Frais généraux financiers
Intérêt des immeubles — ou loyer,
Amortissement des immeubles,
Intérêt et amortissement des emprunts ', ,
1. M. C. Cavallier, le grand maître de forges do Pont-à-Mousson, a relevé avant la guerre, sur le graphique d'une Société métallurgique de l'Est, les proportions suivantes des dépenses faites sur un total annuel de factures s'élovant à plusieurs dizaines de millions de francs : achats de matières premières 2=1 0/0; frais do transport (matières, produits, etc.) 25 0/0; salaires et appointements 27 0/0; transformations, reconstruction, remplacement, outillage, machines, agrandissements, etc., 13 0/0; grand entretien général 4,5 0/0; amortissements et réserves 7 0/0; dividendes 1,5 0/0.
L ORGANISATION DE LA MAISON DE COMMERCE
Le Prix de revient commercial se compose des éléments suivants : 1) le prix d'achat de la marchandise; 2) les frais à l'achat et au départ, tels que : courtage et commission, pesage, camionnage, chargement, droit de sortie, s'il y a lieu, etc.; 3) les frais de transport et d'assurance maritime; 4) les frais à l'arrivée : droit d'entrée, taxe d'octroi, pesage, camionnage, magasinage et assurance contre le feu, si la marchandise est entreposée en dehors des locaux du commerçant, etc. ; 5) les frais de règlement; 6) la part proportionnelle des frais généraux, calculée sur la moyenne annuelle du chiffre d'affaires ; c'est le coefficient d'application des frais généraux.
Le prix de revient total étant ainsi calculé, on établira le rendement^ c'est-à-dire le poids net constaté à l'arrivée, et on en déduira le prix de revient de l'unité. Si l'on connaît, d'autre part, les frais à faire à la vente : escompte, commission, ducroire, il sera facile d'établir la limite de vente de la marchandise. Cette limite de vente a un intérêt particulier lorsqu'elle doit représenter le prix franco domicile de l'acheteur [prix de revient à l'exportation). Au prix de revient établi comme nous l'avons indiqué plus haut {prix de revient à Vimportation)y il faudra ajouter simplement les frais d'expédition : camionnage, transport et assurance, droits d'entrée et frais de vente; commission et courtage s'il y a lieu. Le prix de revient à l'exportation est analogue au compte de revient simulé que doit établir le commerçant avant l'envoi de ses marchandises en consignation; le commissionnaire fournit les renseignements nécessaires, et le commerçant n'effectuera son expédition que si le prix de revient ainsi calculé est inférieur au prix de vente sur le marché du commissionnaire.
Il peut arriver, à la suite dune baisse des prix de vente, que le commerçant ait à envisager une réduction du prix de revient pour maintenir sensiblement égale la marge des bénéfices. Le commerçant est ainsi amené soit à rechercher s'il ne trouverait pas un marché
L ORGANISATION DE LA MAISON DE COMMERCE
d'achat plus avantageux que celui sur lequel il opère habituellement, soit à diminuer la part des différents frais. Cette diminution peut se faire directement, en portant sur les Irais eux-mêmes, ou indirectement, par l'accroissement du chiffre d'affaires, les frais inhérents ne s'élevant jamais dans une proportion aussi rapide. Il est quelquefois possible de trouver des moyens de transport ou de règlement plus avantageux que ceux auxquels le commerçant avait jusque-là recours, mais c'est plutôt sur ses propres frais généraux que celui-ci peut agir en les surveillant plus étroitement ou en les réduisant directement. D'autre part, la question du stock de marchandises en magasin et de son renouvellement est intimement liée à la question du prix de revient. C'est là un des grands secrets du succès des affaires. Si les ventes et les achats se succèdent avec une rapidité telle que l'on fasse, au moyen du môme capital, vingt opérations successives dans l'année, il est certain que chaque opération ne doit être grevée, dans le calcul relatif aux frais généraux, que d'un vingtième de l'intérêt du capital. Lo commerçant a donc autant d'avantages à multiplier les opérations que le manufacturier en trouve à augmenter le nombre des pièces de tissus, par exemple, que fabrique un métier dans un temps donné. On donne le nom de renouvellement da capital aux opérations successives qui ont lieu avec les mêmes fonds. Ainsi, l'on dit que dans telle ou telle classe d'entreprises les renouvellements du capital sont lents ou fréquents, et, dans ce dernier cas, on considère la chose comme un grand avantage. Celui qui, dans une entreprise, imprime un mouvement plus rapide aux capitaux, de manière à obtenir d'eux un plus grand service dans le même temps, réalise une grande amélioration, puisqu'il diminue d'autant, par ce seul fait, ses frais généraux. Dans le calcul des frais, il convient donc de considérer de près et avec attention quelle est la période exacte de renouvellement du capital.
F) Les assurances. — Dans les entreprises commerciales, en particulier^, il faut toujours compter avec le risque et ne jamais oublier de peser, à côté du bénéfice en perspective, l'importance du risque à courir. Tous les banquiers sont des assureurs de crédit, stipulant une prime d'assurance, soit particularisée sous le nom de commission, soit confondue dans le taux d'escompte. Tous les marchés de fournitures, les marchés à forfait, les marchés à terme doivent renfermer des assurances. Grèves, intempéries, accidents, renchérissement des matières, de la main-d'œuvre ou des transports, tout eU inconnu d'avance, tout doit être apprécié. L'assurance doit être partout comme le risque.
Le commerçant doit s'assurer soit contre les risques généraux, communs à tous : l'assurance sur la vie avec ses différentes formes, les assurances contre l'incendie, le vol, les charges d'entretien des immeubles bâtis, les dommages causés par les eaux; soit contre les risques spéciaux à sa profession, tels que ceux de transport, de crédit, les pertes au change, les détournements commis par les employés, le bris des glaces, les accidents et même les grèves.