DE L ASTROLOGIE
L astrologue est avant tout un astronome. 11 est impossible (Ig séparer ces deux qualités. En voulant le laiie, on arrive à ces systèmes ridicules, tels que la nomancie et autres, qui s’emparant de quelques bribes d astrologie, les dénaturent et offrent au public de soi-disant moyens de connaître l’avenir, qui ne peuvent mener qu’à l’erreur et désohonorent la véritable science avec laquelle ils sont trop facilement confondus.
L’astrologie, comme toutes les sciences, n est pas a la portée du grand public : elle exige une somme importante de connaissances acquises et un travail assidu. Constiuiie un thème astrologique et essayer de 1 expliquer est une opération longue et méticuleuse qui ne saurait être faite à la légère, ni par des personnes absolument étrangèies aux travaux intellectuels.
Les voies peuvent être aplanies, les calculs facilités . c’est ce que nous avons eu le désir de faire, mais c est là tout le résultat que nous avons cherché à obtenir.
Condenser en un petit volume d’un maniement facile les principales données d’une science qui se trouve épaise, au milieu de nombreuses erreurs et absurdités, dans un grand nombre de livres rares, difficiles à se procuiei et souvent peu commodes à comprendre, tel a été notre but.
Ce travail, nous l’avons fait pour nous-même, poui notic usage personnel, après avoir commencé 1 étude de 1 astiologie en sceptique, par pure curiosité de chercheur. Nous le publions pour éviter à d’autres les ennuis et les difficultés que nous avons eus à surmonter nous-même, et surtout parce qu’aucun ouvrage scientifique moderne n’existe sur la matière, du moins à notre connaissance et en français.
Mais, je le répète, ce n’estlà qu’un aide-mémoire, un manuel destiné à faciliter le travail, et non l’exposé complet d’une science qui a besoin des lumières et du travail de
beaucoup pour être débarrassée des erreurs et du fatras qui l’encombrent.
Du thème astrologique. — L’étude astrologique d’une nativité, d une éclipse, d’une lunaison, d'une année etc., d’un événement quelconque, comprend deux opérations absolument distinctes :
1° Dresser le thème.
2° Expliquer ce thème, en faire la judiciaire.
La première opération doit précéder naturellement la seconde; elle est entièrement astronomique, c’est celle que nous étudierons d’abord.
Construire un thème de nativité (1) est un travail entièrement astronomique et où l’astrologie n’a à intervenir en rien ; mêler les deux choses c’est marcher vers l’erreur. De ce mélange sont nées toutes les méthodes fausses qui encombrent les vieux ouvrages.
En réalité, si l’on peut employer des moyens de calcul différents, le résultat doit toujours être le même parce qu’il niy en a qu’un de possible. Par conséquent, laissons de côté toutes les méthodes dites égales, inégales, rationnelles et posons le problème. J’insiste sur ce point parce que de là découle tout le plan de cet ouvrage.
Les primitifs qui au moment d’une naissance, voulaient tirer des pronostics de la situation des astres, examinaient directement le ciel et prenaient note de leurs observations. Tel est le point de départ.
Mais l’état du ciel ne peut être examiné en plein jour ni même souvent la nuit à cause des nuages ; de plus, tout une partie du firmament se trouve cachée sous
(1) Quand je dis nativité , il demeure bien entendu une fois pour toutes que, dans cette première partie, cela s’applique aussi bien à tout autre événement.
DU THÈME ASTROLOGIQUE io
Vhorizon. Il y a donc lieu de suppléer par le calcul à l'impuissance de nos sens.
Construire un thème c’est dresser letat réel e tcom plet du ciel à un moment donné.
Or, à une minute déterminée pour un horizon donné, la position des astres, duzodiaque, de l’équateur etc.,est une, il n’y en a pas deux. Donc toutes les méthodes doivent aboutir au même résultat et tout procédé qui s’écarte sur quelque point que ce soit de la réalité doit être impitoyablement rejeté. Yoici une base scientifique qui ne laisse aucune place à l’erreur.
Le terrain est déjà absolument déblayé de toutes les fausses conceptions.
Il y a, en astronomie, deux grands mouvements apparents, les seuls que nous ayons à considérer pour notre sujet :
Le déplacement des astres errants, planètes ou comètes, dans l’espace, et le mouvement diurne.
Les planètes se meuvent avec des mouvements apparents, directs ou rétrogrades, qui sont propres à chacune d’elles (les anciens ouvrages disent un planète, aujourd'hui le mot est féminin, il n’y a pas de raison pour conserver l’ancienne orthographe), les éphémérides fournissent leurs positions, il n’y a jamais eu de divergence à cet égard parmi les astrologues. J indiquerai plus loin le moyen de calculer facilement la situation exacte des planètes.
Pour l’orientation du zodiaque qui dépend du mouvement diurne apparent de la sphère céleste, les systèmes les plus erronés ont été employés. Cela est d autant plus curieux que l’astronomie sphérique est celle qui était la mieux connue dans l’antiquité. Là comme toujours un seul résultat est à obtenir : celui qui est conforme à la réalité.
Du plan méridien et de l’horizon. — En astronomie deux plans liés l’un à l’autre d’une manière invariable déterminent un lieu terrestre dans ses rapports avec la sphère céleste: l'horizon et le méridien du lieu, ils lui appartiennent et à nul autre. Deux points peuvent avoir môme horizon, par exemple Paris et Vitré, qui sont tous les deux à 48° 50' de latitude géographique nord, mais comme ils n’ont pas meme méridien, ils sont différents. Deux points peuvent avoir même méridien comme Paris et St-Pol, qui sont tous les deux à 0° 0' de longitude terrestre, mais ils n’ont pas même hauteur polaire (1) et sont différents.
Le méridien et l'horizon ont, en outre, des dispositions respectives qu’il est impossible de modifier. L'horizon est, comme son nom l’indique, un plan horizontal et le méridien lui est perpendiculaire. Si donc dans un graphique, le plan horizontal est représenté par une ligne (sa trace), la logique demande que cette ligne soit horizontale, à moins que des raisons majeures ne s’y opposent et ce n’est pas le cas ici. Mais en tous cas, si l'horizon et le méridien qui déterminent un lieu sont représentés en même temps sur un graphique droit, il est impossible que les deux lignes ne soient pas perpendiculaires entre elles. L'horizon et le méridien donnent deux lignes qui se coupent à angle droit. Tout système qui arrive à un résultat contraire est faux et doit être rejeté.
Ces deux plans qui ensemble déterminent un lieu et un seul, coupent à l’heure indiquée le zodiaque ou mieux l’écliptique en deux points réels donnés. En un mot, il y a à l'heure pour laquelle on dresse le thème un point du zodiaque au méridien sur la terre ou milieu du ciel
(t) On sait que la hauteur du pôle au-dessus de l'horizon est égale à la latitude géographique du lieu.
de l'orientation de zodiaque
(MC) et un autre à l’horizon oriental ou asçeiK . (Ascd 1 .). Aucune erreur ne doit être possible a ce sujet. Nous verrons dans la suite comment ces points se detei-
“nous voilà débarrassés de toutes les méthodes plus ou moins ingénieuses, je le veux bien, mais astronomiquement fausses qui amènent à l’horizon et au méridien tout autre point du zodiaque que ceux qui y sont reellemen en même temps.
De l’orientation du zodiaque. — Les intersections du méridien et de l’horizon avec le zodiaque ont partage
celui-ci en Quatre quartes. £ .
Or, de même que le zodiaque est divise en 12 sig’ne pour le mouvement en longitude des planètes, de meme il doit être divisé en 12 parties pour e mouvement diurne. Ce sont ces douzes parties que les astiolo c ue appellent maisons. En voulant toujours confondre es deux sections de la science et faire des divisions astio ogiques là où, comme dans tout ce qui regai e a cons traction du thème, l’astronomie seule doit intervenir, l’imagination des astrologues s’est adonnée aux fantaisies les plus extraordinaires. Il faut lire les ouvrages anciens pour se rendre compte du travail énorme auquel certains se sont livrés pour donner une entorse à la réalité, cependant si simple. Et comme tout remonte à Ptolemee i e Péluse, dont l’Almageste et les quatre livres du Jugement des astres sont les ouvrages les plus anciens que nous avons sur la matière, chacun s’est évertué d appuyei sa petite invention de la grande autorité du sa>an giec, quitte à torturer les textes pour arriver à faire dire une absurdité à ce grand génie. Et c est là, qu on veui e non le remarquer, le travail non pas d’esprits vulgaires, mais d’hommes de science et de labeur, qui se sont égaies poui
avoir perdu de vue ce principe fondamental, l'astronomie est la base inséparable de l’astrologie, mais la seconde n’entre en jeuqu’après le travail de la première; elles se succèdent, et ne doivent pas être confondues.
Quelle est la mesure commune du mouvement diurne pour les planètes, les étoiles, les lieux du zodiaque etc. c'est le temps. Les astres et lieux du zodiaque parcourent par suite du mouvement diurne (1), des arcs différents pour chacun d’eux, dépendants de la hauteur polaire du lieu, et de la déclinaison de l’astre. Ces arcs diurnes et nocturnes, faciles à déterminer, ont été divisés chacun en douze parties, douze heures diurnes, douze heures nocturnes. La valeur de ces heures variant, non seulement d’un astre à l’autre, mais encore d'un jour à un autre pour le même astre et aussi d’un lieu à un autre, elles ont été appelées heures inégales ou temps horaires, expression que je préfère de beaucoup parce qu’elle se distingue absolument des heures ordinaires ou égales qui valent invariablement 15° d’équateur. Donc, pour savoir la position d’un astre ou lieu du zodiaque dans le mouvement diurne, il suffit de savoir par combien de ses heures inégales ou temps horaires il est éloigné du méridien ou de l’horizon, et Ptolémée ajoute au troisième livre du Jugement des astres « sur lesquels se prennent les semblables positions des lieux ». Voilà le mot qui a donné naissance à toute la théorie des cercles dits de position, théorie très ingénieuse, très savante, du moins en apparence, qui a nécessité de la part de son auteur de grands calculs, mais qui n’a qu'un défaut, c’est d'être absolument fausse.
|1) Quand je dis : parcourent, il est bien entendu que cela veut dire semblent parcourir : ce livre est écrit pour des lecteurs qui savent l’astronomie, je le répète, et qui ne confondent pas les mouvements réels et les mouvements apparents.