INSECTES. — POUX
les antennes. En avant de la tête est un petit mamelon qui loge un suçoir sortant et rentrant à la volonté de l’animal. Ce suçoir est une gaine qui sort plus ou moins et se dilate à son sommet, où elle montre une double série de crochets; elle contient un stylet formé de quatresoies intimementunies.
Le thorax est petit, formé de trois anneaux réunis, et porle les pattes. L’abdomen est distinct du thorax; il est ovalaire,
! formé de sept segments bien ! distincts sur les côtés et portant chacun une paire de stig- < mates qui apparaissent en noir sur le tissu blanchâtre de l’animal. Les pattes sont courtes et munies de crochets recourbés qui permettent de grimper. L’anus est à l’extrémitc de l’abdomen. L’ouverture génitale du mâle est la même que l’anus; on en voit sortir le pénis; celle de la femelle est à la face ventrale, entre le dernier et l’avantdernier segment. Cos dispositions anatomiques indiquent que I dans la copulation la femelle doit être sur le dos du mâle. Les i œufs portent le nom de lentes. Ce sont de petits corps piriformes accolés aux cheveux, et qui s’ouvrent au sommet pour laisser passer la larve au bout de cinq ou six jours. Celte larve ne subit d’autres transformations que celles de la mue, el peut reproduire au bout de dix-huit jours environ.
Le Pou de la tête se plaît sur les individus malpropres; on le trouve communément en Europe, sur la tête des enfants. Le meilleur moyen de le chasser consiste :T répandre de l’huile sur la tête de manière à boucher les stigmates de ces hôtes incommodes et ü les empêcher par là de respirer. On a conseillé aussi • onguent mercuriel, de la graine de persil pulvérisée, des décodions de graines de pied-d’alouetle, de slaphisaigre, le tabac en poudre, etc.
Le Pou nr corps {Pediculus curpnris, de Oeer) vil sur le corps
de l’homme, particulièrement dans le dos, sur les épaules, elc.; se tient dans les vêtements, et produit des démangeaisons insupportables. 11 est plus blanc que le Pou de tète, quelquefois cependant il offre une teinte jaunâtre. Son corps est ovalaire, allongé; le thorax est bien distinct de l’abdomen; ses pattes sont plus grêles, plus grandes que celles de l’espèce précédente. Ses lentes sont aussi plus grosses et sont attachées aux poils du dos ou des bras. On ne le trouve que sur les individus malpropres.
Le Pou des malades ( Pediculus tabescentium, Burm.) diffère des précédents par sa couleur, qui est d’un jaune pâle; sa tête, qui est arrondie; ses antennes plus longues, son thorax plus grand et carré, les segments de son abdomen plus serrés et moins distincts, et par ses habitudes (Raspail affirme qu’il pond ses œufs sous l’épiderme). II pullule d’une manière effrayante, et produit la maladie connue sous le nomd ephthiriase ou maladie pédiculaire. Les auteurs anciens ont beaucoup parlé de cette maladie, dans laquelle le corps serait couvert de poches remplies de Poux; ils ont cité les noms de grands personnages qui auraient succombéà cette dégoûtante affection. Bien que les faits rapportés ne méritent pas une entière confiance, il n’en est pas moins vrai que dans ces derniers temps, on ait vu des malades littéralement couverts de ces hideux insectes qui se reproduisaient avec une épouvantable rapidité.
Les bains sulfureux, alcalins, mercuriels, les fumigations sulfureuses, les soins de propreté, une bonne hygiène, triomphent facilement aujourd’hui de la maladie pédiculaire.
Le Pou du pubis [Pediculus pubis, L., Phthirius pubis, Leach), ou Morpion, vit dans les poils du pubis, etquelquefois dans ceux des aisselles, de la barbe ou de la poitrine. Il diffère notablement des espèces précédentes. 11 est moins long; son corps a la forme triangulaire; le thorax n’est pas distinct de l’abdomen; le milieu du dos est d’un brun rougeâtre; ses pattes sont longues, fortes, munies de grosses pinces de couleur roussâtre, particulièrement les deux paires inférieures. L’abdomen a huit segments et porte sur les côtés de petits tubercules garnis de poils roides. La disposition et la force de ses pinces font qu’on ne détache le Morpion de la peau qu’avec une extrême difficulté. Il produit des démangeaisons encore plus terribles que les espèces précédentes;