Sébil-kouttab, fontaine école
côtes creuses en brique permettaient d'obtenir des voûtes plus rigides ; plus tard, on essaya d'imiter par zigzags ou chevrons saillants l'aspect de ces voûtes construites en opus spicatum (mosquée
Fig. 104. — Fontaine à la mosquée Oum-es-Sultan Chaban au Caire vers 764 H.-1363 x RL (2
Barkouk extra muros); puis la coupole de la mosquée funéraire El-Achraf-Inal montre la transition entre l'emploi des ornements chevronnés et du réseau géométrique ; à la base des chevrons ont été exécutés des losanges entrelacés ; cette solution élégante mais monotone, est dépassée dans la mosquée de Kaït-Bey où l’architecte, avec une grande habileté, a mêlé des rinceaux et des rosaces à l’ornementation géométrique, et les a détachés les uns des autres par un ton blanc d'une grâce charmante. C’est là un chef-d'œuvre d'expression dans la décoration. Le minaret fait ressortir cette
délicatesse par l'opposition des ombres vigoureuses produites par sa silhouette hardie et ses reliefs accidentés, auxquels la couleur prête un charme de plus. Alors que les pendentifs d'angle de la mos-
Fig. 105. — Moucharabié ancien à la légation de France au Caire. Cliché Gervais-Courtellemont.
quée funéraire de Barkouk présentent dans leur extrados de si lourdes moulures, ici, au contraire, de grandes lignes très franches. dessinées sur les faces latérales des pendentifs, se raccordent avec beaucoup d'élégance aux lignes d’archivolte des baies des pignons.
Le caractère de toutes ces formes est souligné par une sorte de soutache, bandeau mouluré composé de deux boudins séparés
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Fig. 106. — Okel Koussoun à Mehalla el-Kébir, Égypte, fin du xv° siècle.
par un cavet, qui, de distance en distance, s'enroulent pour passer l’un sous l’autre, autour d’une sorte de bouton aplati. Nous avons déjà vu employer cet élément d'architecture. Mais maintenant à l'époque que nous étudions, il est d'un usage constant el
Fig. 107. — Porte de mosquée à Mehalla el-Kébir!, fin du xv* siècle. 1. Exemple des constructions en briques avec chaînages en bois sinombreux dans le Delta.
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Fig. 108. — Tombeau de l’'émir Soliman ben Selim ! au Caire (aux tombeaux des Califes) 931 H.-1525 J.-C.
1. La coupole est à sa base sertie d’une couronne de carreaux de faïence bleue avec inscriptions blanches. Remarquer la simplicité des raccords angulaires des pendentifs obtenus au moyen de pénétrations de pyramides.
sert à exagérer certains effets, à en atténuer d’autres, et à donner à l'édifice encore plus de franchise et de clarté d'expression. C'est au minaret surtout qu'il donne une netteté d’accent remarquable: celui-c1 présente trois étages de galeries à stalactites. Le premier, octogonal, se raccorde au plan carré par des glacis triangulaires: nous y retrouvons ces niches couronnées d’ares à éléments droits et
Fig. 109. — Plan d’une maison au Caire, d'après Prisse d’Avennes.
décorés de cannelures creuses qui sont bien un des éléments les plus caractéristiques de l'architecture du Caire, les colonnettes wroupées par trois, le balcon à stalactites, les fenêtres comme au minaret d'El-Moyed ; mais tout cela bien plus orné, bien plus raffiné encore. Le second étage est cylindrique, orné de broderies :étoilées en relief et rehaussées de couleur ; le dernier étage, enfin, ajouré de baies longues comme des barbacanes, porte le gracieux couronnemer.t en forme d'ovoïde sur un piédouche. Le minaret comme le dôme est surmonté d'un épi en métal.
La mosquée n’est pas moins intéressante au dedans : la cour était autrefois couronnée d’une corniche en bois portant un lanternon ajouré ! (jen al dessiné à El-Ghouri une analogue dont les ‘stalactites en bois étaient très bien proportionnées comme couronnement). Les deux faces principales sont ouvertes par de grands
1. Coste l’a encore trouvée en place et en a donné un dessin.
arcs à voussoirs alternativement blancs et colorés ; les consoles de retombée décorées de stalactites sur leur face principale, sont ornées d'arabesques sur les côtés. L’archivolte, les consoles sont redessinées par cette double moulure à œil circulaire ; ilen est de même des lignes des faces latérales, qui se composent d'un grand arc flanqué de deux portes qui sont surmontées de petites fenêtres
(el) “Æ j ©] PEN “AE DIR SIENS. DARME VE Fig, 110. — Plan d'un bain au Caire, d'après Prisse d’'Avennes.
ouvertes au fond d’une niche méplate. Le pavage de la cour est composé d'un grand motif de ces médaillons circulaires, sertis dans des encadrements géométriques qu'il était si facile d'obtenir en sciant des colonnes antiques et dont Îles artistes du Caire au xv° siècle ont un peu abusé. Le mur du mihrabest percée de deuxétages de fenêtres profondes, dont celles du haut ont encore leurs charmants vitraux. Le plafond de la mosquée a été refait au xix° siècle, mais le plafond du liwan opposé s’est conservé intact, dans toute: sa splendeur. Il est divisé en trois travées : ce sont des solives demicylindriques, dans leur longueur, de section carrée à leur portée, avec deux séries de stalactites rachetant la transition du carré au demi-cercle; ces solives supportent des caissons rectangulaires séparés par des caissons carrés, ou subdivisés en caissons carrés, dont la décoration sur le fond très chaud du bois naturel est en or et blanc aux rehauts et fleurons bleu outremer. Les fûts des solives sont bleu clair et dorés ; les stalactites dorées avec des filets bleus, et tous les ornements modelés d’un très faible relief en pâtes rapportés. Les frises concaves qui supportent les plafonds ont des inscriptions en relief dorées sur fond
bleu. De longues chutes de stalactites dorées accusent les angles et les axes, enfin les grosses poutres qui séparent les travées sont soutenues par de longues crosses richement décorées dans le même
Fig. 111. Tombeau de l’émir Yachbak appelé vulgairement Koubbet-el- Fadaouiyé au Caire, fondé en 885 H.-1470 J.-C. par l’émir Yachbak, terminé en 886 H.-1480 J.-C. par Kaït-Bey (détail d’un des angles).
ton, qui s'amortissent sur une chute de stalactites. La décoration de ces plafonds est merveilleuse.
Tombeaux. — La richesse et le goût infinis de la mosquée funéraire de Kaït-Bey se retrouvent encore dans ses annexes, comme aussi dans nombre de tombeaux (fig. 111), dont le plus charmant est connu sous le nom de Koubbet-el-Fadaouiyé, et le tombeau de l’'émir Yachbak (+ 1480)". Ses voûtes sont revêtues d’un enduitde chaux colorée où l’on a découpé une véritable guipure d’ornements: les angles de la salle reçoivent destrompes qui, au lieu d’être formées de demi-coupoles, sont des demi-coupoles à stalactites quereçoivent des portions de voûtes formant pendentifs et dont toute la surface est brodée d’ornements découpés dans l’enduit et peints. Bourgoin a
1 CE: van Berchem, Corpus LA /E5 p'14 el sq. et 748:et sq.
KAIÏT-BEY
DE
NTS
LÀ
JONUMI