Marmol (t. IT, 1. III, chap. 41, p
M. Lefebvre, architecte des monuments historiques. Avec sa cour intérieure, ses portiques latéraux, son minaret accusé dans l'axe et servant en même temps de porte d'entrée, ses treize portes, son mihrab comme enfermé dans une petite tour, cette mosquée présente le type de la mosquée mogrebine du xiv° siècle d'une façon complète, magistrale et classique ; c'est le développement de lédi-
Fig. 190. — Alhambra. Ensemble de la Cour des lions (n° 18 du plan).
fice dont il faut chercher peut-être le prototype dans la mosquée des Almohades à Tinmel (Doutté) et dont Sidi Bou-Médine et Sidel-Haloui à Tlemcen ne sont que des réductions.
Le minaret seul subsistant (fig. 199, 200, 201) est, comme la tour de Hassan à Rabat, décoré par un treillis de mailles entrelacées, dans sa partie supérieure ; au-dessus, se trouve la série d’arcatures aveugles qui couronnent les minarets du Mogreb. Les colonnettes des fausses fenêtres ont disparu. Au-dessous de celles-c1, une grande arcature à peine défoncée dont le profil, comme à la tour de Hassan, rappelle les découpures des consoles en bois, encadre une baie géminée qui n'a plus ses colonnes. Cette arcature repose sur une sorte de balcon à encorbellements de stalactites, terminé par de fort belles consoles et qui, peut-être, formait comme un énorme auvent au-
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dessus de la porte. Dansles creux laissés par la sculpture, luisaient des faïences vertes ou brunes qui ont disparu en grande partie. On retrouve ici, comme à Chella, la décoration d’arcs entrelacés, le grand encadrement formé par une inscription monumentale, et enfin cette coquille creuse d’un faible relief qui met une note brillante
au milieu des tympans.
Medersa Tachfiniya. — Le plan de la mosquée de Mansourah
Fig. 191. — Alhambra, tour des Myrtes ou de l’Alberca, sous Yusuf 1°" et Mohamed V {1333-1391 J.-C., n° 4 du plan)
est condensé dans les petites mosquées annexées aux Medersa ; à la Medersa Tachfiniya par exemple (fig. 176), à Tlemcen, la mosquée est réduite à la coupole du sanctuaire, au mihrab disposé en tourelle saillante et au minaret; autour de la cour sont les salles de cours, en R les latrines, en P les portes saillantes si caractéristiques de l'architecture mogrebine.
Mosquée de Sidi Bou-Médine à Tlemcen. — La mosquée de Sidi Bou-Médine (fig. 177 à 1890), élevée à Tlemcen, en 1339, est un des types les mieux conservés des petites mosquées. Son grand | portail est décoré de mosaïques de faïence et on y retrouve encore ce dessin d'archivolte formé de demi-cercles entrelacés, qui, à la clef de l'arc, rejoignent l'encadrement rectanzulaire de la porte; formé de motifs analogues, à dessin de galons ou de soutaches. Les
tympaus et la grande frise supérieure sont en mosaïque de faïence. Les vantaux de la porte restaurés sont en bois revêlu de plaques de bronze, fondues et ciselées, autrefois dorées, avec des heurtoirs en bronze. La décoration intérieure est une surabondante broderie
/ pu
Fig. 192. — Détail intérieur du portique de la Cour deslions (765 H.-1354 J.-C.).
de plâtre. Les membres d'architecture ne sont pas moins riches et le chapiteau que je reproduis (fig. 180) est d'un art précis et somp-
AE QUE)] P I tueux. Nous en retrouvons le type au Maroc et à Tunis.
On voit, par l’apparition d'une décoration plus chargée, plus complexe, l'influence espagnole s'infiltrer à la suite de l'exode des Andalous. Cordoue a été prise en 1236, Séville en 1248. Après la
P Î prise de cette dernière ville, 300.000 Musulmans l'évacuèrent et allèrent se réfugier en Afrique. L'art mogrebin d'Afrique, jusqu'ici caractérisé par une sorte de grandeur sévère, de grandes lignes,
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Fig. 193. — Salle des deux Sœurs à l’Alhambra (n° 20 du plan).