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Comptes d'ordre et divers

g. Bénéfices.

Le bilan fournit également les résultats que donnerait une liquidation, le jour de l'inventaire, en supposant naturellement que tous les chapitres de l'actif puissent être réalisés à leur valeur d'inscription. De l'avoir social, on retranche les dettes de toute sorte; la différence est comparée avec le capital à rembourser. C'est principalement le chiffre des valeurs immobilisées qui, en cas de liquidation, perdrait beaucoup de sa valeur; c'est ainsi qu'un gros chiffre d'immobilisation explique quelquefois le cas de titres cotés au-dessous du pair, malgré la distribution de dividendes élevés; aussi, l'amortissement des immobilisations doit-il être aussi rapide que le permet la bonne marche de la société.

Pour que les réserves fussent efficaces, il faudrait que la loi exigeât qu'elles fussent conservées liquides, ou du moins en titres facilement réalisables; c est seulement ainsi qu'elles viendraient renforcer la situation financière de la société, en étant mobilisables en uas de besoin.

Le bilan devrait séparer les immeubles, le matériel et le fonds industriel, les espèces en caisse des espèces en banque, les différentes catégories de créanciers : fournisseurs, banquiers, comptes d'avance, etc. Il devrait détailler le portefeuille en effets bancables et effets déplacés, indiquer l'origine des créances, sur France et sur l'Étranger, — ce qui est tout particulièrement intéressant pourles grands établissements de crédit, — donner la nature des participations financières, la nature des gages qu'impliquent les rubriques reports et avances sur titres.

L'étude du bilan, complétée par l'examen détaillé du compte pertes et profits, doit être accompagnée de renseignements sur les membres du Conseil d'administration, dont la compétence a une grande importance pour la bonne marche de la société. Enfin, on tiendra compte utilement de la régularité croissante des dividendes distribués et on comparera soigneusement les différents chapitres des bilans successifs.

- commissaires chargés de la vérification des comptes des sociétés anonymes ne possèdent pas, bien souvent, les connaissances techniques nécessaires pour se rendre compte des erreurs qui ont pu se glisser dans les livres ou des fautes de direction et d'organisation qui entravent la bonne marche financière d'une société. C'est pourquoi M. M. Bellom propose la création d'un groupement d'initiative privée, reconnu par la loi, une association de comptables dont le mode de pMTutement présenterait toutes garanties de capacité et de moralité, et qui auraient seuls qualité pour constater l'exactitude des bilans et documents financiers publiés par les sociétés anonymes.

Des organes de ce genre existent en Allemagne; ce sont les Treuhandgesellschaften ou Sociétés fiduciaires, qui. primitivement chargées de la gestion des portefeuilles de valeurs mobilières, s'occupent maintenant du contrôle des sociétés anonymes, de la vérification des comptes et de l'établissement des bilans. Quelques institutions du même genre ont été créées, en Suisse et en Autriche, par des banques qui les utilisent, comme en Allemagne, pour surveiller les affaires des clients auxquels elles accordent des crédits en blanc. L'Angleterre ">--ède également des corporations d'experts-comptables {public accountants), dont les membres se recrutent sur titre et sur examen et exercent les fonctions de liquidateurs de sociétés, séquestres, syndics de faillite, Vérificateurs décomptes de sociétés. Leur intervention est imposée par l'opinion publique, et chaque grande maison a son contrôleur de comptabilité qui n'examine pas seulement le bilan et les comptes de fin d'année, mais qui vient souvent au cours de l'exercice se rendre compte de la bonne marche des affaires. En France, I ompagnie des experts-comptables de Paris, fondée en 1912, est l'organe qui, avec un appui légal, pourrait répondre au besoin que nous avons signalé.

Les statistiques intérieures sont le corollaire nécessaire de la comptabilité; elles ont pour but de fournir

des renseignements et des indications indispensables pour la direction et l'administration des affaires. Dans le commerce comme dans l'industrie, rétablissement des statistiques permet la comparaison des opérations d'une période à une autre et constitue un guide précieux pour la conduite des affaires. On peut ainsi comparer mensuellement ou annuellement le montant des achats, des ventes, en totalité ou par client, le chiffre des frais généraux, en bloc ou par catégorie, les prix des marchandises, les fluctuations des stocks, les salaires payés, etc.

Tous ces résultats gagnent à être traduits en graphiques sous forme de lignes, de surfaces, de cartogrammes; le dessin est plus clair que le chiffre, plus facile et plus rapide à consulter; l'allure de ces diagrammes constitue un véritable baromètre indicateur de la marche des affaires.

D) Le capital et les frais généraux. — La nature constitue le capital primitif que l'homme exploite chaque jour davantage sous un aspect nouveau. Cette exploitation se réalise par le travail sous sa double forme, de travail manuel et de travail mental (esprit d'invention), aidé par l'épargne qui permet l'accroissement indéfini des capitaux, caractéristique dune nation civilisée. Cette épargne est favorisée par la sécurité, l'ordre, la protection de la propriété, le respect de l'héritage, la constitution de la famille; elle dépend également du régime fiscal, de la bonne organisation de la banque et de la bourse, de l'essor général de la production.

Les formes du capital sont multiples, depuis l'outil dont le perfectionnement croissant est caractéristique de chaque étape de la civilisation, et qui représente le capital-invention l, depuis les constructions et les fabrications variées de l'industrie humaine jusqu'aux

1. Suivant le joli mot d'A. Fouillée, l'inventeur do la charrue laboure invisible à côté du laboureur.

l'organisation de la maison de COMMERCE 33

richesses naturelles, matières premières de toute sorte, et aux représentations conventionnelles de tous les biens : la monnaie sous ses différentes formes et les titres de propriété.

Au point de vue de l'emploi, on distingue le capital fixe et le capital circulant. Le capital fixe ou immobilisé sert à plusieurs actes de la production; il produit de L'utilité sans se transformer, mais il est sujet à l'usure et son remplacement doit être prévu par l'amortissement. Le capital circulant ou disponible disparaît dans l'acte même delà production, il ne peut produire de l'utilité qu'en se transformant; sa consommation est en raison inverse de la puissance et du perfectionnement de l'outil.

La proportion à employer de ces deux espèces de capitaux varie avec chaque branche d'activité industrielle, commerciale ou agricole; toutefois, tand s qu'en agriculture la proportion du capital circulant tend à augmenter avec la culture intensive, on constate une marche inverse dans l'industrie : la prépondérance des capitaux fixes s'affirme de plus en plus, par suite, d'une part, de l'augmentation de la production et, d'autre part, des progrès techniques qui exigent le remplacement plus fréquent des machines par de plus perfectionnées et, partant, plus coûteuses, mais dont l'emploi est nécessaire pour obtenir la réduction du prix de revient exigée par la concurrence'. Cette augmentation toujours croissante de la part du capital fixe est une des causes des crises parce qu'elle exige une marche continue de l'outillage pour éviter la perle d'intérêt et des dépenses de maind'œuvre qui résulteraient de l'arrêt des machines.

Cette distinction dans l'emploi des capitaux et les conséquences qui en résultent montrent qu'il y a un

1. D'après Tœadury, lo pourcentage des valeurs immobilisées par rapport au capital entier représenterait 69 0 0 dans L'industrie des métaux, I o dans l'industrie céramique, 42 0/0 dans la fabrication dos machines, I dans les usines électriques.

« art de bien disposer les capitaux », qui comporte les règles suivantes. Il ne faut pas engager dans une entreprise et d'une manière permanente tout le capital dont on dispose, en évitant à la fois le gaspillage, surtout dans les capitaux fixes, et l'épargne excessive qui fait négliger les dépenses utiles. Tandis que le capital fixe est une charge, nécessaire sans doute, mais qu'il faut restreindre le plus possible, le capital circulant est la source directe des bénéfices; il faut donc augmenter la part de celui-ci dans les limites que nous avons fixées plus haut, préférer les formes actives aux formes immobilisées, et surtout augmenter la vitesse de circulation, ce qui revient à dire que, d'une façon générale, il faut éviter l'oisiveté des capitaux et les employer le plus possible; plus le cycle de circulation est court, plus les bénéfices sont importants. L'industriel et le commerçant doivent se réserver dans leurs immobilisations l'aisance en capitaux circulants qui leur est indispensable pour s'approvisionner en matières premières, combustibles, denrées, pour constituer un stock de roulement et payer la maind'œuvre qui leur est nécessaire.

Les frais généraux sont des dépenses prévues, à peu près régulières ou périodiques, nécessaires à la marche générale de la maison. On les distingue des frais spéciaux qui s'appliquent à la production d'un article ou à tel service déterminé, et auxquels on ouvre ordinairement des comptes particuliers (frais de transport, droits de douane et d'octroi, etc.).

La question des frais généraux a une grande importance dans l'organisation de la maison de commerce. Il est facile d'exagérer ces frais et de se laisser entraîner à des dépenses excessives qui ont souvent compromis la prospérité d'une entreprise. Les coulages se dissimulent aisément; aussi ne faut-il pas craindre, toutes les fois que l'on a des doutes, d'ouvrir un compte spécial au chapitre des dépenses qui doivenl être plus particulièrement surveillées.

Les frais généraux peuvent être classés sous les quahc rubriques suivantes : i) les dépenses personnelles du patron, les appointements des employés et Les salaires des ouvriers; 2) le loyer du magasin; les liais de bureau, d'éclairage, de chauffage, de publicité, de voyages, etc. ; 3) les impôts, assurances et patentes; 4) l'intérêt de tous les capitaux engagés et l'amortissement des capitaux fixes.

L'entrepreneur qui veut obtenir de ses employés ou de ses ouvriers le maximum de rendement doit d'abord chercher à les conserver le plus longtemps possible, pour éviter le temps perdu à l'apprentissage de nouvelle- recrues; pour cela, il réglera et fera connaître, (1rs le début, le système d'avancement; il délimitera les attributions de façon à bien fixer la responsabilité de chacun, sans abuser de la hiérarchie qui paralyse l'initiative et donne lieu souvent à des contestations; il évitera de froisser l'amour-propre légitime et recherchera l'estime et même l'affection de son personnel : le travail renferme un élément psychologique et son rendement est beaucoup plus proportionnel à la satisfaction de celui qui l'exécute qu'à sa durée effective. L'entrepreneur obtiendra ces résultats par une rétribution suffisante, persuadé de la justesse du proverbe anglais : bad pay, bad work (mauvais salaire, mauvais travail); et, s'il veut aller jusqu'à la participation aux bénéfices, il rendra l'intérêt de son personnel conforme au sien propre, ce qui est la meilleure façon d'obtenir un travail consciencieux et intensif et d'éviter les pertes de temps et les coulages auxquels nous avons déjà fait allusion.

Le loyer du magasin, établi d'après un bail plus ou moins long, fait partie des frais généraux fixes, de ceux qu'il ne faut engager qu'après mûre réflexion, parce qu'il est impossible de les restreindre à volonté si le besoin vient à s'en faire sentir.

Parmi les autres frais généraux, ceux de bureau doivent être plus particulièrement surveillés, parce

que les gaspillages y sont faciles. On peut encore compter comme frais généraux ceux d'entretien et de réparation du mobilier et des immeubles, à condition que ces dépenses représentent des sommes peu importantes; s'il en était autrement, il vaudrait mieux les inscrire directement dans les comptes Immeubles ou Mobilier.

Il est juste également de compter dans les frais généraux les chances de perte que l'on court par suite des marchandises invendues, des faillites qui frappent certains clients, des procès et des frais de contentieux de toute sorte. Ces dépenses peuvent évidemment être réduites par une sage prudence, mais il est impossible de les ignorer complètement; aussi, est-il bon d'en faire une évaluation moyenne, en s'aidant de l'expérience des années précédentes.

Les intérêts du capital engagé représentent ordinairement la partie la plus importante et souvent laplus négligée des frais généraux. Non seulement le capital engagé dans les affaires doit rapporter un taux normal, mais encore ce taux doit être majoré d'un certain coefficient de risque, variable avec le .genre d'emploi du capital lui-même. L'intérêt doit être évalué pour chaque portion du capital fixe à un taux convenable pour assurer sa conservation et sa reproduction, c'està-dire qu'au taux normal doit s'ajouter un coefficient, correspondant à l'usure et destiné au remplacement; c'est Y amortissement. Ce coefficient dépend de nombreux facteurs : intensité de l'emploi, nature et qualité des matériaux de construction, risque d'accident, probabilité de remplacement avant usure complète par suite de perfectionnements possibles; on comptera, par exemple, de 10 à 20 0/0 pour la machinerie, 5 0/0 pour les constructions en charpente, 3 0/0 pour celles en briques, etc. L'amortissement peut être fixe ou dégressif; dans le premier cas, il est constant chaque année; dans le second cas, on estime avec raison que, le rendement d'une machine allant en diminuant avec son

âge, il vaut mieux amortir davantage au début; ce qui peut se calculer proportionnellement au nombre d'années qui restent à s'écouler avant la mise au rebut.

V. Le prix de revient. — La connaissance du prix de revient est de la plus haute importance pour le commerçant et l'industriel, qui savent ainsi jusqu'où peuvent aller les concessions à faire à l'acheteur; en face d'une grosse opération, ils pourront réduire le prix jusqu'à l'extrême limite qui laissera encore un bénéfice. Le prix de revient mathématiquement exact D'existé pas, car il est impossible de répartir d'une façon précise toutes les dépenses qui entrent dans sa composition, mais il est facile de l'obtenir avec un degré d'approximation suffisant pour qu'il remplisse le double but qui lui est. assigné : a) indiquer le coût des produits pour le comparer au prix du marché, en établissant la limite de vente qui montrera si le produit peut être écoulé avec bénéfice; b) fournir à la direction des détails suffisants pour préciser où doivent être recherchées les économies à réaliser.

Le commerçant est ainsi amené : à passer en revue l'ensemble et les détails de ses affaires, à se livrer, suivant l'expression de Courcelle-Seneuil, à une sorte d'examen de conscience commercial toujours utile, à chercher, en calculant les frais de chaque espèce, s'il ne pourrait pas les réduire par tel ou tel moyen, et il est bien rare qu'il ne parvienne pas, en effet, à opérer quelque réduction.

Les éléments qui entrent dans la composition du Pria de revient industriel sont groupés et classés dans le tableau ci-dessous :

Composition d'un prix de revient industriel.

(Industrie métallurgique.) 1. Prix des matières premières;

1. l'nr de transformation (pour chaque phase de fabrication) : a IV-rtes et déchets : Pertes au feu : Par évaporation,

Par oxydation.

Déchets massifs: Chutes,

Rebuts pour défaut do matière, Rebuts pour défaut de maind'œuvre. Tournures.

6) Dépenses do chauffage : Coko, houille ou huile minérale.

c) Dépensos de force motrice : Combustible ou énergie électrique.

d) Main-d'œuvre productive : Salaires.

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