‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 110 sur 160 · Lycurgue, in Leocr · texte numérisé non relu

Lycurgue, in Leocr

2. *Nous avons maintenant un document capital sur le culte des phratries dans une inscription de Delphes, qui nous donne les règlements de la phratrie de Labyades. {Bulletin de correspondance hellénique, 1895 et 1898.) (H. H.)

3. Foucart, Des associations religieuses chez les Grecs, 1873.

4. C. Petersen, Der Hausgottesdienst der alten Griechen, 1851. Voir aussi de nombreux renseignements dans le Charikles de Becker.

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domestique consistait en invocations et en offrandes non sanglantes ; on ne sacriûait des animaux qu'exceptionnellement.

La naissance, le mariage et la mort étaient, en Grèce comme ailleurs, sanctifiés par des actes religieux qui ressemblent beaucoup à ceux qu'on rencontre ailleurs. Pendant la grossesse les femmes sacrifiaient à Ilithya et aux Nymphes. Quand un fils était né on suspendait une couronne d'olivier à la porte, un morceau de laine quand c'était une fille; c'était autant pour le bon présage qu'on y voyait, que pour empêcher les gens de se souiller en pénétrant dans une maison où se trouvait une accouchée. Le cinquième jour on portait l'enfant autour du foyer (amphidromia), et pendant les six premières semaines on accomplissait encore diverses cérémonies pour purifier l'enfant et la mère. Avant le mariage et au mariage on adressait des prières et on présentait des offrandes à Héra, à Artémis, aux Moirai, à Ouranos, à Gaia, à Aphrodite, à Zeus teleios, aux Nymphes ; au moment même du mariage on sacrifiait à Héra gamelia un animal ou une noix de galle pour éloigner de l'union toute espèce d'amertume. A Athènes, on amenait la fiancée dans le temple d'Athéna Polias ; à Trézène, elle consacrait ses cheveux à Hippolyte ; à Sparte, le rite de l'enlèvement était en usage; en beaucoup d'endroits on baignait l'épousée. Au moment venu l'époux venait chercher sa femme; on allumait au foyer domestique les flambeaux du cortège ; la musique des flûtes et le chant des hyménées accompagnaient la noce. En général le père de l'épousée offrait le repas; à la porte de la chambre nuptiale on chantait des épithalames. Quelques jours plus tard le nouveau marié introduisait sa femme dans sa phratrie en célébrant un sacrifice.

Nous ne nous occupons pas ici des monuments funéraires, ni de ce qu'ils nous révèlent de la croyance à l'immortalité *. Il s'agit ici des devoirs è rendre aux morts, que les Grecs considéraient comme particulièrement sacrés. La crémation du cadavre dans l'antiquité, plus tard son inhumation, était un devoir capital : quiconque le négligeait irritait tous les dieux, les divinités du monde souterrain qui ne recevaient pas leur dû, et les dieux supérieurs offensés, souillés même, par la vue de la mort. Les Grecs, en effet, regardaient la mort comme impure; ils ensevelissaient les morts avant le lever du soleil pour ne pas offenser cet astre, et il était défendu de creuser un tombeau dans l'île sacrée de Délos. A Athènes, on plaçait une cruche d'eau à la porte de la maison mortuaire; on lavait et on oignait le cadavre; on le plaçait sur la civière dans le vestibule, la tête couronnée, vêtu de blanc, l'obole destinée à Charon dans la bouche. Alors commençaient les lamentations dont Solon avait atténué la fureur et le vacarme. Le jour suivant avait lieu l'Ix^opa; les femmes y prenaient part; le repas des funérailles achevait les cérémonies. L'histoire rapporte certaines fêtes funéraires célébrées en l'honneur des soldats tombés à la

1. Les matériaux ont été réunis dans le grand ouvrage de Stackelberg, Die Grdber der GHechen in Bildwerken und Vasengemûlden^ 1836, 1837. On trouvera un aperçu sommaire dans F. Ravaisson, Les Monuments funéraires des Grecs (H. fT. R., 1880, II). Cf. aussi Pottier, Les lécythes blancs aitiques.

guerre, telle la fête annuelle des jeux Platéens en Thonneur des héros de 479, et la solennité où Périclès prononça la fameuse oraison funèbre *. Souvent on élevait des cénotaphes à ceux qui étaient morts en mer ou à l'étranger. Les parents apportaient les offrandes et les libations pour leurs morts généralement 3, 9, et 30 jours après Tenterrement, aussi le jour aniversaire de la naissance ou de la mort. A Athènes et ailleurs, nous trouvons une fête générale (la vExucia ou vcfjLCdeia, le 5 boédromion), pour racheter les fautes ou les oublis dont on s'était rendu coupable envers les morts.

Il nous reste à dire un mot des cultes étrangers. Plusieurs de ces cultes s'introduisirent à Athènes et surtout au Pirée, grâce à son commerce actif et à sa population flottante. Il y en avait auxquels les Athéniens euxmêmes prenaient part. Tant que ces cultes étrangers appartenaient à la religion privée des familles ou des associations, l'État ne s'y opposait que lorsque leurs fidèles se montraient hostiles à la religion publique, ou bien, ce qui arrivait souvent, lorsque le culte servait de manteau à des pratiques criminelles. Les religions étrangères ne s'introduisaient dans le culte public qu'à la suite d'une décision de l'assemblée populaire et avec l'assentiment de l'oracle de Delphes. Le fait se produisit à plusieurs reprises; des divinités thraces et phrygiennes en particulier furent adorées à Athènes : les déesses thraces Kotytto et Bendis, cette dernière fêtée dans les Bendidea du Pirée, le dieu phrygien Sabazios et la mère des dieux, dont on avait d'abord persécuté les prêtres mendiants (metragyrtai). Adonis eut également un culte. Ces cultes étrangers rentrèrent pour la plupart dans le cercle de la religion mystique; ils n'étaient pas du reste fort considérés : pratiqués par les gens superstitieux, les femmes et la canaille, ils étaient en butte aux railleries des comiques.

Les Grecs regardaient ordinairement la magie (.'JtaYeia, yoriTeîa) comme une des parties étrangères de la religion; c'était une plante exotique, perse ou égyptienne, cultivée dans l'antiquité mythologique par des femmes étrangères, figures sinistres (Circé, Médée). Cependant la magie renfermait une forte proportion d'éléments indigènes; elle était chez elle en Thessalie; Hécate y présidait. La littérature mentionne plusieurs sortes de pratiques magiques : conjurations de maladies, philtres amoureux (©lÀTpa), le mauvais œil (pdtaxavoç ôcpôaXjjtdç), les faiseurs de pluie ou de vent (àvcjiioxoTTat à Corinthe, xo^aîofw^axeç à Cléones).

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