‹ Manuel d'histoire de la littérature canadienne-françaiseChapitre 3 sur 18 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Il importe de ne faire entrer dans U histoire de la littérature que les œuvres qui ont chance de vivre et de durer. Nous avouons qu'il est extrêmement difficile de faire dès maintenant le départ entre les œuvres caduques et les œuvres durables. Nous croyons avoir été plutôt bienveillant dans le travail d'élimination que l'historien impartial doit accomplir, et qu'il devra continuer.

On s'étonnera peut-être que nous ayons fait la place si large, dans cette Histoire, à nos écrivains contemporains, à ceux qui vivent encore, et qu'il est si difficile de bien juger. Notre histoire de la littérature serait bien courte, s'il fallait n'y mettre encore que les disparus ; et surtout, elle ne donnerait pas suffisamment l'idée des : nombreuses et très louables initiatives littéraires qui ont été tentées depuis vingt à trente axis. Il est incontestable que notre art a fait, depuis deux décades, de considérables progrès ; il n'eut pas été juste de le laisser ignorer. Nous savons bien qu'il est périlleux de porter des jugements définitifs sur des œuvres aussi récentes ; la proximité dev choses et des hommes aura pu nous faire illusion, ou nous faire mal voir certains de leurs aspects : le temps nous aidera à reviser ou à corriger nos premières impressions.

Nous ne demandons" à nos lecteurs que de nous accorder le bénéfice d'une bonne foi qui n'est égalée que par notre désir de servir avec profit les lettres canadiennes.

Camille Roy, ptre.

29 janvier 1918.

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