‹ Manuel d'histoire des religions [microform] ;Chapitre 19 sur 142 · L AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

L AVANT-PROPOS

même beaucoup mieux que dans la prem.ière édition. Le livre est une histoire des religions, non pas une histoire du développement de la religion. Il fallait choisir entre deux points de vue dont l'opposition apparaît très nette quand on traite des religions sémitiques. Nous insistons maintenant sur ce que chacune des civilisations sémitiques présente de particulier. Ainsi la religion d'Israël est étudiée, non pas en tant que religion sémitique, mais en tant qu'elle est un phénomène en soi, d'une importance considérable dans l'histoire universelle.

Au surplus, l'esprit général de l'ouvrage est resté le même. Ce n'est pas un livre de recherches, mais d'exposition; les notes ont été réduites au minimum, et, dans la bibliographie, on n'indique que les livres indispensables et accessibles à tous ceux, quels qu'ils soient, qui veulent s'orienter dans ces études. Je remercie chaleureusement mes collaborateurs de s'être si amicalement plies à l'esprit et au plan de ce travail. J'ai trouvé chez tous une inépuisable complaisance.

Grâce à leur bonne volonté, l'unité de l'ouvrage n'a pas souffert. Il importe peu que les subdivisions du livre soient d'étendue inégale ; il n'est même pas mauvais que le ton change lorsqu'on passe d'un peuple à un autre ; on trouverait de pareilles dissemblances dans l'œuvre d'un seul auteur. Mais, d'un bout à l'autre de ce livre, on ne trouvera pas de contradictions. Sans doute les spécialistes pourront découvrir entre les lignes les divergences des auteurs. Dans la première édition déjà, j'avais gardé une attitude un peu éclectique, fort prudente en tout cas. Dans le présent livre, même circonspection. Je considère comme deux hypothèses de travail, extrêmement fécondes et indispensables à l'avancement de la science, les deux grandes théories de la mythologie comparative et de l'école anthropologique. Leurs champions les plus extrêmes se combattent violemment, mais les chefs d'école (je veux parler de Max Muller et d'E. Tylor) se doivent beaucoup. L'historien doit les adopter toutes deux, bien qu'il soit encore difficile de décider dans quelle mesure et comment. On n'est pas partout aussi avancé que dans l'étude de la religion védique, où le magistral exposé d'Oldenberg (voir aussi B arth, Jou7mal des Savants, 1896) a déjà fait la balance des résultats acquis par les différentes méthodes, avec une préférence marquée pour l'explication anthropologique. Il est certain que mes collaborateurs ont sur ces questions des opinions qui diffèrent. Mais comme

AVANT-PROPOS Li

ils se bornent à exposer les faits, comme aucun d'eux n'appartient exclusivement à une école, l'unité du livre n'a pas été mise en péril.

On ne trouvera pas non plus un système unique, rigoureusement suivi, dans la transcription des mots étrangers. Une transcription vraiment scientifique rendrait souvent méconnaissables les noms égyptiens, par exemple; on a évité l'abus des signes diacritiques, mais le lecteur remarquera partout que mes collaborateurs ont fait preuve à cet égard de scrupules scientifiques que mon ignorance des langues m'interdisait à moi-même ^

La plupart des chapitres ont dû être entièrement remaniés; on a pu se contenter pour les autres d'une sérieuse revision. J*ai soigneu?^ sèment revu moi-même la rédaction de mes collaborateurs ; d'ailleurs, avec quelques-uns d'entre eux, une entente préalable avait rendu les corrections inutiles. J'ai collaboré, au sens étroit du mot, avec deux de ces messieurs.

Quelques mots encore. Les questions générales ont été traitées de la façon la plus concise et condensées dans les g| 1 et 2. Je n'ai pas jugé nécessaire de faire appel à la compétence d'un spécialiste pour la description des sauvages. L'étude générale de leur condition, préhistorique jusqu'à un certain point (même lorsqu'elle dure encore), apparient plutôt à l'ethnographie et à la phénoménologie religieuse. On ne saurait les omettre dans une histoire des religions. Mais, pour le peu qu'il est nécessaire d'en dire, je pouvais me charger moi-même de la revision de mon premier travail.

Le D'' Buckley, qui a été pendant plusieurs années professeur au Japon, s'est chargé d'écrire le § 6, sur les Mongols, et les || 13 et 14, sur le Japon, qui comblent une lacune de la première édition. Les chapitres sur la Chine, sauf le | 2, qui traite du Taoïsme, n'ont guère été modifiés. Je dois aussi quelques renseignements au savant Américain pour la rédaction du g 86 (au milieu de la contribution de D' Lehmann).

Les chapitres sur la religion égyptienne et sur les religions assyro-babyloniennes et syro-phéniciennes ont été mis tout à fait au courant de la science contemporaine. Pour la première, les travaux

1. On ne s'est pas préoccupé davantage dans l'édition française d'unifier les transcriptions. On a tâché d'être fidèle dans l'intérieur de chaque chapitre à un système que l'on n'a pas essayé d'étendre aux autres. Nous ne nous sommes même pas imposé de règle absolue par la transcription du son u {ou). La minutie de la transcription, quand elle n'est pas poussée à l'extrême à l'aide d'un système compliqué de signes diacritiques, est une chose vaine. En pareille matière, il faut user de compromis. La fausse précision est la caricature de la science. (H. H. — L L.).

Page 1