‹ Manuel d'histoire naturelle médicaleChapitre 229 sur 524 · CHÈVREFEUILLE · texte numérisé non relu

CHÈVREFEUILLE

Le genre Chèvrefeuille (Lonicera, Desf.) comprend des plantes dont les fleurs ont une corolle gamopétale irrégulière et dont les

DIERYILLA.

loges de l’ovaire sont pluriovulées (placentas pariétaux dans le jeune Age). Le calice, est gamosépale, à cinq petits lobes disposés en préfloraison quinconciale. La corolle est ordinairement tubuleuse, irrégulière, à limbe partagé en deux lèvres inégales ; l’une antérieure, formée d’un seul lobe; l’autre postérieure, formée de quatre lobes; la préfloraison est imbriquée. Les étamines sont au nombre de cinq, un peu inégales, insérées sur le tube de la corolle et alternes avec ses divisions; les filets sont libres et les anthères sont basculantes, biloeulaires et introrses. L’ovaire est infère, à trois placentas pariétaux pluriovulés, ou à trois loges superposées aux sépales I, 2, 3, et est surmonté d’un long style à extrémité stigmatifère renflée. Les ovules sont disposés sur deux rangées verticales dans l’angle interne des loges; ils sont anatropes et se tournent le dos. Le fruit est une baie qui contient plusieurs graines à albumen charnu entourant un petit embryon. Les Chèvrefeuilles sont des arbrisseaux dressés ou grimpants, à feuilles simples, opposées, sans stipules.

Le Chèvrefeuille des jardins [L. Caprifolium, L.) est un arbrisseau à rameaux volubiles, gris lorsqu’ils sont âgés, glabres et rougeâtres lorsqu’ils sont jeunes. Les fleurs répandent une odeur suave; elles sont jaunâtres, striées de rouge et disposées en cyme terminale simulant une ombelle sessile Les feuilles sont i glabres, coriaces, ovales ou orbiculaires, opposées ; les supé- ■ Heures sont connées. Les baies sont diurétiques.

Le Chèvrefeuille Xylostéon ( L . Xylostcum, L.)ou Camérisicr est un arbrisseau des buissons, des haies, à rameaux dressés, non volubiles. La corolle est d'un blanc rosé mêlé de jaune, à tube court, gibbeux latéralement. Les fleurs sont groupées par deux et sessiles. Les baies sont géminées, d’un beau rouge, sont en maturité de Juillet à Septembre et sont laxatives.

DIERYILLA.

I Le genre Diervilla ( Diervilla , T.) diffère principalement des

II Chè\ refeuilles par son ovaire ii deux placentas pariétaux qui se i rencontrent à la base de cet organe pour former deux loges antérieure et postérieure pluriovulées. Le calice se compose de cinq

I petits sépales. La corolle est gamopétale, tubuleuse, à cinq di-

DOCQU1LLON. 53

visions alternes disposées en préfloraison imbriquée. Cinq étamines nées sur le tube de la corolle sont alternes avec ses divisions ; les filets sont libres et les anthères biloculaires et inlrorses. I L’ovaire est infère, les ovules sont anatropes, disposés dans chaque loge sur deux rangées, et se tournent leur raphé. Le fruit i est une baie.

Le Diervilla du Canada ( D . Canadensis, Willd., Lonicera < Diervilla, L.) est un arbrisseau dressé, originaire du Canada, i Ses inflorescences sont des cymes bipares axillaires qui, groupées ■ au sommet des rameaux, simulent un épi. Les feuilles sont simples, opposées, glabres, à court pétiole, à limbe ovale, acu- ; miné, dentelé. Les rameaux sont odorants et employés en Amérique comme diurétiques et antisyphilitiques.

TRIOSTÉE.

Le genre Triostée ( Triosteum , 1..) comprend des plantes à fleurs irrégulières qui se distinguent particulièrement des deux | genres précédents en ce que les loges ovariennes sont uniovulées. s Le calice se compose de cinq sépales unis à la base, le postérieur est plus grand que les autres. La corolle est gamopétale, tubuleuse, h tube gibbeux et a limbe formé de cinq lobes inégaux, disposés en préfloraison cochléaire. Les étamines sont au nombre ; de cinq, inégales, alternes avec les divisions de la corolle et insérées sur le tube. L’ovaire est triloculaire et dans chaque loge • est un ovule suspendu, anatrope, à micropyle supérieur et interne. Le fruit est une drupe renfermant un noyau triloculaire. : Les graines sont albuminées.

La Triostée perfoliée {T. perfuliatum, L.) est un arbrisseau de l’Amérique septentrionale. Les rameaux sont dressés, épais, arrondis. Les feuilles sont simples, opposées, perfoliées, elliptiques, acuminées. Les fleurs sont en glomérules axillaires. La racine est amère et employée, selon la dose, comme fébrifuge, cathartique ou émétique.

LINNÉEi

Le genre Linnkk (Linneœ, Gronov.) comprend des plantes î> fleurs irrégulières dont l’ovaire infère renferme trois loges, une

RUBIACÉES. 939

latérale uniovulée, les deux autres (latérale et postérieure) sont pluriovulées. Le calice est gamosépale, à cinq divisions profondes. La corolle est gamopétale sub-campanulée, ii cinq lobes alternes, presque égaux, disposés en préfloraison imbriquée. Les étamines sont didynames ; les deux plus grandes sont antérieures, les autres sont latérales, l’étamine postérieure manque; les anthères sont biloculaires et introrses. L’ovaire est surmonté d’un style à extrémité stigmatifère trilobée. Les ovules sont suspendus, à micropyle supérieur et interne. Le fruit est une baie dans laquelle il ne reste qu’une graine, les ovules des loges pluriovulées s’étant atrophiés.

La Linnée boréale [L. borealis, L.) est une petite herbe vivace, verte, à rameaux penchés, donnant naissance à de petits rameaux ascendants nus dans leur partie supérieure, terminés par

Ideux fleurs. Les feuilles sont petites, ovales, il pétiole légèrement embrassant, îi limbe glabre présentant quelques dents émoussées. La tige et les feuilles sont amères et employées en Suède comme diurétiques et sudorifiques.

Page 1