‹ Manuel d'épigraphie, suivi du recueil des inscriptions du LimousinChapitre 57 sur 172 · ICTUS · texte numérisé non relu

ICTUS

A. M oc L V iDédite. Legros.

Ce vers et cette date se lisaient sur la seconde cloche deTabbaye de la Règle. Cette cloche a été brisée en 1790. Ce texte si court prêterait place et matière à un long commentaire. Qu'on l'accepte ou qu'on s'en moque ^ l'église donne à la cloche bénite une grâce particulière pourdissiper les orages. Que la commotion de l'air, en déplaçant ou en disséminant les masses électriques , éloigne ou détoome la foudre , c'est un fait physique , étranger pourtant au monde de la grâce, qu'il est facile de nier sans preuves, mais qui garde sa valeur scientifique pour le simple bon sens. En fait d'électricité , la science n'a pas dit son dernier mot. Il est encore permis de croire que les ondes sonores de l'air ébranlé par une vibration

480 INSCRIPTKMiS DU LIMOUSIN. (xni« siêgle.)

métallique changent les conditions de développement du fluide électrique; même en ce sens le vers rapporté .plus haut serait vrai.

FR f P : DE MOVAL : ME FECTT : FIERI •

RELIQVIE : BÔR : JVN : ET : AMÂDI : ET CORIGIE :

DNI BEATV^ AMANDUS. BEATVS JUNIANVS.

{F. la gravure. ) Église de Saint-Sylvestre.

Lors du partage du trésor de l'abbaye de Grandmont -en 1790, l'église de Saint-Sylvestre, sur le territoire de laquelle était située la célèbre abbaye, reçut pour sa part trois reliquaires assez considérables. Le moins important est en argent doré. Sa base élégante a la forme d'un pied de calice; elle porte un cylindre en cristal de roche retenu par des bandes et des cercles de filigranes. Sur le pied, un trait figure saint Amand, becUus Amandu$ , foulant aux pieds un dragon. La statuette du sommet représentait saint Junien , bealus Junianus.

Autour de la base se lit Tinscription que nous avons rapportée. Les abréviations Bor pour Bealorum, Jun et Amadi pour Juniani et Amandi , sont faciles à lire. Le nom du donateur présente seul quelques difficultés. La syllabe mo est surmontée d'un trait horizontal , et la haste de L finale est coupée d'un trait renflé aux deux bouts. L'abbé Legros lit fautivement Montvd. Nos recherches sur Porfévrerie nous fournissent heureusement le nom entier du donateur et la date précise de cette œuvre charmante.

(XIII* sikcLio wscriphons du limousin. 4Sr

En 1255, Pierre de Honlvailler (de MofUe Valerio) y archîprêtre de Nonlron et chanoine de Saint-Àmand , fit exécuter une coupe d'argent pour abriter le chef de saint Amand. L'inscription suivante, gravée sur celte œuvre d'orfèvrerie , conservait la mémoire du pieux donateur : MagiUer Petrw de Monte Valerio^ canonicus $ancU Juniani et archipretbiter de NontroniOj feeit fieri hanc cuppam ad honorem B. Amandi confe$$ori$ , anno Domini mgclv. Il lui fut permis, en retour de ce don, de distraire quelques parties des reliques du pieux cénobite. Il en fit don à Tabbaye deGrandmont, qui, pour le récompenser, l'admit à la fraternité de l'ordre. C'est l'explication du titre de frère qui précède son nom. Ce reliquaire date donc de 1255, et le nom abrégé Moval se complète ainsi : MorUe Vderioj Hontvailler. Une transcription incomplète de l'abbé Legros nous avait fait croire que P. de Hontval était l'auteur de ce reliquaire. C'est un nom à effacer de la liste de nos émailleurs limousins.

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