‹ Manuel d'épigraphie, suivi du recueil des inscriptions du LimousinChapitre 59 sur 172 · ET A TOTI LOS AUTRES. AMEN · texte numérisé non relu

ET A TOTI LOS AUTRES. AMEN

Inédite. I^egros.

Cette inscription , gravée sur une plaque de cuivre, se voyait, avant la révolution^ dans le clottre des Jacobins de Limoges. LaBrefania qui précéda de si peu la morl du défunt, est la fête de l'Epiphanie. Dans les statuts d'une confrérie érigée à Limoges, en Tbonneur de sainte Félicité , en 1350 , on met au nombre des fêles annuelles la Brefania. Ce vieux langage se comprendra, du reste, sans autre explication. Le placement irrégulier des points montre que celte inscription fut gravée par une main peu intalligiente. Â plusieurs reprises, ils coupent les moL« dont ils devraient indiquer la fin.

(MU* SIÈCLE.) INSCRIPTIONS DU UMOUSiff. ISS

Xlîll KL MAII oBirr dom' gerald' abbas aîîo dM

MccLxnn

Inédile. Aa musée de Limoges.

Lors de la fondation du musée de Limoges , un de nos collègues nous signala , dans une métairie voisine de celle ville , une auge à porc décorée d'ornements et gravée d'anciens caractères. L'auge , examinée sur son indication f nous montra une élégante ornementation en relief à la partie supérieure , et sur sa tranche nous lûmes > en beaux caractères gothiques arrondis, l'inscription qui ouvre cet article. La partie supérieure, malgré ses élégants arabesques , a été excavée par un ciseau brutal; on sait au profit de quoi et de qui. C'était pourtant la tombe d'un des plus remarquables abbés de Saint-Âugustin-lez-Limoges.

« Le vingirdeuxième abbé ( de ce monastère ), Gérald, troisième de Fabry, décora l'église de toutes sortes de l)eaux ornements, fit écrire quantité de livres pour le chœur et la bibliothèque, augmenta le revenu de trente sestiers de froment , achepta un pressoir nommé la plancha, fit bâtir le dortoir , la cuisine et le grand réfectoire. Son sépulcre se voit dans un costé du cloistre, au devant duquel sont gravés ces mots : 14 calend. maij obiit dxmnu$ Geraldus abbas , anno Domini 1264.» (Bon. de S^-Âmable , m , 354. )

Ce n'est pas sans intention que nous avons cité ce texte plein d'inexactitude. Au xvii* siècle, par suite d'une réaction due à la renaissance^ bien des personnes en^

4S4 INSCUJPiJONS DU LIMOUSIN^ (xiir sicclc.>

étaient venues à considérer la pratique de l'art comme indigne de la profession monastique. Ces moines innombrables , auxquels nous devons les monuments qui sont la parure de notre pays^ n'avaient à leurs yeux que le mérite d'avoir commandé ces travaux. Sous cette préoccupation ^ le verbe fecit se traduit toujours par fit faire. Mais , cette fois , la chronique de Tabbaye de St-AugusUn ne se prête pas à cette interprétation. L'abbé Gérald continue glorieusement la chatne des artistes nombreux de ce monastère. Comme son prédécesseur l'abbé Etienne , il excellait dans tous les arts : il n^était presque peu iwnement (fu* il ne coMtrui$U lui-même. Il était architecte, orfèvre; ses travaux calligraphiques sont énumérés avec soin. Multa eliam omamenta hujui numasterii ipte fecit. Inter omnes lihron huju$ monoiterii , fecit ipse quoddam psalterium glossatumy etepiUolcu Pauli glossatas , et Jeremiam ghssatumy Johannem et Mareum et Matthœum glossaio$. Ipse fecit breviarium et bibliam manualem^ summam de casibui et mmmam Gaufredi « librum officicrum et responsoriorum , pro conoentu in duobus voluminibus. (In append. Ànn. Benedict.^ vi, 694. ) La même chronique nous oblige à rectifier de la même manière ce que le P. de Saint-Amable dit des travaux de construction.

La profanation d'une tombe aussi illustre devait avoh* un terme- Le propriétaire, H. Thomas, en a fait don au musée de Limoges , où on la voit présentement. Une autre tombe portant la statue d'un abbé, et provenant aussi do Saint-Augustin-lez-Limoges, est superposée k celle-ci. On n'y lit aucune inscription.

(xni* siÈcu.) INSCRIPTIONS DC UMOUSIN. 485

+ OEA VOCE PIA, PRO NOSTRO FRATRE, MARIA QUI VETUS ET JUVENIS BONA DISPENSAVIT EGENIS. HAC JACEI EXCISA FOSSA, DICTUS MALAGUISA.

CHRISri COGNOMEN, ADEMARUS ERAT SIBI NOMEN.

OBIIT VIII Kl» DECEMB. ANNO DNI. M. CC. LXV.

A Saint-Martin de BriTes.

Ce pieux chanoine du chapitre de Saint-Martin est enseveli sous l'emplacement qu'occupait la tribune de l'orgue.

NAIMARS DEL POTS BOVRES DE BRIVA CHANORGUE ET FRAIRE DE LA MAUO DE

SAINS, JAI Aia SOTS AQUESTA TÔBA E QUER P AMOR DE DIEU A TOTZ A- QUEUS QUE P Aia PASARAN QUE LI ACHEPTO MERCE. AM. NRE SENHOR E QUEN DUO LA ORAZO EL PB NR QUE DIEUS in PSOLVA EL PERDO. AM OB. 17 KL. JUNII ANNO DNI 1265.

Âimar du Puy, bourgeois de Brive, chanoine et frire de la maison de dans, git ici sous cette tombe ^ requiert pour Vamour de Dieu à tous ceux qui par ici passeront qu ils lui achètent merci. Amen. Notre Seigneur et qu'on dise roraison le paler nostet

IMGnpnOltS 1HJ LIMOUSIN.

(xm* SIÈCLE.)

que Dieu lui donne pardon. Amen.

Il mourut le 17 des kaL de juin 1265.

Inédite. Nadaad.

Ce curieux exemple de langue romane était inscrit sur une tombe dans le cloître du chapitre de Brives.

+ OFFERT SUME FAMUL

V T BARTOLOMEUS CANONI eus STEPHANI ET PREPOSITV^ J UNIANI CUM PATRE DNICO * PETR E MARTYR, OPE FER AMICO. TU SIBI PATRONUS SIS, LEOBO NE, BONUS. OBIIT MAGR . PETR US DE BENEVENTO PR^EPOSI TUS ECCLESIJE SCI JUNIANI

VI KL JANUARII ANNO DO MINI M. ce. LXV. ORA PRO EO.

Dominico.

* Magisier,

Cette épitapbe, placée dans la sacristie des Jacobine de Limoges, se fait remarquer par plusieurs incorrections. Au lieu de canonicw et prœpositut , il faudrait lire canonicum et prœpositum. Notre ami Tabbé Arbellot a consacre une notice à ce prévôt du chapitre de Sainl-Junien. (Recherches historiques sur la ville de Saint-Junien ^ p. 165.) Il donne de cette inscription la traduction suivante, que nous croyons exacte : « Dieu suprême, saint Barthélemi vous présente votre serviteur qui fut chanoine de Saint-Etienne et prévôt de Saint-Junien. Saint-Pierre, marlyr, avec notre patron saint Dominique, secourez

(xui* Si£CLE.) INSCBIPTIONS DU UMOUSIN. 487

votre ami* — Sainl iéobon., soyez pour lui un bon pairon.

» Mettre Pieirre de Bénévenl , prévôt de Téglise de St-* Junien, mourut le six des calendes de janvier^ Tan du Seigneur 1265. — Priez pour lui. »

Pour bien comprendre cette épitaphe^ il faut savoir que saint Barthélemi est patron de la ville de Bénévent , patrie du prévôt Pierre. Les autres saints invoqués ici appartiennent à Tordre des Dominicains , à Texceplion de saint Léobon , qui appartient par son origine au voisinage de Bénévent.

ANNO DNÏ M OC LX V IDUS JUNII OBIIT JOHANNES CHAMBAI FORT CANONICUS LEMOVIC

ET EODEM ANNO XIIII KL SEPTEMBRIS OBIIT PETRUS CHAMBAIFORT CANONICUS LEMOVIC-FRATER DICTI JOHANNIS. QUORUM CORPORA JACENT fflC HUMATA ANCVLE E- ORUM REQUIESCANT IN PACE. AMEN AMORE DEI DICATUR PATER.

Inédite. ' Ms . Legros.

Vofi plaque eo cuivre doré, placée sur une des portes du clottre des Jacobins de Limoges, représentait deux personnages agenouillés devait la sainte Vierge tenant l'enfant Jésus. Au-dessous se lisait celte, inscription. Le tout était gravé au trait. Ce cloître fut détruit en 1776;

190 INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xni« siècle.)

trapasset en miei abrio... et laisset à chat^ mouiné do Limottzi 1 po loucoi po deu esse fa xx d'un selier e deu esse rendu lou jour de Rampan durabloment. Larmo de se repauzo en pa e dija Pater noUer. E laisiet mai 52 sos de vendo au coven S. Harsau per soun aniversari. E Tan de 1268 aus e xi jours din abrid trepasset Yaleria Javona , veuvo do di P. Brus et que legiro QueUas letras dijo

On le voit , les différences sont peu importantes , et pourraient facilement s'expliquer presque toutes par la difficulté de figurer la prononciation de certains mots. Cette inscription est donc populaire ; à ce titre ^ ^le retarde un peu. Quoique gravée en plein xnr siècle , elle n'emploie qu'avec timidité et gaucherie l'élégant alphabet gothique qui caractérise la troisième période épigraphique , et encore certaines lettres , les o , les n et les m , y conservent presque toujours la physionomie du siècle précédent. Pour l'écriture donc, comme pour l'architecture 9 le Midi retarde sur le Nord^ si on peut appeler retard la persistance vivace des titres de la nationalité.

HIC : JACET • JORDANVS :

PRiEPOSIT^ i CANBONENcis :

CUJ^ : AIA I REQVIESCAT : IN j

PAGE I AM" : X : lU : KL : SEPTEMBRIS :

ANNO : DNI : MCCLXVII : VHI : ID^ : OCTOB. :

OBUT : HVGO : DE CARRERIIS ? HELEMO :

SINARJ^ : SCI ] MARCIALIS • LEM0VIC(eii8i8) : me : CVM : PREPOSITO \ CABONENSI :

TUMVLAtUR : OMIPOTENS • FACITO •

(Xni* SIÈCLE.)

INSCRIPTIONS ini LIMOOSIN;

QVOD : EJS : REQVIES i TRIBUATVR :

AMORE : DEJ DJCATIS : PATER*: NR :

[V. pi. XVII.) Inédite.

Legros.

Cette inscription se lisait autrefois sur le mur du passage qui conduisait du clotlre de Saint-Martial à l'église basse du même monastère. La prévôté de Chambon, qui y est mentionnée , est aujourd'hui une église paroissiale peu importante, sous le nom de Chambon-Sainte-Croix. D'autres renseignements historiques nous apprennent qu'à cette date elle était possédée par Jordain de Malemort. Les fonctions d'aumônier^ que nous trouvons remplies à cette époque par Hugues de Charrière , avaient à Saint-Martial beaucoup d'importance.

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