38. — Grande mosquée de Damas. Minaret de Jésus. Cliché Gervais-Courtellemont.

sacrée, que les musulmans pensent tombée du ciel, à une longue légende {fig 29). Elle aurait été construite par Adam, puis par Seth, puis par Abraham, puis par les Amalécites, puis au vf siècle, par les Coreichites avec l'architecte copte Dokoun; après que Yézid l'eut détruite, Abdallah ibn Zobeir la reconstruisit ; elle fut détruite

à nouveau au nom d'Abd-el-Malek qui, peu après, en releva les portiques; elle entre dans l'histoire à partir de ce moment. Le Persan Nassiri Khosrau la visita entre 1035 et 1042 (voir sa description dans

Fig. 39. — Grande mosquée de Damas. Fontaine de la cour et minaret de Kaït-Bey. — Cliche Gervais-Gourtellemont.

le Sefer-Nameh, trad. Schefer). On ne cessa de la réparer ou de la reconstruire: avant les restaurations de Soliman, Kaït-Bey etses prédécesseurs firent sûrement des travaux à la grande mosquée, car je vois, sur les photographies de M. Gervais-Courtellemont, des minarets analogues à ceux qu'on construisait au Caire au xv*siècle. En 1571, Selim en reconstruisit l’enceinte et orne de trois cent soixante

atérales.

tus de bronze

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