MORS ILLO CARUIT : VITA BEATA TENET
{r. pi. X.] Inédite. Eglise de PAguène.
Vm BONUS ATQUE PIUS FUNDAVIT STEPHANUS ISTUD ALTARE IN HONORE DOMINI CHRISTI , ALM^QUE MA- RLE VIRGINIS, SANCnQUE MICHAEUS ARCHANGELI, ET OMNIUM AGMINUM CŒLESTIUM.
Inédite. Maitre-autel de la même église.
L'église de TAguène {Aquina), près Tulle , a été refaite en partie dans ces derniers temps. Elle se termine à l'ouest par trois absides romanes qui datent du xii* siècle. A l'entrée occidentale , au niveau du sol , est incrusté un marbre sur lequel est gravée , en caractères à demi effacés par la chaux et le ciment, Tépilaphe que nous rapportons. Le pieux fondateur dont elle rappelle les vertus vivait, au témoignage de l'abbé Legros, dans le milieu du xii'' siècle. M. Labiche de Reignefort lui consacre une notice dans ses Vies des Saints du Limousin (i, 263)* Nous ne savons sur quel renseignement le
(xif SIÈCLE.) INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. 449
même auteur lui doune le nom d'Etienne Autain. S'il n'a d'autre témoignage que celui de l'épitaphe : Hoc Stephanus tumulo cUmditur altus homOy cette attribution est plus que douteuse; Altut serait une épithète beaucoup plutôt qu'un nom patronymique. La seconde inscription se lit autour de la table d'un autel enveloppé aujourd'hui de boiseries modernes. Malgré les enlacements, les C carrés , les aigus et les autres complications de ces inscriptions, elles laissent percer le faire du xir siècle. Nous notenxis le mot non^ formé d'un losange flanqué de deux barres. Le losange tient lieu , en même temps, de l'O et de la traverse de l'N ; cette dernière lettre est censée se superposer h elle-même. Le lithographe a trop amaigri les traits de notre dessin.
Un religieux , le P. Thomas d'Aquin , a publié au XVII* siècle une traduction riméc de cette épitaphe ; la voici :
Etienne, homme d'nn haut mérite, Repose j qaant au corps, dessous ce monument : Mais son esprit jouit du bonbeor quMI ro/érite , Puisqu'il vit sur la terre et dans le firmament.
11 couvrait le nu de sa laine El donnait de quoi vivre au pauvre souffreteux , Il tirait TatHigé du trouble et de la peine , Servait d*œil à l'aveugle et de pied au boiteux.
Non content de ce bon exemple, Qu'il donnait au prochain par tant de charités , Il fit à ses dépens l'ouvrage de ce temple , Où Dieu reçoit les vœux qui lui sont présentés.
Au mois suivi de la balance , Quand le soleil formait le premier de ses jours, 1^ mort perdant sur lui sa funeste puissance, La vie et le bonheur l'ont reçu pour toujours.
144 INSCIIIPTIONS DU LIMOUSIN. (ni* siècle)
Après 1154.
ENSE TUO PRINCEPS PRiEDONUM TURBA FUGATUR ECCLESIISQUE QUIES PAGE VIGENTE DATUR
Celte inscription est gravée en tête d'une plaque de cuivre émaillé représentant Geoffroi le Bel (Plantagenet), duc de Normandie, comte d'Anjou et du Haine, père du roi Henri II , et souche de la dynastie anglaise, des Plantagenets. C'est un des débris les plus remarquables de Tart de Vémailleur au xii* siècle. Le prince est debout, vêtu d'uhe tunique verte et d'un manteau bleu doublé de vair. Il tient un écu de la main gauche ; sa droite porte le glaive. Son écu et son casque d'azur sont chargés de lions grimpants, insignes héraldiques de la maison d'Anjou. Le fond d'or, réticulé de vert, est semé de fleurons blancs et bleus. Le tout est encadré par une architecture plein-cintrée couronnée de coupoles à imbrications. Les bordures d'encadrement sont d'un beau style. Ce prince, mort à Château-sur-Loir en septembre 1 1 51 , fut inhumé dans la cathédrale du Mans. Jusqu'à nos jours le portrait resta appendu au pilier voisin de sa sépulture. Il orne aujourd'hui le musée du Mans. En comparant cette œuvre à la plaque représentant sainl Etienne de Muret, on n'hésitera pas à leur attribuer une origine commune. Rapprochées par la date, elles ne diffèrent pas par l'exécution et le style. On sait d'ailleurs que Mathilde , veuve de Geoffroi le Bel , enrichit de ses libéralités les églises limousines. Saint Etienne de Muret , notamment , reçut d'elle une magnifique dalmatique en soie. Ce vêtement si intéressant est conservé présentement dans l'église d'Ambazac, près Limoges. Ce
(xirsiècu.) INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. 445
doD suffirait à lui seul pour indiquer l'origine de la plaque que nous venons de décrire. — Les letlres empâtées d'émail de PinscripUon ont une forme trapue et lourde, qu'explique leur système d'exécution. Par la même cause, le fragment de châsse de Mausac que nous publions a des caractères semblables.
NICOLAZ ERT PARLA A MNE TEVE DE MURET
Nicolas était parlant au moine Etienne de Muret.
Musée Du Sommerard , à Paris.
On lit ces mots sur une plaque en cuivre^ dorée et émaillée, haute de 10 pouces sur 9 de large. Saint Etienne , vêtu en moine , barbe et cheveux longs , s'appuie sur une crosse potencée (tau). Sa tête n'est pas nimbée. Saint Nicolas^ tonsuré» vêtu de l'aube et de la chasuble, tient de la main gauche un livre relié en rouge, décoré d'ornements et clos par un fermoir. Un nimbe teint de bleu , de jaune , de vert et de rouge, enveloppe son chef. Les vêtements de dessous des deux personnages sont teints en bleu clair. Le bleu foncé colore ceux de dessus. Une arcade cintrée et couronnée de coupoles enveloppe les deux personnages. Leur geste indique une conversation animée.
Tout prouve que cette plaque a dû faire partie du matlre autel de l'abbaye de Grandmont, consacré en 4 165. La vie de N.-S. et celle de saint Etienne de Muret y étaient figurées en émail incrusté. Or, une autre plaque, acquise au même lieu , d'un style et d'une décoration identiques, figure l'adoration des mages. L'émail qui
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nous occupe est la mise en scène d'une apparition de saint Nicolas de Myre au fondateur de Tordre de Grandmont. Etienne avait fait un voyage à Bari , en Calabre, pour visiter les reliques du saint évê(|ue nouvellement transportées en ce lieu. Saint Nicolas lui apparut , dil la légende^ et lui donna d'utiles conseils. L'absence de nimbe h la tête de saint Etienne indique que cet émail esl antérieur à sa canonisation. Elle n'eut lieu» en efTet; qu'en 1 1 89. Tout se réunit donc pour confirmer la date de 4165. On remarquera l'exécution, à la fois simple et large, de cette plaque émaillée. Un trait bardi accuse seul le mouvement général. Les couleurs des vêtemenls des deux saints personnages ne sont pas exactes ; elles n'ont qu'une valeur décorative. Le même système présidait à l'exécution des vitraux du même temps. Le fini ,1e ton vrai y étaient toujours sacrifiés à l'effet d'ensemble.
Notez les A sommés d'un trait horizontal, l'S figuré comme un Z retourné , l'H formé d'un auquel se soude un jambage tordu. M. du Sommerard a publié une bonne lithographie en couleur de cet émail. (Album, 2* série, pi. XXXVIIL ) Nous avons nos raisons pour ne pas dater comme lui cet émail du commencement du xii"" siècle.
Vers 4468.
BEATA NAMADIA SEPELÎT* IC
HIC IN MONASTERIO MAUSLVCO AB AGELIS DUCTR R
PETRUS ABBAS MAUSLACUS FECIT CAPSAM PRECIO