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Manuel d'histologie experimentale

Les différentes parties de l'appareil respiratoire sont : le larynx, la trachée, les bronches et le poumon; ce dernier est logé dans la plèvre.

Pour pénétrer dans le larynx, l'air passe par les fosses nasales ou la bouche et par le pharynx. La bouche et le pharynx appartiennent au tube digestif, à propos duquel nous étudierons leurs lésions. Nous placerons ici l'étude des fosses nasales, considérées comme faisant partie de l'appareil respiratoire.

Rappelons d'abord en quelques mots l'histologie normale de ces différentes parties.

Les fosses nasales présentent à considérer plusieurs portions dont la structure est différente : 1" le vestibule des fosses nasales qui est

CORNIL ET RANVIER. II. — 1

hérissé de poils assez forts el tapissé d'un épilhélium pavimenteux stratifié ; 2° les fosses nasales proprement dites dans lesquelles on distingue la région respiratoire el la région olfactive qui correspond à la partie supérieure de la cloison, au cornet supérieur et à une partie du cornet moyen ; 3° enfin le? sinus.

La muqueuse de la région respiratoire possède sur toute sa surface, aussi bien dans les sinus que dans les fosses nasales, un épithélium cylindrique à cils vibratiles. Elle est très vasculaire et très épaisse, sauf au niveau des sinus où elle est mince et soudée à la surface osseuse qu'elle recouvre. Elle contient de nombreuses glandes muqueuses.

La région olfactive est remarquable surtout parla terminaison des nerfs olfactifs, qui se fait par des cellules épithéliales spéciales, allongées, munies d'un noyau et terminées par une extrémité en bâtonnet (Schultze). Ces cellules, cellules olfactives, sont comprises entre des cellules cylindriques ordinaires. Dans cette région, la muqueuse est plus épaisse que dans les autres. Elle est jaunâtre; elle possède des glandes utriculaires simples ou ramifiées, généralement très allongées et dont les cellules sont infiltrées de granulations pigmentaires jaunes ou brunes.

Le larynx, la trachée et les bronches présentent à considérer une membrane muqueuse qui revêt leur surface interne, une charpente [ibro-cartilagineuse, des muscles lisses ou striés, des vaisseaux et des nerfs.

La muqueuse est tapissée d'un épithélium qui est pavimenteux et stratilié sur l'épiglotte et sur les cordes vocales inférieures, cylindriques et à cils vibratiles sur tout le reste de la cavité laryngienne, aussi bien que sur la trachée et les bronches ; enfin d'un épithélium lamellaire dans les acini pulmonaires.

Le chorion muqueux est composé de deux couches : la première, située immédiatement sous l'épithélium, est composée en majeure partie dans le larynx et dans la trachée de fibres élastiques, et elle est limitée par une couche homogène de 11 pi d'épaisseur, la membrane basale, sur laquelle s'implantent les cellules cylindriques du revêtement épilhélial. Au niveau de la partie saillante de la corde vocale inférieure, la muqueuse présente de nombreuses papilles. Ces papilles, bien décrites par M. Coyne, ressemblent à celles de la face palmaire des doigts. L'épithélium qui les recouvre est pavimenteux Au-dessous de l'épithélium se trouve une membrane limitante.

HISTOLOGIE JN'OHMALE DE L APPARKIL UliSI'IUATOinE. 3

Partout ailleurs la partie superficiollo du cliorion du larynx est formée d'un tissu réticulé (Coync). Celte couclie possède un certain nombre de lolliculcs lymphatiques localises chez l'homme dans la portion de la muqueuse qui revêt le ventricule du larynx ; leur nombre approximatif est de 30 à 50; leur forme est variable, souvent ovoïde.

La seconde couche du chorion rauqueux est composée d'un tissu conjonctif et élastique qui l'unit aux plans musculaires et cartilagineux, et qui loge les glandes acineuses.

Les nombreuses glandes muqueuses ou acineuses du larynx, de la trachée et des bronches sont des glandes en grappe. 11 est assez facile de distinguer leurs ouvertures, même à l'œil nu; un grand nombre d'entre elles sont disposées sous forme d'un L dont la branche horizontale envelopperait le cartilage de Wrisberg, et dont la branche longitudinale s'enfoncerait dans le larynx au devant des cartilages aryténoïdes. Les culs-de-sac arrondis de ces glandes contiennent des cellules à mucus possédant à leur base un noyau aplati; leurs conduits sont tapissés d'un épithélium cylindrique.

La charpente fibro-cartilagineuse comprend, dans le larynx, les cartilages thyroïde, cricoïde et aryténoïde formés de tissu cartilagineux ordinaire, et l'épiglotte, les cartilages de Santorini et de Wrisberg qui sont constitués par du cartilage réticulé. Les fibres élastiques de la substance fondamentale de ces divers cartilages se continuent avec celles de la muqueuse. Les anneaux de la trachée, aussi bien que les lamelles anguleuses et irrégulières des bronches, appartiennent au tissu cartilagineux ordinaire. Ce dernier constitue à lui seul tous les cartilages du larynx chez les enfants. Les ligaments qui réunissent ces diverses pièces sont principalement composés de tissu élastique. Les ligaments crico-thyroïdien moyen et thyro-aryténoïdien inférieur empruntent leur coloration jaune à la grande abondance de ce tissu.

Les muscles destinés à mouvoir les différentes parties des voies respiratoires sont striés dans le larynx, lisses dans la trachée et dans les bronches. Ils complètent en arrière la charpente de la trachée, en prenant insertion sur les extrémités de ses cerceaux cartilagineux. Dans les bronches, ils constituent des anneaux complets qui sont visibles encore sur les bronches de 0""",2. Moleschott affirme même l'existence de fibres musculaires lisses dans la paroi des vésicules pulnionaires, lait qui est contesté par KôUiker et par la plupart des anatomistes.

La distribution des vaisseaux sanguins dans les diverses couches

de la muqueuse des voies respiratoires ne présente rien de bien spécial ; ils ibrinent un réseau capillaire superficiel. Le nerf laryngé inférieur se compose surtout de tubes nerveux larges, etle nerf laryngé supérieur de tubes minces. Ce dernier se termine dans la muqueuse en formant un réseau profond et un réseau superficiel de fibres pâles ; on y trouve de petits ganglions microscopiques.

Les bronches peuvent être divisées de la façon suivante : 1" grosses bronches qui font suite à la trachée ; 2° bronches moyennes qui ont plus de 1 -millimètre de diamètre; 3" bronches sublobulaires elintralobulaires qui pénètrent dans les lobules et s'y ramifient en bronchioles acineuses.

Les grosses et moyennes bronches possèdent quatre tuniques : une tunique externe fibreuse qui contient les cartilages bronchiques et les glandes; une tunique musculeuse; une tunique fibreuse interne, et enfin la tunique muqueuse revêtue d'un épithéliiim cylindrique à cils vibratiles.

Dans les bronches inlralobulaires, la tunique externe est plus mince et elle ne contient ni plaques cartilagineuses ni glandes ; elle est en rapport immédiat avec le tissu fibreux des alvéoles voisins; la tunique musculaire est relativement assez épaisse. La tunique fibreuse interne est riche en fibres élastiques Elle se confond avec la tunique muqueuse. Celle-ci, dans l'état de moyenne dilatation ou de rétraction des canaux bronchiques, est plissée en long de telle sorte que, sur des coupes transversales, leur lumière est limitée par une série de festons élégants.

Sur toutes ces divisions des bronches, comme sur la trachée et le larynx, le chorion muqueux se limite par une membrane basale assez épaisse, transparente, homogène, sur laquelle s'implantent les cellules cylindriques.

Les bronches intralobulaires se divisent dichotomiquement pour former les bronches acineuses. Celles-ci ne possèdent plus que quelques fibres musculaires disséminées dans une seule tunique qui est riche en fibres élastiques. Leur épithélium perd ses cils vibratiles, devient cubique et s'aplatit de plus en plus. Arrivée dans l'acinus, la bronchiole se rétrécit brusquement, puis elle s'évase pour constituer un entonnoir qui a reçu le nom de vestibule. De ce dernier partent de trois à cinq divisions qui sont les conduits alvéolaires dans lesquels s'ouvrent les alvéoles pulmonaires. L'ensemble constitué par la bronchiole terminale, le vestibule, les canaux aériens et les alvéoles s'appelle un in fundibulum pulmonaire.

STUIICTURE DU POUMON. ')

Les poumons sont composés de lobes et de lobules. Ces derniers ne sont autre cbose que le groupe des inbindibula pulmonaires où se terminent les bronches intralobulaires.

L'étude de la structure du poumon doit donc porter surtout sur les dei'nières ramifications bronchiques et les infiindibula.

Un infundibulum est constitué par un groupe d'alvéoles s'ouvrant dans une cavité commune, dans laquelle vient se terminer un ramuscule bronchique. Les alvéoles, dont le diamètre est de 0™™,20 en moyenne, sont arrondis ou polygonaux; ils peuvent se montrer, non seulement groupés dans l'infundibulura, mais aussi isolés et appendus sur le court trajet de la bronchiole terminale.

Sur une coupe mince faite sur un poumon insufflé et desséché, les alvéoles apparaissent sous forme de cavités arrondies, limitées par des cloisons composées de tissu conjonctif et de fibres élastiques. Cette charpente fibreuse du poumon est très dilatable ; elle se continue avec la paroi des dernières bronches, sert à supporter le réseau vasculaire et donne implantation à l'épithéliiim qui tapisse les cavités des alvéoles.

L'épithélium pulmonaire est composé, sur les bronches terminales,

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FiG. 1. — Cloisons et cpilhcliiim du poumon Fie. 2. — Cloisons et dpitliéliu;ii du poumon

do la grenouille, d'après Kôlliker. des petits mammifères, d'après Kôlliker.

a, vaisseaux pulmonaires injeclcs ; b, limite des cellules épitliéliales marquée par des traits noirs à la . suite de l'imprégnation d'argent; c, noyau des cellules. — Grossissement de 20J diamètres.

de cellules pavimenteuses, petites, très régulières et faciles à voir; à la surface des cavités alvéolaires, de cellules lamellaires qui ont été

mises liors de doute par les préparations faites au moyen du nitrate d'argent. A l'aide de ce réactif (fig. 4 et 2), on met en évidence les cellules épithéliales du poumon chez la grenouille, les mammifères et les enfants nouveau-nés. Ces cellules tapissent toute l'étendue des alvéoles, mais leurs noyaux siègent uniquement dans les mailles du réseau capillaire.

Les vaisseaux sanguins du poumon viennent de deux sources : les artères bronchiques, dont le rôle est surtout nutritif, et l'artère pulmonaire qui est plus spécialement préposée à l'hématose. Les ramifications de l'artère pulmonaire accompagnent les bronches dans leurs divisions et pénètrent avec elles dans les lobules. Là, elles se divisent en capillaires, forment dans les cloisons interalvéolaires un réseau à mailles très fines dont les vaisseaux ont de 6 à 11 p, de largeur et dont les mailles ont de 4 à 18 p. de diamètre. Dans l'état de retrait ou de demi-dilatation des alvéoles, ces vaisseaux sont flexueux et font saillie dans la cavité alvéolaire en soulevant l'épithélium.

Les vaisseaux lymphatiques du poumon sont très nombreux; les profonds naissent de la muqueuse bronchique, de la tunique adventice des vaisseaux sanguins, des artères pulmonaires surtout, et aussi, d'après Wiwodzoff, des parois des vésicules pulmonaires. Ils entourent les bronches et les artères pulmonaires en leur formant des gaines plus ou moins complètes.

A la surface du poumon normal, les veines pulmonaires et les vaisseaux lymphatiques dessinent des figures polyédriques qui répondent à la base des lobules. Ces vaisseaux sont entourés d'une certaine quantité de tissu conjonctif.

Sur les coupes du poumon, on reconnaît, aussi à un faible grossissement, la limite des lobules à leur enveloppe de tissu conjonctif. Dans ces gaines périlobulaires cheminent les veines pulmonaires et des lymphatiques. Au centre du lobule se trouve au contraire la bronche intralobulaire et ses ramifications. La division lobulaire de l'artère pulmonaire lui est accolée, ainsi que des vaisseaux lymphatiques. Ces vaisseaux sont entourés d'une certaine quantité de tissu conjonctif qui leur forme une gaine et qui accompagne leurs divisions et subdivisions dans l'intérieur du lobule. Cette disposition est importante à connaître pour bien localiser les lésions des bronchopneumonies et pour comprendre la disposition des tubercules pulmonaires, ainsi qu'on le verra bientôt.

La plèvre, membrane séreuse de la cavfté thorarique, présente

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