‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 107 sur 160 · On en trouvera un exemple chez Schœmann, II · texte numérisé non relu

On en trouvera un exemple chez Schœmann, II

littérature, notamment chez Aristophane. Il y avait naturellement à Athènes des gens superstitieux et des esprits forts. Mais il est peu probable que ces derniers aient poussé aussi loin l'opposition, au moins au v* siècle, que les Épicuriens des générations suivantes, dont Plutarque nous dit avec colère qu'ils traitaient de cuisinier le prêtre abattant l'animal sacrifié.

Par les sacrifices les Grecs pensaient s'assurer la faveur des dieux et être payés de retour. Les consécrations d'objets (àvaôi^fjiaTa) dans les sanctuaires avaient le même but. Les sacrifices proprement dits étaient les uns sanglants, les autres non sanglants, sans qu'il soit possible de dire laquelle de ces deux espèces était plus ancienne ou plus générale. A la classe des sacrifices non sanglants appartenaient les xépvTj, plats de légumes et de fruits, les prémices offertes aux Thargélies, les produits de la récolte que Ton cuisait au mois de Pyanepsion, les elpeaKov?), branches garnies de pâtisseries, les àiJttpitpaivTeç, gâteaux illuminés consacrés à Artémis, la yaXaÇia, bouillie d'orge offerte à la mère des dieux, les (Ïotoi ôSeXiai, les gâteaux en bâtons de Dionysos, la pâtisserie qu'on présentait à Athènes à Zeus Meilichios, etc. Les animaux sacrifiés d'ordinaire étaient le moutoU; la chèvre, le bœuf et le porc. On offrait des chevaux aux dieux des fleuves, des chiens à Hécate et à Sparte, à Ares, des animaux sauvages à Artémis seulement. Les sacrifices humains durèrent très tard. Des libations accompagnaient le sacrifice dans le culte du temple ; on en faisait également pendant le repas et dans diverses occasions du culte domestique. Aux repas, on consacrait une coupe àyaôÇ) Saiaovt et souvent trois autres aux dieux olympiens, aux héros et à Zeus <jwTr,p. Ces libations étaient de vin ; mais pour les dieux chthoniens, pour les Érinyes, pour les Nymphes et sur les tombes, c'étaient des vTjcpaXia, libations (y.oai) de lait ou d'hydromel ((xeXtxpotTov). Les rites variaient avec les sanctuaires comme avec l'objet du sacrifice ; il faut remarquer notamment les différences que présente le rituel des dieux supérieurs avec ceux des dieux chthoniens, des morts et des héros. Aux premiers on sacrifiait le matin, aux seconds, le soir. Aux premiers on offrait des animaux blancs, aux seconds, des animaux noirs. Un repas suivait le sacrifice fait aux dieux du ciel ; il fallait brûler entièrement et enterrer la bête consacrée aux divinités souterraines, en laissant couler son sang dans une fosse * ; l'homme ne devenait jamais le convive des dieux des enfers.

On sacrifiait après une victoire, avant l'assemblée du peuple, quand on prêtait serment et quand on faisait un traité (^pxtx TÉfjiveiv), pour expier une faute (x^vlax^-ceç xal iLtiXi/jLOi ôu(T3tvTe;) ^, au labourage, au début de toutes les entreprises importantes, en se mariant, en partant en voyage, au retour, en recevant de bonnes nouvelles, au moment de se livrer à des opérations mantiques, et dans cent autres cas. Dans les circonstances

1. Comparer un oracle de Porphyre chez Eusèbe, Prœp, Evang., IV, 9. Il est vrai que G. Wolff a contesté son authenticité, Porphyrii de philos, ex oraculis haurienda libà. relL, 1856.

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