SCORPIONS
Les Scorpions (de mcopiKoç, même sens) ont un aspect tellement caractéristique, qu’il est impossible de les confondre avec les animaux de la même classe.
Ce sont des Arachnides à corps allongé, recouvert par des téguments solides, se prolongeant en une queue de six articles terminée par un crochet qui inocule le venin. Le céphalothorax est largement uni à l’abdomen et porte en avant deux paires d’appendices; la paire la plus externe est formée de deux longues pattes articulées, terminées chacune par une forte pince; on les appelait des palpes. Latreille avait profité de ce caractère pour faire un groupe d’Arachnides sous le nom de pédi palpa*. Aujourd’hui ces appendices sont généralement désignés sous le nom de pattes-mâchoires. En dedans est la paire d’appendices plus petits qu’on avait improprement appelés mandibules; ce sont les analogues des antennes des autres Articulés, elles ont la forme de pinces; sur le milieu de la partie dorsale du céphalothorax sont deux gros yeux simples; d’autres yeux simples, mais plus petits, au nombre de deux â cinq, occupent les bords antéro-extérieurs. Le céphalothorax porte, outre les pattesmâchoires qui servent à la préhension, quatre paires de pattes uniformes qui ne servent qu’à la marche et dont l'extrémité
porte deux petites griffes. Plus bas et sur la ligne médiane, se trouve l’orifice sexuel ; un peu au-dessous et de côté sont deux
( appendices découpés en lames, montés sur une pièce qui appartient au thorax, et qui doivent î> la disposition de ces lames le nom de peignes (Blanchard). Quatre anneaux de l’abdomen portent latéralement une paire de stigmates ou pneumostomes.
Fig. 48. — Partie du Scorpion.
antennes pinces; pattes-inArJioires ; e4 céphalothorax ; /*, premier anneau île i pattes ambulatoires.
c,r, yeux latéraux ; veux médians ; I abdomen ; /i, /,?>?, les quatre paires de
Id Scorpion roussatre ou occitcinien (Scorpius occitcmus , Amor.) est celui de tous les Scorpions qui a été l’objet d’études ,b's plus approfondies. On le trouve dans le Languedoc (de là son nom), le midi de l’Europe et dans le nord de l’Afrique. Sa longueur est d’environ 80 85 centimètres. On peut lui appliquer
toute la descriplion qui précède. Les femelles seul deux ou trois fois plus communes que les mâles.
Ce Scorpion se tient isole dans les endroits arides, sombres, I marche la queue relevée au-dessus de la tête, cherchant les petits crustacés, les insectes dont il fait sa proie, tout prêt à les atteindre de son dard s’ils veulent fuir.
Les appendices connus sous le nom d’antennes-pinces, de pattes-mâchoires, lui servent de mains. Les antennes-pinces sont terminées par de véritables tenailles qui s’ouvrent et se ferment dans le sens transversal ; elles représentent les antennes des autres Articulés. Pour s’en convaincre, il suffit de remarquer que les nerfs qu’elles reçoivent émanent des ganglions cérébroïdes, absolument comme les nerfs qui se rendent aux véritables antenues des Insectes. Si elles étaient l’analogue des mandibules, comme on l’a cru longtemps, les nerfs viendraient des ganglions œsophagiens, car telle est l’origine des nerfs des mandibules dans les Insectes. Elles peuvent se mouvoir isolément. Les pattes-mâchoires qui se trouvent en dehors des antennes-pinces sont de véritables pattes composées d’une hanche, d’un trochanter, d’une cuisse, d’une jambe et d’un tarse, mais ce tarse se renfle, puiss’allonge â sa partie externe en forme de doigt recourbé. Une articulation part de la base de ce doigt, s’arque en sens inverse, . et son extrémité vient rejoindre l’extrémité du doigt. Il résulte li de cette disposition une pince très-forte dont l’une des branchess’articule sur la base de l’autre. Les deux pattes-mâchoires, en se mouvant simultanément, constituent aussi, dans la plusgrande partie de leur longueur, une pince puissante capable de > saisir les gros objets. C’est â tort qu’on leur avait donné le nom < de palpes, puisque la base sur laquelle elles sont implantéesn’est ni une mâchoire ni, à plus forte raison, la lèvre inférieure, i
Tubil digestif. — L’orifice de la bouche est une petite fente i transversale située entre les pattes-mâchoires; elle est environ- j née d’éminences qui dépendent des pattes et dans lesquels les - I anciens zoologistes avaient voulu voir l’analogue des pièces bue- i cales des Insectes. Cependant, on trouve immédiatement audessus de l’ouverture une petite pièce flexible, garnie de poils. Ce « n’est pas l’analogue du labre, car celui-ci, quand il existe, reçoit > son filet nerveux des ganglions cérébroïdes, tandis que la pièce J
dont nous parlons le reçoit du ganglion œsophagien. Ce serait donc le représentant des mâchoires et des mandibules des Insectes. Chez ces derniers animaux les pièces latérales de la bouche reçoivent, en effet, des nerfs de pareille origine. A la suite de la bouche est un tube digestif qui s’étend en ligne droite jusqu’à l’anus, fente transversale située dans le dernier anneau de la queue. Toutes les parties du tube digestif n’ont pas le même calibre. Derrière la bouche, l’œsophage a d’abord la forme d’un entonnoir, puis il se rétrécit et enfin se dilate plus loin pour former le jabot; il débouche dans un estomac allongé, susceptible de prendre un grand volume. A la suite de l’estomac est un canal intestinal d abord assez grêle qui se renfle tout d’un coup pour devenir gros intestin.
L’estomac est plongé au milieu de glandes qui versent dans son intérieur, par l’intermédiaire de deux paires de canaux,
1111 liquide fortement acide.
Le (oie est énorme ; il environne l’intestin grêle, la portion supérieure du gros intestin et 1rs organes de la génération, rous les canaux de l’intérieur , foie sc réunissent de ma- O'ore à former cinq paires de conduits ont la bile dans l’intestin grêle.
Les parties nutritives de l'élément pénèlren
Fin. 49. — Scorpion dont tes téguments du dos ont Oté enlevés (d’après M. Blanchard).
A, A, antennes-pinces; 11, B, pattes-mftclioiros • C, masses glandulaires ; D, pattes ambulatoires ; E, estomac ; F, glandes de I estomac ; G, petit intestin : il, gros intestin , I, masse du foie avec ses canaux et les conduits urinifères.
BOCQUIU.ON.
par transsuda-
tion it travers les parois du canal digestif et arrivent dans le sang.
Sang. Circulation. — Le sang des Scorpions est légèrement bleuâtre.
L’organe central de la circulation est un vaisseau placé sur la ligne médiane du dos, dans la partie la plus élargie de l’abdomen.
11 fait office de cœur. Les parfois en sont épaisses, formées de libres musculaires longitudinales et circulaires et il est entouré d’une gaine ou péricarde placé immédiatement sous les téguments. Le cœur est partagé en huit chambres et chaque chambre est maintenue en place par une paire de bandes musculaires en forme de triangles qui s’attachent sur les côtés aux téguments.
La paroi supérieure de chaque chambre est percée de deux trous i par lesquels arrive le sang artériel qui vient des poumons ; près j du trou est une valvule qui s’ouvre pour laisser arriver le liquide, mais qui se ferme lorsque le cœur se contracte.
Deux artères naissent du cœur; l’une est antérieure et semble i être le prolongement du cœur en avant, elle s’avance jusqu’au cerveau et se bifurque. Les deux branches ainsi formées établissent une sorte de collier ;i l’œsophage en venant se réunir il la face ventrale du corps. Il en résulte un seul tronc qu’on désigne t souvent sous le nom d’aorte abdominale, qui donne une multitude de petites artères aux organes et aux tissus voisins. L’autre artère est postérieure, c’est l’artère caudale ; elle semble continuer le cœur en arrière. De son tronc partent des branches qui i se rendent au foie et d’autres en très-grand nombre qui se perdent dans les tissus. «Tous ces canaux forment comme unche- j velu d’une grande finesse qui se continue avec une multitude I d’interstices ou espaces étroits compris entre les tî lires musculai- é res et les autres parties constitutives de l’organisme. Ces lacunes ■ 1 forment l’origine du système veineux , et elles sont tapissées par .( une couche de tissu hyalin qui endigue pour ainsi dire le courant sanguin. Des canaux veineux plus gros et produits de la même i manière font suite à ce réseau capillaire, et, dans les points où g le système tégumentaire, en se soulevant pour former des crêtes, j laisse un vide entre sa face interne et la masse musculaire, ou 1 viscérale sous-jacente, la circulation emprunte ces espaces pour 1 en faire soit des canaux, soit des réservoirs ou tissus veineux » A
(Milne Edwards). En définitive, le sang veineux arrive par un certain nombre de troncs veineux dans quatre cavités plaut s entre les poumons et constituées de telle manière que le sang
Fie. 50. — Circulation du Scorpion.
1, antennes-pinces; 2,2, pattes-mûelioires ; 3, 3, 3, 3, pattes ambulatoires; 4, foie; 5, intestin ; 0, dard ; 7, yeux latéraux ; 8, yeux médians ; 9, artères hépatiques : fl, cœur; by aorte antérieure ; c, aorte postérieure ; d, trou pour l’entrée du saut?.
puisse aller se répandre sur la membrane qui forme la poche pulmonaire. Après avoir subi l’action de l’air, le sang passe dans des canaux pneumo-cardiaques qui l’amènent aux orifices pratiqués dans chaque chambre du cœur sur la paroi dorsale.
Respiration. — Il a été dit plus liant qu’à la l'ace inférieure des quatre premiers anneaux de l’abdomen et sur les côtés on voit quatre paires de stigmates. Chacun est l'ouverture d’un canal qui y fait suite. Ce canal est court ; c’est une sorte de petit vestibule au fond duquel sont un grand nombre de trous. Léon Dufouren a compté jusqu’il cent. Chaque trou est Centrée d’une poche aplatie qui s’enfonce clans le tissu de l’animal. Le sang veineux se répand en dehors de la cavité sur ses parois, et c’est à travers cette mince membrane que se fait l’échange de gaz qui constitue la respiration.
Sécrétions. — Les organes de sécrétions sont nombreux chez les Scorpions. Aucune glande cependant ne verse son contenu dans la bouche; par conséquent, il n’existe pas de glandes salivaires. L’estomac est entouré de masses glanduleuses dont le produit de sécrétion est acide et versé dans cet organe; les aliments en sont baignés et se dissolvent à la manière des matières albuminoïdes qui subissent Faction du suc gastrique. M. Blanchard a même pu faire avec ce liquide de véritables digestions artificielles. Le foie est très-volumineux; il sécrète la bile et jouit pendant la digestion de la propriété de former de la glycose ; c’est un véritable épurateur du sang, car il élimine la matière colorante qu’on aurait fait passer dans le sang au moyen de la nourriture (1).
Les organes qui sécrètent l’urine consistent en deux paires de canaux qui s’ouvrent l’une à l’extrémité de l’intestin grêle, l’autre à l’origine du gros intestin; ils sont ondulés et se ramifient entre les grappes du foie.
Les Scorpions ont aussi un organe sécrétoire d’une liqueur venimeuse, à la description duquel nous consacrerons un paragraphe particulier.
Système nerveux. — Le système nerveux est ganglionnaire, comme chez tous les Articulés. Les ganglions cérébroïdes sont tellement réunis l’un à l’autre qu’ils ne forment qu’une seule masse légèrement bi lobée. Ils envoient des lilels nerveux à la partie supérieure de l’orifice buccal, aux yeux médians, aux yeux latéraux, aux antennes-pinces. Deux petits noyaux placés en
(1) Blanchard, Organisation du règne animal; Arachnides, p. 70.
arrière (les ganglions cérébroïdcs cl un peu au-dessous peuvent être regardés comme le centre du système nerveux de la vie organique; ils donnent, en effet, naissance (1) aux iilets nerveux
Fig. 51. — Système nerveux du Scorpion,
fl, ganglions cérébroïdcs ; ganglion sous-œsophagien ; e, chaîne ganglionnaire de la partie renflée de l’abdomen ; d, celle de la partie rétrécie ; c, nerfs des yeux médians ; fj peux des yeux latéraux; 0, ceux des antennes-pinces; h, ceux des pattesmAchoircs; /i, poumons.
qui sc rendent au cœur, il l’aorte, etc., et à d’autres nerfs qui vont au tube digestif et à ses annexes.
(1) Expression souvent employée en histoire naturel e, mais qu'il no faut pas prendre à ta lettre. Les organes ne naissent pas les uns des autres j ils naissent sur place.
Les ganglions cérébroïdes sont unis au ganglion sous-œsophagien par de très-courls connectifs. Le ganglion sous-œsophagien est ovalaire et formé par plusieurs ganglions réunis. Les nerfs qui s’en échappent se distribuent à la pièce buccale, aux pattesmâchoires, aux pattes, etc. Il en naît aussi une double chaîne nerveuse longitudinale qui s’étend jusqu'au bout de la queue. Elle porte trois ganglions (Lins la partie élargie de l’abdomen et un ganglion pour chaque article de la queue. Plusieurs nerfs s’échappent de chacun de ces ganglions et vont animer les parties voisines.
Sens. — Les Scorpions occitaniens ont des organes pour la vue, le tact, le goût; ils paraissent manquer de ceux de l’ouie et de l’odorat.
Les yeux sont au nombre de dix. Les deux plus gros sont de chaque coté de la ligne médiane au centre, du tégument céphalothoracique. Les six autres sont latéraux, groupés au nombre de trois sur une seule ligne. Chacun se compose de dehors en dedans, 1° d’une partie transparente, homogène, enchâssée dans le tégument ; on lui a donné le nom de cornée ; 2° d’un corps arrondi, à diamètre vertical plus grand que le diamètre horizontal, très-dur, transparent, recouvert par la cornée, c’est le cristallin ; 3° d’une matière molle transparente, granulée, formant une masse conique deux fois plus Volumineuse que le cristallin mais enchâssant un peu ce dernier, c’est l’humeur vitrée; U° d’une membrane dans laquelle il s’est fait un dépôt de pigment d’un noir bleuâtre et à laquelle on a donné le nom de choroïde ; elle renferme les parties internes du globe de l’œil; 5» d’une autre membrane qui entoure en entier le bord postérieur du corps vitré et se continue avec le nerf optique; c’est la rétine. Ces yeux ne jouissent que d’une mobilité trèspeu prononcée; selon Millier, leur nombre n’a pas pour but d’augmenter l’intensité de la vision mais d’étendre le champ visuel. L’expérience a montré que les yeux latéraux sont myopes comparativement aux yeux médians, ce qu’il était facile de prévoir û l’inspection de la cornée et du cristallin, beaucoup plus sphériques que les mêmes parties des yeux médians.
On suppose que le sens du goût siège dans le pharynx, parce que les parois de ce canal sont molles et délicates, mais il doit
être peu développé, car le Scorpion mange toutes sortes d’Inscctes.
Le sens du toucher est très-masqué; il siège sur toute la surface du corps, bien qu’elle soit formée d’un tégument durci. La sensation est plus manifeste si elle est perçue par la portion ventrale et parles interstices qui existent entre les anneaux.
Génération. — Les Scorpions ont une génération vivipare cl ils sont unisexués. Les organes de la génération sont renfermés dans la partie élargie de l’abdomen. Le pore génital, chez le mâle connue chez la femelle, est placé entre les appendices pecliniformes situés à la base du céphalothorax, mais rien en dehors ne dénonce le sexe.
Chez le mâle, on trouve deux testicules ; chacun d’eux esl formé de deux tubes longitudinaux que réunissent trois branches transversales et il offre quelque ressemblance avec une échelle de corde.
Les deux tubes longitudinaux se réunissent supérieurement en un seul qui débouche dans un canal déférent de même diamètre, lequel se rend dans le canal de la verge. En cet endroit sont deux renflements qui font probablement office de vésicules séminales, car ils renferment toujours des spermatozoïdes. Dans le voisinage est un petit appendice. 11 y a deux verges rigides, percées d’un canal; chacune a son fourneau renflé à sa partie moyenne. Les deux fourreaux se, réunissent en avant, forment un canal unique, court, qui
vient déboucher entre les lames sternales. Les spermatozoïdes sont très-visibles.
l'iu. 53. — Oi'gunes milles île 1»
géiiéi'iition.
«, testicules ; b,l>, verges ; c, vésicules séminales; < /, appendices; c, oi'ilico.
, Cliez la femelle, les ovaires offrent une disposition analogue a celle des testicules, mais il faudrait supposer les deux échelles ayant un montant commun (fig. 53). De distance en distance, dans es tubes, sont des ovules arrondis, qui changeront de forme en avançant Vers la maturité. A leur partie supérieure, les deux
■1 llll
Fig. 53. — Organes femelles île la iréaérution.
ovaire rempli iFœufs ; b, b, oviilnctes ; c , vulve ; d,rf, pièces accessoires.
tubes ovilères débouchent dans deux oviducles ren liés, lesquels viennent aboutir a l’ouverture vulviforme commune. La fécondation se fait par accouplement. Le mâle et la femelle se placent ventre à ventre, les deux verges du mâle sortent par l’ouverture unique, s'introduisent dans la vulve de la femelle, se courbent et pénètrent l’une à droite, l’autre à gauche, dans le canal qui mène à l’oviducte.
Les femelles sont ordinairement fécondées au printemps et les jeunes ne naissent que vers le mois de septembre.
Appareil yenimeux. — L’appareil venimeux du Scorpion est situé dans le dernier zoonite qui termine la queue (flg. 5/i). 11 se compose de l’organe secréteur et de l’aiguillon qui inocule le venin. L’organe sécréteur consiste en deux glandes ovalaires, appliquées l’une contre l’autre sur la ligne médiane et qui remplissent le dernier zoonite (fig. 55). Amincies en avant (a, a), libres entre elles mais rattachées aux téguments par des fibres musculaires, elles se réunissent en arrière (c, c), pour former un long canal (d) qui se prolonge presque jusqu’à l’extrémitéde l'aiguillon qui termine la queue. Ce canal ne s’ouvre pas à l’extrémité du dard, mais sur sa face antérieure, un peu avant la pointe, par deux petits trous à peine perceptibles. La paroi interne des glandes est tapissée de granulations qui sécrètent un liquide venimeux, acide, transparent, tenant en dissolution des granules irréguliers.
L’aiguillon qui inocule le venin n’est autre que la pointe qui termine la queue. Lorsque l’animal s’empare de sa proie, il la pique avecson dard, et dans le moment qui précède l’action, on peut voir deux petites gouttes de venin sourdre des trous placés sous le dard. Les fibres musculaires qui
Eig. 5<t. — Extrémité do l’abdomen du scorpion.
dard.
ARACHNIDES. — SCORPIONS, environnent les glandes se contractent, compriment le réservoir et chassent dans la plaie une quantité plus ou moins grande de venin.
L’elïel du venin n’est pas le même sur les individus forts et sur les individus débiles, sur les différentes classes d’animaux; il varie d’intensité selon la quantité inoculée.
On doit regarder comme une rare exception les faits de mort occasionnée chez l’homme par les piqûres des Scorpions.
Dans la grande majorité des cas, la piqûre est suivie de douleur, d’un peu de fièvre, et les accidents cessent au bout de quelques heures. Quelquefois, ils ont été plus forts, et l’on a vu survenir un fori gonflement autour de l’endroit piqué, une fièvre intense, des vomissements, un tremblement nerveux. Ces accidents sont bien moindres lorsqu’on a eu soin de lotionner la plaie avec de l’ammoniaque étendue d’eau.
Les piqûres des Scorpions ne sont pas aussi fréquentes qu’on ! veut le faire entendre. Ces animaux sont timides, fuient h l’approche de l’homme, ne blessent que lorsqu’on les touche. Cependant, comme ils rodent pour chercher leur nourriture, ils | peuvent pénétrer dans les tentes, sous les dormeurs couchés par terre, et alors ils piquent ii la moindre pression.
Les insectes, les petits oiseaux, succombent à la blessure du Scorpion si la plaie a été inoculée.
Le venin placé dans leschairsmêmes du Scorpion est une cause de mort.
Les autres espèces de. Scorpion les plus connues sont :
Le SconetON tunisien [Scorpiofunestus ou tunetalus, llodi) qui habite les parties chaudes de l’Afrique et qui passe pour le plus dangereux des Scorpions. Il présente à peu près la taille duScor- | pion blond ou Occitanien, mais sa queue est plus large et pré-
liOCQUU.I.ON. 9
(b tv
Fig. 55. — Appareil du venin.
Uti ARTICULES.
sente sur les arêtes des dents en scie. 11 en diffère encore par sa couleur brune. Les Arabes le redoutent beaucoup.
Le Scorpion flavicaude [Scorpio (lavicaudus, de Ceer) qui habite le midi de la France et les pays méditerranéens. Sa taille ne dépasse pas ZiO centimètres. Il est d’un brun foncé avec les pattes et la vésicule caudale d’un jaune fauve grisâtre. Ses yeux latéraux sont au nombre dedeux seulement. Il vit sous les pierres et s’introduit dans les maisons et sous les tentes. Sa piqûre a été ; comparée à celle de l’Abeille.
Le Scorpion palme ( Scorpio palmalus, Ehr.) qui habite le nord de l’Afrique et qui atteint la taille de 15 à 18 centimètres. Cette espèce se distingue des précédentes par l’extrémité de ses I pattes-mâchoires qui est élargie, massive, couverte de points saillants ; par ses yeux latéraux, qui sont de chaque côté au nombre de trois paires ; par la partie caudiforme de l’abdomen moins i développée.
De toutes ces espèces, la plus grande est sans contredit le Scorpion africain (Scorpio A fer, L ) qui vit en Afrique et dans l’Inde. 11 atteint jusqu’à 18 centimètres de long. Sa piqûre ne ! passe pas pour aussi dangereuse que celle du Scorpion tunisien. On le reconnaît à son céphalothorax bombé, échancréen avant, à sillon médian très-marqué ; ses yeux latéraux forment une ligne courbe. C’est, dit-on, une variété de cette espèce qui est connue sous le nom de lhithus imperator (Loch.).
THELYPHONES.
Les TuÉLYi'itoNES sont des Arachnides de la famille des Pédipalpes; elles ne diffèrent des Scorpions que par quelques • caractères de détail. L’aspect n’est pas le même; elles n’ont pas de peigne au thorax. Tandis que dans les Scorpions, l’abdomen est à peine distinct du thorax, dans les Thélyphones, il en est nettement séparé; sa portion caudiforme est très-reduite et ne porte pas de stylet Les antennes-pinces ou chélicères se meuvent mieux de haut en bas que dans le sens transversal; j les pattes-mâchoires sont massives dès leur base cl n’ont pas à leur extrémité la forme de mains comme celles des Scorpions. L’estomac est beaucoup plus vaste cl muni de quatre cæcums
MYRIAPODES
dont les culs-de-sac s’étendent jusqu’aux parois du thorax. Les poumons sont au nombre de deux paires seulement. L’appareil sécrétoire se compose de deux glandes bien plus volumineuses que celles du Scorpion ; elles sont logées dans l’abdomen et leur canal excréteur commun s’ouvre par une très-petite ouverture sur le côté de l’anus. La liqueur sécrétée sort au dehors brusquement I et en assez grande abondance ; elle a une odeur très-marquée de vinaigre. C’est à cause de cette particularité que les habitants des Antilles désignent les Thélyphones sous le nom de Vinaigriers.