IV. L'industrie des transports
L'industrie du commerce trouvera mieux sa place dans la 3® partie, la circulation des richesses ; l'industrie manufacturière ne demande pas, en économie politique, d'autres développements que les notions générales contenues dans toute cette 2^ partie.
ART. I. Les industries en général.
V. Brants. Grandes lignes, Liv. II. chap. VII, — et — La petite industrie contemporaine. Fa^vis,, Lecoffre, 1902. 1
Antoine. Cours d'éc. soc. ch. XII, art. VII. Revue d'éc. POLIT. 1890-1891-1893.
— log —
L'industrie n'est ni le travail, ni la nature, ni le capital, mais la réunion, la concrétisation de ces trois facteurs. Nous pouvons donc l'appeler la cause prochaine de la production.
C'est d'après le développement de l'industrie qu'on a coutume d'apprécier la situation économique prospère ou languissante d'un pays (i).
Tout ce qui regarde l'industrie considérée en général, se rattache à la double classification suivante.
(i) Les deux tableaux comparatifs suivants empruntés à V Annuaire statistique de la Belgique, igo6 (Publication du ministère) peuvent donner une idée de la prospérité commerciale de la Belgique et des principaux pays étrangers.
Voici d'abord le relevé, pour les années 1904 et 1905, des importations et exportations (commerce spécial) de la Belgique avec les principaux pays étrangers. Les chiffres sont exprimés en millions et milliers de francs.
Importations Exportations
Angleterre fr. 335.-404 376,936 39-2,324 366,307
Allemagne (Assoc. comm.
ail.) 351,025 409,683 505,473 569,859
Australie 58,190 7-2,718 12,087 I3>i75
Autriche-Hongrie . . . 10,340 12,159 19,692 18,588
Congo (Etat indép. du) . 53,too 59,496 14,049 i',457
Espagne 33,383 39,642 48,255 34,46i
Etats-Unis d'Amérique . 222,301 242,216 86,324 92,295
France 465,684 5»7ôi7 346,670 371,632
Indes anglaises .... 141,669 104,083 25,860 35,052
Italie 34,154 36,897 44,242 34.393
Pays-Bas 240.873 245.228 268,781 260.902
République Argentine. . 198,913 240.022 41,508 48,151
Roumanie 102,174 138,100 3.949 6,733
Russie 212,119 238.025 26,671 32,541
Suède et Norwège . . . 56,303 55,423 24,2x2 25,537
Suisse 7,223 10,040 27,418 30,714
Le tableau ci-dessous donne, d'après les publications oflicielles de
IIO —
Première Classification.
La GRANDE et la PETITE industrie.
a. Notions. Cette division manque de précision, dès qu'on veut l'appliquer en pratique. Pour déterminer quelles branches appartiennent à la grande ou à la petite industrie, on n'a que des données approximatives, p. e. le nombre des gens employés ; la nature des agents, suivant qu'on use ou non de moteurs mécaniques ; le personnel de la direction
chaque pays, un aperçu du commerce spécial des principaux pays du monde à l'importation et à l'exportation en 1904 :
PAYS
Importation Exportation
millions de francs.
millions de francs.
Allemagne (Ass. ail.) . .
Amérique (Etats-Unis d')'' Autriche-Hongrie . . .
Australie
Belgique
Bulgarie (i)
Canada
Chine
Danemark
Espagne
France
Grande-Bretagne (i) . .
Grèce
Inde britannique . . .
Italie
Japon
Norvège
Pays-Bas
Portugal
Russie
Suède
Suisse
Turquie (1900) ....
+ Année fiscale.
(i) Commerce général.
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plus ou moins nombreux, (i) En d'autres termes, ce qui caractérise le régime de la grande industrie, c'est d'une part, la production dans de grandes proportions ; de l'autre, comme conséquence nécessaire, la séparation du capital et du travail, soit de direction soit d'exécution. Dans la petite industrie, le patron est en même temps capitaliste et travaille lui-même avec un petit nombre d'ouvriers. La petite industrie revêt deux formes distinctes :
1. 'L'industrie patriarcale ou familiak. Chaque famille fabrique la plupart des objets de sa propre consommation. Cette forme est propre aux régions où les communications et les échanges sont peu développés. C'est dire, qu'aujourd'hui elle a presque totalement disparu. Quelques familles continuent cependant, p. e. dans les Campines, à confectionner elles-mêmes leurs étoffes.
2. Le petit atelier. \\ diffère de l'industrie familiale, d'abord par le /?///, qui est de confectionner des objets — vêtements, outils — non plus pour l'usage de la famille, mais pour la clientèle ; il en diffère ensuite par son organisation. Le chef d'industrie est sans doute le père de famille, il travaille avec ses enfants, mais généralement il emploie aussi des étrangers, des salariés. Ceux-ci ne sont proprement pas domestiques mais apprentis, et ils ont la perspective de pouvoir eux-mêmes, un jour, devenir patrons. Sous cette forme, on peut ranger les petits métiers de menuisier, forgeron, meunier, etc. tels qu'on les trouve surtout à la campagne et dans les petites villes.
(i) Les diverses formes de l'industiie ont été l'objet d'études spéciales, surtout en Allemagne. Roscher, Schmoller, Bûcher les ont analysées avec soin. Mais ils ne sont point d'accord entre eux.
La grande industrie se divise de même en deux types bien caractérisés :
1. La fabrique dissémince appelée aussi collective. Les ouvriers travaillent à domicile et aux pièces ; ils ne sont donc point entrepreneurs, ils font leur œuvre pour le compte d'un capitaliste. Le produit qu'ils donnent est souvent inachevé, et recevra chez l'entrepreneur sa forme définitive, sous laquelle il sera livré aux consommateurs. La famille ouvrière conserve, dans ce régime, une certaine indépendance et la tradition du travail domestique au foyer. Sous cette forme on peut ranger les armuriers de la province de liège et de Solingen (Prusse Rhénane), les couteliers de Gembloux, de Londres, de Sheffield, etc.
2. U usine agglomérée. Elle a comme note distinctive le groupement des travailleurs dans un atelier central. La raison de cette agglomération est la machine dont on ne peut se passer pour produire ; qu'il faut, par conséquent, surveiller et alimenter.
b. Avantages et Inconvénients.
La grande et la petite industrie ont chacune des avantages et des inconvénients qui peuvent se résumer en quelques mots :
I. La grande industrie, i) Avantages : « Meilleure répartition des travaux, des aptitudes ; division perfectionnée du travail. — Meilleure utilisation du matériel, du capital. — Travail continu par les combinaisons de débouchés multiples. — Economie des frais généraux d'installation, comptoirs de vente, action commerciale. — Perfectionnement de la direction à la fois technique et commerciale. — Emploi de forces motrices plus importantes. — Augmentation de la production et diminution des
frais et du prix par unité produite. — Formation d'une classe de grands industriels et d'ingénieurs, initiateurs des progrès techniques et commerciaux. » (Brants. Grandes li^^ncs... t. I, p. i88, 4"^ éd.)
Il) Inconvénients. La production ne peut s'arrêter sans causer de grandes pertes, La petite industrie, au contraire, peut, en temps de crise, restreindre plus facilement sa production.
La concentration des capitaux, surtout anonymes, augmente la fièvre de production, ïa-vonsQ la spéculation et, de la sorte, amène des crises périodiques, des faillites et le chômasre forcé des ouvriers.
La grande industrie constitue un danger permanent de monopole pour certaines denrées. Les faits prouvent que ce danger n'est pas vain (monopoles des sucres, du pétrole, des métaux).
La grande industrie développe le prolétariat, conduit à la division et à la lutte des classes. Si elle a pour centre l'usine agglomérée, elle exerce une influence désastreuse sur la vie de famille et la moralité du travailleur.