TIS UBERET A PORTIS HUNC PERPETUA PEIO MORTIS
9Isc. Beaumesnil.
. Oq lisait cette inscription , gravée sur une bande de cuivre en lettres remplies d'un émail roug^ et bleu , autour du tombeau du cardinal de la Gbapelle-Taillefec.
2IG INSCUIiniONS DU LHIOUSIN. (iir siècLc.)
Beaumesnil a laissé un dessin de ce tombeau préciefux ; il est conservé à la bibliothèque mazarine de Paris. La note suivante, très-peu connue, y est réunie :
« Ce ton)beau, qui est un morceau de gothicité superbe tant par la richesse de la matière que par l'excellence du travail , est démonté pièce par pièce , et entassé dans l'alcôve d'un des chanoines. Il a resté lonatemps dans un grenier , d'où on Ta tiré pour faire place à du blé qu'on a emmagasiné ; les morceaux frottent les uns contre les autres , et l'efTigie du fondateur périclite , pendant que les chanoines mangent les revenus qu'il leur a fondés.
» Ce mausolée a sept pieds huit poulces de long sur trois pieds un poulce de large et deux pieds neuf poulces de haut; sur lequel est couchée l'effigie du cardinal , en habits pontificaux, la tête sur un coussin, et les pieds appuyés sur un chien couché tout de son long sur le ventre. Aux quatre extrémités des coins, sont quatre trous écrouis, se mettent des pommettes à queues vissées, qui y restent continuellement , excepté les jours d'anniversaires , que l'on les ôtait pour mettre à leur place, du côté de la tête , un chapiteau ou catafalque fait en forme de dossier en relief^ haut de trois pieds huit poulces, lai^e d'autant , y comprenant les deux anges qui le portent.
» Le tout est de cuivre jaune assez épais » et tout de pièces de rapport. Le chapiteau ou dossier est tout d'une pièce; du moins^ tout tient ensemble par assemblages ou par rivures.
» La statue est tout d'une pièce jusqu'aux genouils, qui sont séparés des jambes et des pieds, qui ensemble font trois pièces; les mains, avant*bras et le manipule^
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une autre; le chien, une autre^ ainsi que le coussi, et la table une autre; la gorge renversée paraissant faire répaisseur de la tablette est de quatre pièces ; c'est-àdire que chaque face est d'une pièce; les quatre pommettes, quatre autres pièces; les quatre faces du corps de l'urne sont aussi d'une pièce chacune , et bien adaptées par des visses de cuivre , et arrêtées par des écrous de fer à une solide menuiserie de cœur de chêne , qui est en dedans , servant de châssis massifs , à chaque face , pour empêcher que rien ne se bosselle. La tablette est adaptée de même sur une semblable menuiserie. Quant au dernier socle , il est aussi de quatre pièces , savoir : une pièce pour chaque face , et adaptée de même , mais à un madrier. Tout cela ne laisse rien voir qu'une masse de cuivre^ les joints étant parfaitement bien réunis.
» Cette urne était posée sur un socle de pierre , élevée de deux pieds et demi , et entourée d'une grille de fer à rinceaux gothiques , terminée par des pointes et tassettes de chandeliers pour y mettre des cierges en temps et lieu.
n Les pommettes sont de cuivre jaune tournées, et , dans leurs couleurs , elles représentent des espèces de cassolettes, ou plutôt de lampes à visse.
n Le coussin est aussi dans sa couleur de cuivre naturelle, mais ciselée en manière de broderie, avec des glands frangés aux quatre coins.
» De la figure, le corps de la mitre, le visage, les mains , les manches , le manteau ou chappe , l'aube , la robe, les bouts de jambe et les champs de pantoufiQes , tout cela est aussi de la couleur naturelle du cuivre. Mais les bordures de la mitre, ses lambrequins , le chaperon
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el sa bordure , la bordure du manteau , les bordures des passages des bras, le manipule , la ceinture et rétole, ainsi que la bordure des pantouflles, sont émaillés cl dorés d'or bruni , et chargés de chatons qui autrefois renfermaient des pierreries fines, telles que émeraudes, topazes, chalcedoines , crisolylbes, bérils, sardoines^ grenats , saphirs , rubis , turquoises , etc. ; mais , disent les chanoines , aucuns diamants blancs. Cet émail est de fleurons en bleu et en rouge sur champ d'or poli. Ces fleurons sont en petits rinceaux courants et fort délicatements faits.
» Le bas des joues , les dessous du nez et le menton sont pointillés au oiselet pour imiter la barbe fraîchement rasée; ce n'est pas ce qu'il y a de mieux dans l'ouvrage, quoique le plus admiré par le plus grand nombre ^ mais qui n'est pas la saine partie des juges qu'on doit écouter.
» Quant au chaperon, il est totalement gravé et émaillé en échiquier de ses armes , qui sont d'or , burelées de gueules de huit pièces , couronnées d'une couronne de comte, et séparées par un autre blason d'or, à la flenr de lys d'azur. Ce blason a pour cimier son chapeau de cardinal.
') Sur le dos de ses mains, qui sont gantées, étaient deux grosses pierreries , une sur chaque main.
D Le bas de l'aube, bien ciselé en façon de detitelle.
» Le chien était et est aussi de la couleur naturelle de cuivre.
» La table de la tablette , aussi de sa couleur , mais bien polie.
n La gorge renversée de la tablette , et qui paratt former la couverture émaillée d'or , de bleu et de rouge ,
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c'esUà-dire couverte de deux lignes de lettres gothiques sur fond d'or bruni ; les premières et principales lettres en bleu y et celles des restes des mots en rouge.
. o Les quatre faces de l'urne sont en tout de la couleur naturelle de cuivre , sans aucuns émaux ni dorures. Les figures sont presque de relief, d'un poulce à un ponlce et demi de saillie sur sept poulces de hauteur. Elles sont toutes dans des niches qui ont toutes un pouce huit lignes d'enfoncement , ornées à la gothique.
» Le chapiteau ou dossier est de même matière que tout le reste , et représente deux anges , tiers de nature , tenant chacun , d'une main, un manteau frangé au milieu duquel est le litet l'effigie dudit cardinal, portés sur un poêle par un prélat , un magistrat ou un noble , un chanoine et un diacre , lesquels tiennent chacun un coin du drap mortuaire. Les deux anges ont chacun un pied appuyé sur des nuages qui terminent le bas, et le bras à demi tendu , disposé pour porter un chandelier à trois branches. Sous les nuages sont deux queues du même métal pour ficher dans les trous à la place des cassolettes : ces queues ne sont point vissées. Le tout est surmonté par deux écussons accotés : le premier d'or à la fleur de lys d'azur; le second, burellé d'or et de gueules, une couronne de comte portant sur les deux écussons, et surchargé du chapeau de cardinal avec les cordons. Ce côté est celui qui est pour être du côté de l'effigie.
» Le chapeau , les nœuds, les anges, les plis pendants du manteau , la frange , la petite efiigie , le poêle et les quatre porteurs dudit , les nuages et les deux queues ; tout cela est couleur du naturel du cuivre.
» La couronne garnie de pierreries est d'or bruni et d'émail.
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» Les blasons , d'or et d'émail , el le petit champ y hermine d'émail blanc hermine de sable.
» L'envers de ce chapiteau est le dos des anges ; et la chappe du manteau gravée en échiquier des mêmes armes, comme au chaperon, et laisse voir par le haut une large partie de l'hermine émaillée, et les armes à contre-pied de l'autre , c'est-à-dire que le burellé qui est au premier , et la fleur de lys au second , émaillée comme les autres; pour celles d'au-dessous en échiquier, elles sont simplement gravées , et non émaillées.
» Les chandeliers sont de leur nature de cuivre , et les deux du pied ont des queues vissées comme les cassolettes.
» Les chanoines disent que , dans les guerres de la religion, les protestants pillèrent l'église de la Chapelle- Tailiefer, et enlevèrent les pierreries qui décoraient cette image. »
On ignore le sort qu'a eu ce tombeau remarquable.