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LES SOURCES DE RENSEIGNEMENTS

La documentation est indispensable au commerçant, et tout particulièrement pour les affaires d'exportation dont elle constitue en quelque sorte l'épine dorsale. Son rôle est de faciliter la recherche des fournisseurs et des clients et de renseigner sur la solvabilité des seconds. Elle est directe, recueillie par enquête sur place au cours d'un voyage, ou livresque, puisée de seconde main dans des livres ou dans des revues. Dans les deux cas, les renseignements peuvent être portés à la connaissance du public, ou réservés aux membres d'une association. ou d'un syndicat. Nous faisons trop peu usage de ce dernier mode de faire qui est, au contraire, d'un emploi courant en Allemagne.

Toute tentative de vente à essayer sur un marché donné doit, pour avoir chance de réussir, être précédée d'une étude géographique et économique de ce marché, entreprise spécialement au point de vue du produit qu'il s'agit d'écouler. La distance, les usages, la densité de population, les occupations professionnelles et la richesse privée, le climat, les productions agricoles et industrielles, la monnaie en circulation, les tarifs

douaniers, etc., doivent faire l'objet dune étude détaillée.

Le voisinage de deux pays facilite leurs relations commerciales, en réduisant les frais de transport, en particulier. C'est ainsi qu'en dehors des États-Unis, c'est dans les six pays qui nous entourent que nous exportons le plus. La localisation géographique des marchés a aussi une grosse importance. L'importance des transactions est, sans doute, proportionnelle à la population, mais la situation d'un marché près de la frontière, par exemple, en fait parfois un centre déchange, une station intermédiaire pour les rapports commerciaux du pays avec l'étranger. La communauté de langue exerce aussi une influence favorable que nous devrions utiliser davantage dans les pays où le français est très répandu. Il y a aussi des sympathies de race dont le commerce peut se servir, comme il se produit' inversement des courants politiques qui menacent, à certains moments, des débouchés solidement assis et provoquent le boycottage.

Comme nous le verrons plus loin, le produit doit être adapté aux usages et aux habitudes des habitants; c'est même une des causes principales du succès de l'industrie allemande. Ce dernier point a d'autant plus d'importance qu'il s'agit de peuples traditionalistes, peu enclins à la nouveauté, et dont il faut savoir respecter les préjugés jusque dans des détails insignifiants. La concentration de la population dans les villes est aussi un facteur favorable; quant à la richesse privée, elle fournit des indications sur le prix du produite écouler, ce qui est très important dans le cas de nos industries de luxe. Les relations commerciales entre deux nations seront d'autant plus faciles et plus suivies que leurs ressources naturelles et leurs aptitudes de races seront plus différentes, et que la production de l'une sera complémentaire de celle de l'autre. Tel est le cas, par exemple, de la France et de l'Angleterre. Nous exportons principalement chez nos voisins d'outre-Manche

des produits dont nous sommes redevables soit à des conditions climatériqucs et géologiques particulièrement favorables (vins, primeurs), soit aux aptitudes de bon goût et de soin de nos industriels et de nos artisans (tissus, articles de mode, articles de Paris).

Une bonne circulation monétaire facilite les règlements et met les commerçants à l'abri des fluctuations du change. Quant à la connaissance des tarifs douaniers, elle permet à l'industriel de modifier sa fabrication afin de bénéficier des différences de droit d'entrée dont jouissent certaines spécialisations.

L'étude dont nous venons d'esquisser les grandes lignes pourrait être illustrée par un tableau renfermant, en regard des conditions économiques et sociales du pays débouché, les besoins qui en résultent et les conditions économiques et sociales du pays fournisseur, lui permettant d'y satisfaire.

A) La représentation nationale à l'étranger. — 1) Pendant longtemps, les Consuls furent nommés par les corporations, les villes, les armateurs, les marchands, dont ils représentaient et protégeaient les intérêts commerciaux à l'étranger. Ce n'est qu'au xvne siècle qu'ils devinrent des agents de l'État et que leur fonction s'étendit. Aujourd'hui, tout en conservant leurs attributions administratives et leur rôle de protection, ils voient -s'accroître l'importance de leur fonction commerciale; ils sont en relations directes avec le Ministère du Commerce. Les Consuls doivent signaler à leur gouvernement et à ceux de leurs nationaux qui ont recours à leur intermédiaire tous les faits sociaux et économiques touchant leur circonscription. Ils ont ensuite à rédiger périodiquement des travaux portant sur le même objet et qui sont publiés par le Moniteur officiel du Commerce. Mais le Consul n'en reste pas moins accaparé par la besogne administrative, qui fait qu'il n'a ni le temps ni les ressources nécessaires pour visiter sa région et l'étudier au point de vue économique.

La carrière consulaire souffre de la même maladie endémique que les carrières coloniales : le déplacement trop fréquent des agents, qui ne permet pas d'obtenir une connaissance approfondie des pays administrés. Il serait à désirer que l'avancement se fît sur place, que l'on exigeât du consul une formation économique étendue, sinon un stage suffisant à l'Office national du commerce extérieur, des visites fréquentes des marchés «le la circonscription, toutes choses qui permettraient de documenter davantage les rapports consulaires en donnant moins de statistiques et plus de renseignements pratiques sur les éléments du prix de revient et les raisons de la faveur dont jouissent des produits étrangers concurrents.

- Le rôle des Attachés commerciaux est justement de parer à l'incompétence économique ou à la surcharge d'occupations et à l'insuffisante mobilité de nos consuls, en même temps qu'aux lacunes de notre représentation commerciale à l'étranger, qui est loin d'atteindre une densité suffisante. Après la parfaite réussite de l'essai tenté en Angleterre avec M. Jean Périer, la loi du 7 décembre 1908, complétée par le décret du 31 janvier 1909, a décidé la création de six postes d'attachés commerciaux, avec le groupement géographique suivant : a) Grande-Bretagne; b) Allemagne, Hollande, Belgique et Suisse; c) Russie; d) Pays du Levant; e) Pays d'Extrême-Orient;/) États-Unis.

Le rôle des attachés commerciaux doit varier d'un pays à l'autre, suivant la nature des intérêts que nous y avons ; financiers, industriels, commerciaux. Ils doivent se faire les éducateurs de l'exportation française, les voyageurs du commerce national, en môme temps agents d'informations et agents de liaison entre les producteurs français et la clientèle étrangère1. Leur

I. M. Jean Périer, attaché commercial à Londres, a très bien défini l'objet de sa mission : •< Par des rapports, par des conférences, mais surtout par une correspondance étenduo et des entretiens avec les particuliers, fournir le plus de renseignements possibles à nos producteurs

caractéristique, c'est la mobilité, les déplacements fréquents dans leur circonscription, alternant avec des séjours prolongés en France, pour se mettre en relations directes et verbales avec leurs compatriotes et les renseigner sur les débouchés, les industries nouvelles, les adjudications de travaux, la législation, les tarifs douaniers l. Il est indispensable d'en accroître le nombre pour réduire et mieux répartir l'étendue de leur circonscription; d'autre part, étant données l'importance et les difficultés de la tâche, il serait rationnel de ne confier d'abord à l'attaché commercial qu'une mission temporaire, de façon que la nomination définitive n'intervînt qu'après certitude d'avoir trouvé the right man in the right place. Comme pour les consuls, la stabilité est une des conditions essentielles de succès et l'avancement doit se donner sur place.

3) Les Conseillers du Commerce extérieur ont été institués par décret du 21 mai 1898, modifié en 1900, 1903, 1910, et principalement par le décret du 3 avril 1912 qui leur a imposé l'établissement d'un rapport tous les deux ans et le placement de deux jeunes Français au moins, pendant les cinq années de leurs fonctions. Les membres sont choisis parmi les industriels et les commerçants français, établis tant dans la métropole

agricoles ou industriels et à nos négociants sur la meilleure manière d'opérer en Angleterre; d'autre part, documenter les représentants de commerce français installés outre-Manche et les jeunes Français venus pour s'y établir, les documenter au sujet des produits dont ils auraient intérêt à s'occuper et que des voyages en France ont permis d'étudier; telles sont les fonctions d'information commerciale. Quant aux fonctions d'action commerciale, elles peuvent se définir comme suit : être le trait d'union entre tous ceux qui ont intérêt à entrer en relations et qui, le plus souvent, se cherchent en vain; c'est-à-dire être le trait d'union entre ies producteurs industriels ou agricoles et les honnêtes représentants et commissionnaires et entre les représentants eux-mêmes; entre les jeunes Français qui cherchent un emploi ou un associé et des représentants ou négociants déjà établis ». Rapport consulaire n° 737, annexé au Moniteur officiel du Commerce du 8 octobre 1908.

1. Un décret du 16 janvier 1916 a réduit à deux mois par an le séjour des attachés commerciaux en France. Cette réglementation n'est pas heureuse; ce délai étant essentiellement variable suivant la distance, l'état des relations commerciales, le moment, etc.

qu'aux colonies et à l'étranger, y jouissant d'une grande notoriété dans les affaires d'importation ou d'exportation, et ayant personnellement contribué au développement du commerce extérieur, soit par la création, la direction ou la représentation de maisons ou de comptoirs, soit par des missions commerciales, par des publications et des études, ou par l'envoi régulier d'informations commerciales. Ils ont pour fonction de répondre aux demandes de renseignements qui leur sont adressées par le Ministre du Commerce ou par l'Office national du Commerce extérieur, et, de plus, de donner spontanément des conseils, avis et communications de toute nature susceptibles de contribuer au développement de l'industrie et du commerce français à l'étranger. Ils ont constitué un Comité national, qui publie un bulletin mensuel et qui a fondé des sections à Bordeaux, Lyon et Nancy. Cette institution pourrait èlre améliorée : a) en demandant à ses membres des consultations et des rapports plus fréquents, et le placement d'un plus grand nombre de jeunes Français; b) en réduisant à quelques centaines le nombre des conseillers et en exerçant sur leur nomination un choix plus rigoureux et plus compétent. 11 y aurait lieu de transformer une institution surtout honorifique en institution pratique.

4) Le rôle des précédents organes officiels d'information est très utilement complété par les Chambres de Commerce françaises établies à l'Étranger*. Quelques-unes

1. Chambres do Commerce françaises à l'étranger, avec la date do leur fondation :

Montevideo 1882 Santiago lt<86 Rio-de-Janoiro.. 1900

Barcelone 1883 Lisbonne 1887 La Havane »

Londres » Smyrno 1889 Mexico »

Alexandrie 1884 Rome 1891 San-Juando Por-

Constantinople. . • Naples 1892 to-Rico 1901

Buenos- Ayres... • Madrid 1893 Malaga 1903

Cl-arl<>roi » Genève 1894 Liverpool

Bruxelles 1885 New-York 1896 Port-au-Prince..

Valence » Anvers 1897 Port-Louis

Milan » Liège 1898 Pétrograd

tno » Sydney 1899 Shanghaï 1918

Athènes-Pirée .. » Bruxelles » Yokohama 1919

ont débuté comme Comité consultatif du Commerce français; leur statut-type date de 1884. Elles ont formé une Union, en 1907, avec les Chambres coloniales, et se sont réunies en Congrès tous les trois ans. Les Chambres de Commerce françaises à l'étranger reçoivent des subventions de l'État; elles comptent parmi leurs membres des industriels et des commerçants français et des Chambres de Commerce de la métropole. Presque toutes publient un bulletin périodique de renseignements, qui porte en permanence les adresses de leurs membres; à ceux-ci, elles fournissent en outre, sur demande, des informations gratuites et confidentielles, elles procurent des représentants et facilitent par leur service de contentieux le règlement amiable des litiges et des difficultés douanières. Leur objet est de travailler à l'expansion et à la sauvegarde du commerce extérieur de la France; c'est pourquoi elles reçoivent des subventions de l'État, tout en conservant la faculté de s'organiser comme elles l'entendent et de rester entièrement autonomes. Le principe de la subvention est juste, mais celle-ci devrait être en quelque sorte proportionnelle aux services rendus au commerce national, et cette proportion est indiquée par le nombre des membres, qui sont le mieux placés pour apprécier l'organisation pratique des Chambres. Des créations nouvelles s'imposent, dont le début méritera d'être encouragé financièrement; tel a été le cas, par exemple, de la Chambre de Commerce franco-russe de Pétrograd.

B) Les Offices de renseignements. — 1) L'Office national du Commerce extérieur (3, rue Feydeau, à Paris) a été fondé en 1898, avec l'appui de la Chambre de Commerce de Paris. Il a pour mission de fournir aux industriels et aux négociants français les renseignements commerciaux de toute nature dont ils peuvent avoir besoin. L'Office remplit ce rôle soit en donnant ces informations directement par réponses écrites ou verbales, soit au moyen de ses publications périodiques.

L'Office publie : a) le Moniteur officiel du Commerce, journal hebdomadaire de renseignements commerciaux, industriels et maritimes, qui donne en supplément les rapports commerciaux des agents diplomatiques et consulaires, et fait connaître les modifications aux régimes douaniers, aux tarifs de chemin de fer, les adjudications, les débouchés nouveaux, etc. b) La Feuille d'informations et de renseignements paraît deux fois par semaine et est adressée gratuitement aux institutions commerciales et à la presse française, c) Les Monographies industrielles et commerciales traitent, chacune séparément, d'une industrie ou d'un commerce différent : commerce des vins à l'étranger et aux colonies, coutellerie, porcelaine et verrerie, conserves alimentaires, exportation des beurres; — ou fournissent des informations spéciales sur les emballages, le recouvrement des créances, la publicité, les itinéraires cl séjours à l'étranger, le régime douanier des échantillons, dï I.cs Dossiers commerciaux permettent aux intéressés de se constituer pour leur usage personnel une collection de renseignements sur les affaires de leur spécialité, e) Depuis 1911, l'Office a entrepris la publication d'un Répertoire des maisons françaises, établi par fiches classées par catégories industrielles, et ayant pour but de faire connaître aux vendeurs français le nom des acheteurs étrangers, et réciproquement.

Enfin, dès l'ouverture des hostilités, l'Office a commencé une vaste Enquête auprès de notre représentation commerciale à l'étranger sur le commerce austro-allemand, les conditions de son succès et les moyens de le remplacer. Les colonies ont également poursuivi une enquête sur le même objet.

Les Consultations de l'Office se partagent entre quatre services : le premier fournit les informations sur la notoriété el L'honorabilité des clients; le deuxième B'occupe des enquêtes et renseignements généraux : communication d'échantillons d'articles étrangers,

d'adresses, indication de représentants et de voyageurs, signalement des adjudications de travaux publics, etc. Le troisième service est consacré aux douanes et statistiques commerciales; le quatrième renseigne sur la tarification des transports par voies ferrées et maritimes. L'Office, enfin, provoque des audiences, données 'par les Consuls et les Conseillers du Commerce extérieur, à leur passage à Paris.

Des vœux ont été émis pour confier à l'Office les stages des consuls, pour y créer des collections de produits étrangers, et, d'une façon générale, pour développer son rayon d'action en le faisant mieux connaître et en y centralisant tous les renseignements nécessaires aux importateurs et aux exportateurs. Pour cela, il faudrait surtout le mieux doter financièrement, soit par l'intervention de l'État et des Chambres de Commerce, soit en supprimant la gratuité de son service de renseignements et en autorisant TOffice à se rembourser des frais de correspondance et autres au moyen de redevances tarifées, payées par les demandeurs.

2. L'Office de renseignements agricoles, ouvert en 1902 au Ministère de l'Agriculture, est à la fois service de renseignements, d'études et de vulgarisation. Il publie un bulletin mensuel qui fournit des informations sur la production nationale et étrangère, les centres de consommation, les prix intérieurs et extérieurs, les frais de transport, les conditions du travail agricole, des études techniques et comparées sur l'agriculture et les industries agricoles. L'Office a publié encore la Statistique agricole annuelle depuis 1902, les statistiques décennales de 1882 et 1892, et des Enquêtes économiques agricoles sur l'industrie laitière et le commerce des produits agricoles. •

3. L'Institut international d'agriculture, fondé à Rome, en 1905, est une autre source précieuse de renseignements agricoles. Il a publié une Statistique agricole internationale, des Enquêtes diverses; trois bulletins men-

suels sont consacrés respectivement à la statistique agricole, aux renseignements sur l'agriculture et les maladies des plantes, et aux institutions économiques et sociales.

t. L'Office colonial, dépendant du Ministère des Colonies-et établi à Paris, a pour objet de centraliser et de mettre à la disposition du public les renseignements de toute nature concernant l'agriculture, le commerce et l'industrie des colonies françaises. Il publie un Bulletin mensuel. Le vaste champ d'informations embrassé par l'Office colonial n'est pas sans inconvénients pratiques; aussi, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc ont installé à Paris, à leurs frais, des Offices de renseignements qui publient périodiquement des bulletins avec des mercuriales de leurs productions. Dans le même ordre d'idées, il faut signaler les Bulletins économiques des Gouvernements de l'Indo-Chine française et de Madagascar, et les publications mensuelles des trois Comités de l'Afrique, de l'Asie et de l'Océanie français)

5. Les Chambres de Commerce disposent d'une bibliothèque et reçoivent de très nombreuses publications périodiques qui, classées et dépouillées suivant les besoins de leurs circonscriptions, pourraient rendre de grands services aux industriels et aux commerçants. Il y a là tous les éléments d'un Office régional, tel celui que la Chambre de Commerce de Nancy a créé et qu'elle complète par la publication d'un bulletin bimensuel2.

Les Municipalités n'ayant pas de Chambre de Commerce et considérant la documentation commerciale • •mu me un service public, au même type que la voierie

1. Des cours d'enseignement colonial ont étô créés à Lyon, Marseille et Iiordeaux, et ces deux dernières villes ont ouvert des Instituts coloniaux qui se livrent à des enquêtes et qui jouent le rôle d'Offices do renseignements.

J. Des groupement! de Chambres de Commerce dans le Sud-Est, le Sud-Ouest, le Contre-Ouest, le Nord, ont fondé des Offices des transports qui étmlient toutes les questions de tarifs et d'horaires et s'intéressent l'ariiculicrement à la navigation fluviale,

d'adresses, indication de représentants et de voyageurs, signalement des adjudications de travaux publics, etc. Le troisième service est consacré aux douanes et statistiques commerciales; le quatrième renseigne sur la tarification des transports par voies ferrées et maritimes. L'Office, enfin, provoque des audiences, données 'par les Consuls et les Conseillers du Commerce extérieur, à leur passage à Paris.

Des vœux ont été émis pour confier à l'Office les stages des consuls, pour y créer des collections de produits étrangers, et, d'une façon générale, pour développer son rayon d'action en le faisant mieux connaître et en y centralisant tous les renseignements nécessaires aux importateurs et aux exportateurs. Pour cela, il faudrait surtout le mieux doter financièrement, soit par l'intervention de l'État et des Chambres de Commerce, soit en supprimant la gratuité de son service de renseignements et en autorisant l'Office à se rembourser des frais de correspondance et autres au moyen de redevances tarifées, payées par les demandeurs.

2. L'Office de renseignements agricoles, ouvert en 1902 au Ministère de l'Agriculture, est à la fois service de renseignements, d'études et de vulgarisation. Il publie un bulletin mensuel qui fournit des informations sur la production nationale et étrangère, les centres de consommation, les prix intérieurs et extérieurs, les frais de transport, les conditions du travail agricole, des études techniques et comparées sur l'agriculture et les industries agricoles. L'Office a publié encore la Statistique agricole annuelle depuis 1902, les statistiques décennales de 1882 et 1892, et des Enquêtes économiques agricoles sur l'industrie laitière et le commerce des produits agricoles. •

3. L'Institut international d'agriculture, fondé à Rome, en 1905, est une autre source précieuse de renseignements agricoles. 11 a publié une Statistique agricole internationale, des Enquêtes diverses; trois bulletins men-

suels sont consacrés respectivement à la statistique agricole, aux renseignements sur l'agriculture et les maladies des plantes, et aux institutions économiques et sociales.

4. L'Office colonial, dépendant du Ministère des Colonies-et établi à Paris, a pour objet de centraliser et de mettre à la disposition du public les renseignements de toute nature concernant l'agriculture, le commerce et l'industrie des colonies françaises. Il publie un Bulletin mensuel. Le vaste champ d'informations embrassé par l'Office colonial n'est pas sans inconvénients pratiques; aussi, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc ont installé à Paris, à leurs frais, des Offices de renseignemonts qui publient périodiquement des bulletins avec (l<s mercuriales de leurs productions. Dans le même ordre d'idées, il faut signaler les Bulletins économiques des Gouvernements de l'Indo-Chine française et de Madagascar, et les publications mensuelles des trois Comités de l'Afrique, de l'Asie et de l'Océanie françaises '

5. Les Chambres de Commerce disposent d'une bibliothèque et reçoivent de très nombreuses publications périodiques qui, classées et dépouillées suivant les besoins de leurs circonscriptions, pourraient rendre de grands services aux industriels et aux commerçants. Il y a là tous les éléments d'un Office régional, tel celui que la Chambre de Commerce de Nancy a créé et qu'elle complète par la publication d'un bulletin bimensuel2.

Les Municipalités n'ayant pas de Chambre de Commerce et considérant la documentation commerciale comme un service public, au même type que la voierie

1. Des cours d'enseignement colonial ont été créés à Lyon, Marseille et Bordeaux, et ces deux dernières villes ont ouvert des Instituts coloniaux qui se livrent à des enquêtes ot qui jouent le rôle d'Officos do renseignements.

2. Des '-.'rnupements de Chambres de Commerce dans le Sud-Est, le Su«i Ouest, le Centre-Ouest, le Nord, ont fondé des Offices des transports qui étudient toutes les questions de tarifs et d'horaires et s'intéressent l>ariiculièrement à la navigation fluviale,

ou l'état civil, ont créé des Offices de renseignements, tel VOffîce municipal, agricole et commercial de la ville d'Aixen-Provence, fondé en 1909, qui fournit des informations gratuites sur tout ce qui peut intéresser le développement des affaires régionales. Toulouse a également créé en 1919 un Office économique municipal1.

6. Les Syndicats et Groupements commerciaux sont particulièrement qualifiés pour organiser un service de renseignements, spécialement adapté aux besoins de leurs membres. Ce rôle offensif est généralement négligé, et cependant il nous semble aussi utile que la tactique défensive des intérêts généraux de la corporation à laquelle se limite souvent l'activité de nos grandes associations professionnelles.

En Allemagne, des Unions {Exportverein, Exportmusterlager, Exportbureau) se sont constituées uniquement en vue de l'exportation; c'est ainsi qu'elles ont créé des agences à l'étranger en vue d'établir des relations directes entre leurs membres et les maisons étrangères; elles organisent des voyages d'études, des tournées de voyageurs et des enquêtes à l'étranger ; elles fournissent des adresses de représentants, correspondants, avocats, des listes de prix ; elles se chargent de traductions, du recouvrement des créances litigieuses, de l'envoi de catalogues, de livres d'adresses, traduits en toutes langues, d'échantillons; elles préparent des expositions collectives de modèles, des expositions de produits allemands à l'étranger et de produits étrangers en Allemagne; enfin, elles possèdent un service de commission qui sert d'intermédiaire pour la vente des produits2.

1. La loi de finances du 1 août 1917 a prévu la création d'Offices commerciaux, placés sous le contrôle des Ministres du commerce et des affaires étrangères, ayant pour objet d'établir et de développer par tous les moyens les relations entre producteurs français et acheteurs étrangers, de renseigner nos exportateurs sur les méthodes concurrentes et d'organiser des expositions de produits français. Ces Offices ont été successivemont installés à Londres, Ziirich, Madrid, Barcelone, Amsterdam, Rome, Bucarest. D'autre part, comme conséquence de la formation des régions économiques, le Ministre du commerce a décidé la création d'Offices économiques régionaux.

2. Un certain nombre de groupements sont déjà entrés dans cette voie,

C) Les Musées de Commerce. — Les musées commerciaux sont à la fois une exposition permanente de produits commerciaux et un office de renseignements. Créés souvent au lendemain d'une exposition, ils furent destinés à l'origine à en recueillir les collections d'échantillons. Mais cette fonction première a beaucoup perdu de son importance, car il est fort difficile de tenir à jour ces collections, et, dès qu'elles ne renseignent plus le commerce et l'industrie sur les besoins et sur les conditions économiques actuelles, elles cessent d'être utiles. Dans les Musées de Milan et de Turin, les collections ont été complètement supprimées, et ces institutions tendent de plus en plus à devenir des offices de renseignements.

Le premier musée commercial en date est le Musée oriental, fondé à Vienne en 1873. Les collections se bornent aux articles du commerce avec le Levant et les pays balkaniques. Il fut suivi, en 1880, par la création du Musée commercial de Bruxelles, qui devint le prototype des nouveaux musées ouverts ensuite dans plusieurs villes étrangères. Aux termes de ses statuts, ce Musée a pour but de renseigner les manufacturiers et les négociants sur la marche des affaires dans les pays étrangers, et de leur faciliter en même temps les transactions avec les consommateurs et les producteurs de ces contrées. Il doit armer le fabricant pour la concurrence, et cela, non seulement en lui mettant sous les yeux l'objet préféré dans telle ou telle partie du globe, mais en lui faisant connaître dans quelles conditions ce produit peut trouver à s'écouler; il doit, en un mot, mettre autant que possible l'industriel en garde contre les mauvaises réalisations, résultant le plus souvent d'une connaissance imparfaite des goûts des consom-

parmi lesquels nous signalons : la Société d'exportation française* l'Union nationale du Commerce extérieur; l'Association nationale d'ex[>ansion économique; le Syndicat général des tissus et des matières textilei; le Syndicat dos exportateurs do Marseille; la revue l'Exportateur français.

mateurs. Le Musée comprend trois sortes de collections : des échantillons de produits d'exportation, des échantillons de produits d'importation, et surtout de matières premières, et des échantillons d'emballages et d'apprêts. Un bureau de renseignements et une bibliothèque sont adjoints au Musée, qui publiait chaque semaine le Bulletin commercial. Le Musée dépend du Ministère des Affaires étrangères et toute l'activité de l'organisation consulaire vient y converger. Le bureau des adjudications est devenu le service le plus actif et le plus utile ; mais la partie informations n'a pas reçu le développement qui lui est donné, par exemple, au Musée commercial de Philadelphie1, un modèle du genre, et à notre Office du commerce extérieur.

Deux musées ayant pour but l'exposition de produits européens ont été créés au Japon, à Tokio et à Osaka. Ce sont les exportateurs d'Europe qui fournissent les collections et les renouvellent. Une troisième catégorie de Musées est représentée par colui de Budapest, fondé par le Gouvernement hongrois et qui a ouvert des expositions de produits nationaux dans une trentaine de villes étrangères, principalement dans les Balkans et le Levant. Le Gouvernement japonais a installé des musées du même genre à Bombay et dans plusieurs ports de la Chine. Des musées commerciaux autrichiens existaient à Rio-de-Janeiro et à Sao-Paulo.

En France, ces institutions se sont peu répandues et ne sont représentées que par les musées de Lille, Cambrai et Rouen, et par les musées coloniaux de Bordeaux, Marseille et Lyon.

1. Le Musée de Philadelphie est remarquable surtout par la rapidité et la sûreté de son service d'informations, fournies par des agents répandus partout à l'étranger. Il publie des brochures, des articles, un journal de renseignements pour les seuls nationaux, une liste des maisons étrangères, une revue de propagande en anglais et en espagnol; il recueille et tient à jour les catalogues des maisons américaines.

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