SI FILI^ DEI ES MITE TE DEORSUM
( y. pi. XI , flg. 0. ) Inédites. Église de ReaulicMi.
Le portail méridional de la grande et belle église romane de Beaulieu était précédé d'un porche aujourd'hui démoli en partie. Le pilier qui divise la porte en deux baies représente les grands prophètes portant les évangélistes. Sur le tympan se déroule une grande page sculptée qui se divise en trois zones horizontales, d'inégales dimensions. A la partie inférieure^ des monstres bizarres étalent leurs formes capricieuses et fantastiques. Une truie est armée de sept têtes placées , quatre à la partie antérieure du corps, trois à la queue. Une figure humaine est avalée par un monstre ; la tète et la queue du monstre terminée en tète se partagent le patient. La création la plus originale est une sorte de dragon terminé à chaque bout par des têtes hideuses qui se livrent un combat acharné. Sa croupe, recourbée en replis ior-> tueux , est , à divers intervalles , percée de trous d'où s'échappent des singes qui , à demi éclos ^ se font déjà la guerre : ils ont pour armes des serpents. Ce travail réunit la verve et l'originalité.
Hais ne faut-il y voir qu'une bizarrerie de plus à ajouter à toutes les bizarreries d'une époque si féconde en œuvres de ce genre? L'examen des autres sculptures du porche va nous aider à résoudre celte question. La bande supérieure représente les morts sortant du tombeau; audessus, Notre-Seigneur, entre deux anges qui portent les instruments de la passion, montre ses plaies ouvertes. On entrevoit déjà la signification de la zone inférieure.
L'examen des faces latérales du porche n'aide pas à interpréter le reste. Des figures hideuses y grimacent à travers les créneaux d'une forteresse. A plusieurs reprises, ungrandet majestueux personnage parait discuter avec un monstre à corps humain surmonté d'une tète de
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lion. En deux angles au-dessus de ce* sujet se lisent les inscriptions qui font l'objet de cet article. Tout s'explique alors : ces figures représentent la tentation de Jésus-Christ dans le désert. Ces paroles sont celles que le démon lui adressa. La bizarrerie et le caprice n*ont rien à revendiquer ici; tout est symbole et histoire. Jésus-Christ^ modèle , rémunérateur et juge de Thumanité , voilà le sujet traduit par un ciseau éloquent en ce porche magnifique. Le tympan n'a plus d'obscurités : les morts ressuscitent, Tenfer s'empare de sa proie, les bienheureux partagent la joie du triomphe de leur chef et de leur sauveur.
La composition de ce jugement est de toutes manières fort originale. Les bons ne sont pas séparés des méchants dans le sens de la largeur, mais dans la hauteur. La droite et la gauche du souverain juge sont occupées par les saints nimbés et assis qui conversent ensemble dans la joie de leur triomphe. — Ces deux petites inscriptions, en apparence insignifiantes , ont donc une haute valeur, puisqu'elles aident à résoudre la question si controversée du symbolisme des sculptures romanes.
(93) S . . RGIVS Sergius.
PETRVS ARBERTO.
( r. pi. XI, flg. 5. ) Inédite. Église de Tarnac
L'église romane de Tarnac est percée sur son flanc septentrional d'un portail gothique du xiii^ siècle. Son ogive est accompagnée de deux bas-reliefs en granit , qui datent, comme le reste de Tédifice, du xii* siècle. Celui de droite représente un guerrier à cheval. Il est armé du casque à nasal , d'un bouclier en pointe et d'une lanceà
(itl* sièGLE.) INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. 459
pennon. Dans lapartie supérieure vole un ange qui semble lui montrer la roule. L'autre bas-relief représente un évoque coiffé d'une mitre très-basse et revêtu de la chasuble ronde et du pallium. Il bénit un personnage de proportions beaucoup plus petites, qui s'incline sous sa main. Un cartouche carré porte l'inscription transcrite plus haut.
Dans le sanctuaire de la même église , le fût d'un pilier roman est gravé d'inscriptions qui semblent être des dates du xii^ siècle. Cinq ou six couches de badigeon de chaux les recouvrent et les rendent illisibles.