POLYGALEES
Les Polygalées ( Pohjgaleœ , Juss.) sont des plantes ;i fleurs irrégulières, hermaphrodites, à ovaire supère, uni- ou biloculaire, à loges uniovulées. Les sépales sont le plus souvent au nombre de cinq, inégaux. Les pétales sont en même nombre, alternes, très-inégaux. L’androcée est irrégulièrement diplostémone, composé d’étamines formant avec leurs filets une gaine fendue. L’ovaire est surmonté d’un style simple, bilobé au sommet. L’ovule est attaché sur un placenta axile, suspendu, anatrope, àmicropyle supérieur et externe. Le fruit est sec ou charnu ; les graines ont souvent un arille du raphé, sont albuminées ou non. Les feuilles sont simples, alternes, sans stipules*
POLYGALA.
Le genre Polygala ( Polygala , L.) comprend des plantes don! les fleurs sont pentamères. Les deux sépales latéraux sont pétalo'ides, élargis en ailes, les trois autres sont petits. Trois pétales seulement sont ordinairement développés et connés â la base : l’antél'ieur ou carène est très-grand, enveloppant, creusé en casque et porte â son F|G- 361,— Fle,,r lle Pol>r8aln' sommet, sur sa nervure médiane, une C""re ve,'tica,n et ,n'',li"nP’ crête dentelée; les deux pétales postérieurs sont petits, bilobés; les
pétales latéraux sont rudimentaires lorsqu’ils existent. L’androcée se compose de huit étamines ; quatre sont superposées à quatre sépales et quatre autres ù quatre pétales; les fdets réunis forment une sorte de sac fendu du côté postérieur et uni à la corolle à la base ; les anthères sont allongées, biloculaires à la base, mais ne s’ouvrent qu’au sommet par un pore qui s’allonge en fente médiane. Le style est terminal, comprimé en sens inverse de l’ovaire, bilabié au sommet, à lèvre inférieure stigmatifère. La primine est très-développée sur le micropyle et forme une caroncule. Le fruit est une capsule à déhiscence loculicide. Les fleurs sont en grappe ou en épi ; chacune est à l’aisselle d’une bractée, entourée de d'eux bractées latérales qui figurent un calicule.
Le Polygala vulgaire (P. vulgaris, L.) est une herbe vivace des prés et des collines qui fleurit en Mai et Juin. Les tiges sont couchées, puis étalées, redressées. Les feuilles de la base sont elliptiques, courtes; celles du sommet sont lancéolées. Les bractées latérales sont courtes. La racine est arrondie, longue de 2 à 3 centimètres et est émétique.
Le Polygala amer (P. amara, Jacq.) est bisannuel, vivace- 11 diffère de l’espèce précédente par les feuilles de la base, qui sont larges, obovées, par celles des rameaux, qui sont oblongues, en coin. Toute la plante a une saveur amère, et sa racine doit être préférée à celle du Polygala vulgaire.
Le Polygala de Virginie [P. Senega, L.) est une herbe vivace de l’Amérique septentrionale. Sa partie souterraine est tortueuse; ses rameaux sont dressés, garnis de feuilles lancéolées, sessiles, glabres. La partie usitée est la partie souterraine, qui est tortueuse, contournée, a 5 h lOmillim. de diamètre, est terminée au sommet par une tète bourgeonnée d’où naissent les rameaux. Elle est connue sous le nom de sènéga ou racine de Polygala de Virginie, renferme de l’acide polygallique, a une saveur âcre, piquante et une odeur nauséeuse. C’est un excitant énergique très-employé, qui devient vomitif à haute dose.
On a vanté comme racines émétiques celles du P. Poaya, Mart., du Brésil; du P. glandulosa, Kth, du Mexique.
GÉRANIAÇÉES.
RRAMER.
Le genre Kramer [Krameria, L.) se distingue nettement des Polygalas par ses sépales au nombre de quatre, cinq, peu inégaux; par ses pétales au nombre de cinq, inégaux; les deux postérieurs sont sessiles, orbiculaires, unis au tube staminal, les trois autres sont onguiculés, â longs onglets ordinairement réunis. Les étamines sont au nombre de quatre, monadelphes à la base seulement; les anthères sont biloculaires, déhiscentes au sommet par un double pore allongé en fente. L’ovaire est souvent uniloculaire, avec deux ovules collatéraux. Le fruit est globuleux, coriace, monosperme, épineux, indéhiscent. Les graines sont dépourvues d’albumen.
Le Kramer a trois étamines ( Krameria triandra, R. et Pav.) est une herbe vivace du Pérou, dont les fleurs sont tétramères, niais elles n’ont que trois étamines. Les feuilles sont très-rapprochées à la partie supérieure des rameaux; elles sont petites, ovales-oblongues, aiguës. Les fleurs sont axillaires. Les racines sont connues sous le nom de ratania ou ratanhia ; elles sont très-rameuses, ont 5 â 10 millim. de diamètre ; l’écorce est d’un brun rouge, l’intérieur est jaune rougeâtre. L’écorce est astringente, sans amertume et sert â préparer l’extrait de ratanhia, tonique et astringent très-énergique employé contre la diarrhée, la leucorrhée, la blennorrhagie, etc.
On emploie aussi, dans plusieurs contrées, le ratanhia du Texas, du Mexique , fourni par la racine du Kameria secundi- (lora, DC. ; le ratanhia des Antilles, du Brésil, fourni par les racines du Krameria Ixina, L. , et appelé aussi ratanhia Savanille ou brun.