‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 33 sur 95 · DAVID · texte numérisé non relu

DAVID

APPRÉCIATION GÉNÉRALE. — David est le roi des lyriques ; il est l’egregius psaltes Israel, comme s’exprime l’Ecclésiastique.

: Analyse. — Les psaumes ont été composés en différentes circonstances ; de là provient sans doute la diversité de leurs sujets. Les uns expriment des principes moraux ; d’autres célèbrent la grandeur et la puissance de Dieu ; d'autres sont des chants de victoire, des cantiques d’actions de grâces ; d’autres encore font entendre les plus pathétiques accents du repentir et de la prière ; un grand nombre enfin contiennent des prophéties qui se rapportent aux principales circonstances de la vie et de la passion du Sauveur. Les Pères et les commentateurs les plus autorisés considèrent ces divins cantiques comme un excellent abrégé de tout ce que contient l’Ecri-

ture ; on y trouve le merveilleux des livres histo riques, le sublime des prophètes et ce qu'il y a de plus touchant et de plus instructif dans les livres moraux. Dieu ct l'homme en face de Dieu, voilà, en résumé, le sujet ordinaire des psaumes. à

Le premier mouvement du Psalmiste le porte toujours vers Dieu qui occupe la plus large place daus ces admirables chants. Après Dieu, c’est ds l’homine surtout qu’il est question dans les psaumes, nôn pas de l'individu en particulier, mais de l’homme en général, et très souvent l’homme que. je chantre divin met en face de Dieu est le DIEU-HOMME, le Messie, représentant de l'humanité auprès de son Père.

Critique. — Le Psalmiste prend sur sa harpe céleste les tons les plus variés : tan‘ôt il chante avec une calme et douce simplicité, tantôt il emploie les

expressions les plus magnifiques ; ici il soupire et gémit comme la colombe, ailleurs il fait retentir sa voix comme les grandes eaux de la mer ou comme les grondements de la tempête ; mais toujours ses accents ont le même caractère de poésie religieuse et morale, de poésie appropriée à tous les besoins du cœur humain et dès lors contemporaine de toutes les époques (1).

Isaie.

Norios. — Isaïe, fils d'Amos, était, croit-on, neveu d’'Amasias, roi de Juda, et appartenait à la famille royale de David. Ii naquit à Jérusalem et passa sa vie dans cette capitale, au centre même du mouvement politique et religieux de Juda. Il prophétisa sous les rois Ozias, Joathan, Achaz et Ezéchias. On croit qu’il vécut jusque sous le règne de Manassès qni le fit mourir par le supplice de la scie. La date de la naissance et celle de la mort d’Isaie ne sont pas exactement connues, mais il est certain qu'il ex-

erça le ministère prophétique pendant toute la seconde moitié du VIII: siècle av. J.-C. (2).

PRINCIPAUX OUVRAGES. — Îsaïe est l’auteur inspiré des admirables prophéties réunies sous son nom et qui forment un des principaux livres de l'Ancien Testament.

«) On peut lire avec fruit sur David et Isaïe les Etudes littéraires eur les poètes bibliques publiées par US, Plantier.

(4) Piusieurs e placent la d’Isaïe en 690 et rai 4 y xd véout 84 ans, d' d'autres il nr atteint l’âge d'environ 180

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ISAIB 113

APPRÉCIATION GÉNÉRALE. — Îsaïe occupe dans la Bible la première place parmi les prophètes. Aucun autre n’a embrassé un aussi vaste horizon ni touché à tant de sujets ; aucun autre n’a vu avec autant de clarté autour de lui et dans le lointain des âges. Il est le grand prophète, comme saint Paul est le grand apôtro.

Analyse. — Le livre d’Isaïe est une collection de prophéties faites en différents temps et dans des circonstances diverses, il ne forme donc pas une composition rigoureusement enchaînée ; c'éik un recueil et non une œuvre d’un seul jet. On distingue deux parties bien marquées dans Isaïe. La prémière embrasse les trenteneuf premiers chapitres ; elle comprend des oracles composés à des époques diverses et qui concernent Israël, Juda, l’Assyrie, l’Arabie, la Syrie, l'Egypte, etc. La seconde commence au chapitre quarantième ; elle s'occupe, d’une matière suivie, de l’avénement du Rédempteur d'Israël et de l'Eglise. Les prédictions relativés au Sauveur sont d’une telle précision, et ont été si fidèlement accomplies qu’Isaïe a mérité de quelques Pères cet éloge court mais expressif : ‘on doit le regarder plutôt comme un évangéliste et un apôtre que comme un prophète.” Outre les oracles prophétiques, le livre d’Isaïe renferme aussi quelques récits historiques ; ceux-ci sont écrits en prose ordinaire, les premiers ont tous la forme poétique.

Critique. — Le style d'Isaïe est digne de ses pro-

phéties. Comme tous les génies, il unit la grandeur à le simplicité : rien de plus sublime et en même temps de plus naturel, de plus clair, de plus limpide. Son éloquence est pleine de mouvement et de poésie, sans aucun trait forcé ou exagéré. Son style est coulant, rapide, vif, énergique, coloré. Isaïe est tout à la fois un poète lyrique, élégiaque et descriptif ; jamais l'enthousiasme lyrique ne s’est levé plus haut : ce grand prophète fait entendre dans ses oracles des accents jusque là inconnus et il exprime ses idées avec un éclat incomparable (1).

JUGEMENTS DIVERS. — ‘ Jamais, dit Fénelon, Homère ni aucun autre poète n’a égalé Isaïe peignant la majesté de Dieu, aux yeux duquel les royaumes ne sont qu'un grain de poussière, l'univers qu’une tente qu’on dresse aujourd’hüi et qu’on enlèvera demain ; tantôt ce prophète a toute la douceur et toute la tendresse d’une églogue dans les riantes peintures qu'il fait de la paix, tantôt il s'élève jusqu’à laisser tout au-dessous de lui” (Dialogues sur l'éloquence).

‘“ Les prophéties d’Isaïe, dit La Harpe, me paraissent une suite de chants sublimes qu'on doit lire et relire comme ce que la poésie lyrique offre de plus grand. 11 est impossible

e trouver plus de chaleur, plus de richesse de coloris, plus de génie enfin dans aucun poète.”

Pindare.

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