‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 70 sur 205 · Le compte chez Grég. le Grand, P. L., LXXV · texte numérisé non relu

Le compte chez Grég. le Grand, P. L., LXXV

sores. Le personnel se composait de fermiers libres [colons] et d'esclaves. Saint Grégoire nous apprend comment était gouvernée cette familia Romanae ecclesiae ; « Je ne veux pas, dit-il, que la bourse de l'Église soit souillée par des gains sordides ». Ce même Pape cherchait -à amasser non des trésors, mais des mérites, en répandant des bienfaits. Il inculqua ceci aux recteurs ^ et réprimanda celui de Campanie qui n'avait pas observé cette prescription : « Vous devez, dit saint Grégoire, être notre lieutenant et faire moins attention au gain matériel de l'Église, qu'au soulagement et à l'adoucissement delà misère ^ » . Le fermage payé par les colons était très peu considérable : une petite part des récoltes ; quelques-uns même ne payaient que l'argent de l'acte récognitif. Ces ressources étaient employées à l'entretien de l'Église romaine et surtout à secourir les pauvres et les indigents. Saint Grégoire répète plus d'une fois que le patrimoine de saint Pierre est « le bien des pauvres ». Grégorovius en rend témoignage, disant que « FÉglise commençait à devenir un immense asile pour l'humanité ».

4^ La Donation de Constantin, connue par le recueil du Pseudo-Isidore et de Gratiën, est certainement fausse. D'après cette pièce, Constantin donna : « tam palatium nostrum, ut prelatum est, quamque rome urbis et omnes italiae seu (et) occidentalium regionum provincias, locaet civitates^ ». Ceci fut généralement tenu pour vrai jusqu'au xv^ siècle, où Nicolas de Cusa et Lorenzo Valla en contestèrent l'authenticité. Selon toute probabilité, cette Donation ne vint pas de Rome, mais plutôt de France où elle servit à défendre, contre les Grecs, la souveraineté impériale que Charlemagne avait reçue du Pape. Le plus ancien manuscrit aujourd'hui connu fut

1. Registr., I, 44. — Cf. Georges Goyau, Vue générale de Vhistoire de la Papauté, p. 31 ss., dans Le Vatican, les papes et la civilisation, Paris, iSati. — 2. Registr., I, 36, 53. — 3. Texte dans Hist. Jahrb. der GörresgescUschaft, III, 15-29. — GhkVEKt, Die Konstant. Schenkung, Hist, Jahrb, ^ t. iii-v. — Contre Grauert, Brünner, Die Constantinische Eckenkungsurkimde, Berlin, 1888, soutient l'origine romaine de ce document. — Pöllinger, Die Papstfabeln im Mittelalter, 2" éd., p. 72-123.

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