‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds muets (vol. 2)Chapitre 31 sur 115 · IMPARFAIT · texte numérisé non relu

IMPARFAIT

L'imparfait est un des temps que les sourdsmuets n'avaient jamais compris. On prétendait que ce temps exprimait un double présent et un double passé, et. le signe était conforme à cette définition.

L'instituteur qui aura des idées claires pourra sans effort les transmettre à ses élèves; mais le langage des signes se refuse aux ténébreuses abstractions dont on a souvent enveloppé les principes de la grammaire.

L'usage le plus ordinaire de ce temps (car nous verrons plus tard qu'il a divers emplois), est d'exprimer une action habituelle passée.

L'instituteur n'aura pas de peine à faire concevoir à l'élève cette vue de l'esprit , au moyen du tableau qui fait l'objet de cette leçon et où l'usage de l'imparfait est rendu sensible aux yeux.

L'imparfait exprime un acte ou un état habituel passé.

Si nous écrivions (N° XXVII),

Jules dessin... avant-hier matin.

Vautre avant-hier matin ,

l'élève pourrait croire qu'il s'agit d'un présent

habituel, et il traduirait toutes ces phrases en une seule :

Jules dessine tous les matins.

Nous préviendrons cette erreur, et nous ferons sentir la cessation de l'acte habituel en ajoutant :

Jules dessine ce matin, non.

Jules dessin... demain matin, non. etc.

Réunissant le tout par une accolade, nous y substituons cette phrase simple :

Jules dessinait tous les matins.

Et même, pour ne pas laisser le plus léger doute dans l'esprit, nous ajoutons :

Il ne dessine plus.

Une suite d'exemples analogues impriment à l'esprit de votre élève l'habitude de voir dans l'imparfait l'expression d'un acte habituel passé. Il est d'abord soutenu par l'expression adverbiale que nous y joignons d'abord, mais que nous supprimons bientôt , pour laisser à l'imparfait exclusivement toute sa force.

Les trois premiers exercices sont destinés à familiariser avec les terminaisons de l'imparfait.

Viennent ensuite l'exercice de lecture et la dictée, enfin la correction. L'instituteur aura soin d'exiger que le sourd-muet ajoute, de sa propre pensée, de nouveaux exemples.

S'il se trompe , et emploie par exemple le passé défini ou indéfini , au lieu de l'imparfait , ou réci-

proquement. Il suffira pour le remettre dans la voie de lui faire par signes les questions : Est-ce une fois , ou plusieurs fois ? une fois , ou toujours ?

Il apercevra sur-le-champ sa méprise, et se corrigera lui-même.

Les sourds-muets, dans leur langage, expriment l'acte habituel passé, ou notre imparfait, en ajoutant au signe du radical les signes correspondans aux mots passé toujours, maintenant fini.

Autrement :" Je dessinais; je ne dessine plus. Car les signes de maintenant fini , étant précédés de passé toujours , équivalent à peu près à ne plus. Ces deux mots indiquent la cessation d'une action. Nous n'en avons parlé ici que par occasion ; l'instituteur donnera plus de développement à cette explication par des exemples où cette négation sera employée avec d'autres temps.

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