‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 74 sur 155 · MOUCHES · texte numérisé non relu

MOUCHES

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Le nom de Mouches ne doit pas s’appliquer b tous les Insectes qu’on désigne sous ce nom dans le langage ordinaire. 11 convient de le réserver aux Insectes diptères proprement dits qui présentent les caractères suivants : une trompe distincte dans laquelle sont deux suçoirs, le troisième article des antennes aplati avec une partie styliforme insérée sur sa face dorsale, les ailes nervées en long de manière que les nervures circonscrivent cinq cellules dont une sous-marginale, trois postérieures et une anale, courte, les balanciers sont courts, les pattes terminées par deux crochets et deux renflements ou pelotes dans lesquelles existe un appareil pneumatique qui permet b ces

Insectes de faire le vide et de marcher renversés sur les corps les plus polis (flg. 83) ; on reconnaît trois yeux simples. Les Insectes qui présentent ces caractères sont si nombreux que les Diplérologisles se sont crus obligés de multiplier b 11 encore les coupes. De là la formation de genres qui entraînent une complication désespérante pour les commençants.

Fio. 83. — Tarse (le la Mouche domestique, a, a, crochets ; pelotes ou ventouses.

Des Mouches pondent leurs œufs dans des milieux bien différents; les unes les confient b la terre; d’autres, aux fumiers, aux excréments, aux eaux croupies, aux végétaux, aux cadavres, aux animaux et b l’homme vivants. Les larves sont connues sous

les noms de Vers à queue, Guillots, Asticots, etc. Elles n’ont pas de pieds et ressemblent tellement aux Vers qu’on leur en a donné le nom. «11 est facile toutefois, disent MM. Van Beneden et Paul Gervais, de les distinguer des Vers proprement dits, c’est-à-dire des Entozoaires et des autres Helminthes, car les articles dont leur corps est composé ne sont pas en nombre supérieur à quatorze et leur respiration est toujours trachéenne.» Ces larves ne changent pas de peau à la manière du Ver à soie; les téguments se durcissent et deviennent le fourreau de la chrysalide.

Bien que les Mouches n’aient pas d’aiguillon comme en ont certains Hyménoptères, bien que leur suçoir ne blesse pas comme celui des Cousins, des Taons et de plusieurs Hémiptères, elles n’en sont pas moins à craindre.

C’est un fait bien connu que les larves qui se sont repues de charogne peuvent, en venant se reposer sur un endroit dénudé du corps de l’homme, inoculer des maladies infectieuses. J’ai vu dans le même été un berger et deux marchands de peaux atteints de pustule maligne par ce moyen ; ils ont succombé. Des équarrisseurs, des porteurs à la halle atteints de pustule maligne ou de charbon attribuaient la cause de leur affection à des piqûres de mouche. Nous avons dit plus haut que certaines mouches pondent leurs œufs dans des chairs vivantes, et nous ne devons pas être étonnés de la longue liste de cas de larves trouvées chez l’homme. MM. Van Beneden et Paul Gervais en citent, d’après M. V. Ilope, quarante-deux, empruntés aux différents recueils. On n’a pas toujours déterminé avec exactitude à quelle espèce d’insectes ils avaient à faire, de sorte que les statistiques n’ont pas toute la valeur qu’on est en droit d’exiger.

La Mouche domestique (Musca domestica, L.) peut être regardée comme le type du groupe, et comme elle est de toutes la plus commune et la moins dangereuse, il est facile d’étudierson organisation. Nous n’indiquerons ici que les caractères qui permettent de ne pas la confondre avec les Diptères voisins.

Le bord antérieur de la cavité buccale ou épistome est saillant ; les antennes atteignent presque l’épistome, leur troisième article est triple du deuxième, et est surmonté d’un appendice ou style plumeux; la taille de l’Insecte est d’environ 7 millimè-

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