‹ Manuel d'histoire naturelle médicaleChapitre 361 sur 524 · PERVENCHE · texte numérisé non relu

PERVENCHE

Le genre Pervenche ( Vinca, L.) comprend des plantes dont la corolle, en forme de coupe, a un limbe formé de cinq lobes en préfloraison tordue, cunéiformes, tronqués obliquement, une gorge pentagonale, sans écailles, munie de cinq plis opposés aux lobes. Les cinq étamines ont un très-court filet genouillé et une anthère courte, surmontée d’un connectif élargi et poilu. Les carpelles sont libres à la base et accompagnés de deux gros disques glanduleux alternes; le style, unique, porte près de sa partie supérieure un renflement circulaire et est terminé par une partie tronquée, poilue. Le fruit est parfois réduit à un follicule. Les graines n’ont pas d’aigrette.

La Pervenche couchée [V. minor, L.), ou petite Pervenche, est une plante vivace desbois etdes haies qui épanouit ses fleurs bleues et solitaires de Mars à Juin. Elle se reconnaît à ses divisions calicinales lancéolées, glabres, plus courtes que le tube de la corolle; à ses feuilles elliptiques, coriaces, glabres; aux longs pédoncules floraux.

La Pervenche a grandes fleurs (E. major, L.), ou grande Pervenche, est une plante vivace des haies, des buissons, du bord des ruisseaux, commune dans le centre et le midi de la France, fi fleurs plus grandes que l’espèce précédente, s’épanouissant fi la même époque. Les divisions calicinales sont linéaires, ciliées, longues comme le lube de la corolle. Les feuilles sont ovales, souvent cordées fi la base, pubesccntes et ciliées sur les bords. Les rameaux florifères soûl dressés, comme dans l’espèce précédente ; les rameaux stériles sont couchés.

On emploie souvent dans les campagnes les feuilles de la grande et de la petite Pervenche comme astringentes, vulnéraires cl imtilaiteuses,

APOCYN.

APOCYN.

Le genre Apocyn ( Apocynum , L.) se distingue des genres précédents en ce que les plantes qu’il renferme ont des fleurs à ! réceptacle légèrement concave. La corolle est en cloche, a cinq lobes en préfloraison tordue ; la gorge est munie de cinq appendices lancéolés, superposés aux divisions de la corolle. Les étamines sont incluses; les anthères sont transformées en petits cornets à leur partie inférieure. Le gynécée est entouré d’un disque de cinq glandes, et formé de deux carpelles libres, d’un style unique, conique et garni, près de son sommet, d une couionne gluante. Les ovules sont anatropes, nombreux, insérés au placenta de la face interne des carpelles. Le fruit consiste en deux follicules, et les graines sont munies d’une aigrette près du hile.

L’Apocyn a feuilles d’Andiiosème [A. androsœmi folium, L.J estime plante herbacée, vivace, de l'Amérique du Nord. Sa tige est très-rameuse au sommet. Les feuilles sont opposées, ovalesaigues, glabres. Les fleurs sont terminales, disposées en grappes de cymes. Les parties souterraines de la plante sont riches en principes amers, en sucs laiteux; réduites en poudre, on les emploie comme l’Ipécacuanha ; prises ii petite dose, elles sont considérées comme toniques. Le suc laiteux irrite et enflamme la peau.

L’Apocyn a feuilles de Chanvre {A. cannabinum, L.), ou Chanvre indien, est une espèce des mêmes régions que la précédente. Ses feuilles rappellent celles du Chanvre; elles sont allongées, oblongues, mucronées. Cette plante est drastique, émétique; le suc qu’on en relire enflamme la peau et les muqueuses.

A cette section appartiennent un grand nombre de plantes exotiques et médicinales dont les produits sont peu employés en Europe. Tels sont les Frangipaniers ( Plumier a , T.), arbrisseaux de l’Amérique tropicale riches en suc laiteux. Les Alyxia, Banks., petits arbustes océaniens dont les graines ont un albumen ruminé. Une espèce, VA. stellata, Rœm. etSeh., aromatica, I Reinw., donne une écorce connue sous le nom d’écorce d'Alyxic ' aromatique, qui est considérée comme un excellent tonique et a l’aspect de la cannelle blanche. Les Wrightia, li. Br., arbustes de

la Nouvelle-Hollande et de quelques parties de l’Asie. Le W. tincloria, R. Br., des Indes orientales, fournit, au moyen de ses feuilles, un indigo employé, et le W. antidysenterica, R. Br., de Geylan, donne une écorce tonique, â saveur amère, très-employée aux Indes orientales.

Page 1