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GOMMES SYPHILITIQUES DU TESTICULE

propage aussi souvent aux ganglions lymphatiques voisins, et enfin aux poumons qui ne sont généralement pris que consécutivement.

Gommes syphilitiques. — Nous avons déjà décrit l'orchite interstitielle syphilitique à la page 660; il nous reste à parler des gommes du testicule qui s'accompagnent toujours d'une orchitc interstitielle et d'une péri-orchite, c'est-à-dire d'un cpaississement fibreux de l'albuginée et de la tunique vaginale, souvent avec union intime des deux feuillets de la séreuse.

Le testicule syphilitique, tel qu'on l'observe chez l'adulte, est de couleur gris rosé sur une coupe et présente des traînées fibreuses et des grains blanchâtres. Sa consistance est ferme, charnue, et les tubes ne se laissent plus étirer. On y voit en outre des masses easéeuses jaunâtres, de la grosseur d'un petit pois à une noisette, irrégulières, à contours sinueux ou découpés , que la pression de l'ongle ne déchire pas. Ces gommes sont entourées souvent d'une zone fibreuse. Elles ne sont jamais ramollies ni transformées en une caverne pleine de détritus ou de pus.

Suivant la description classique de Virchow, les faisceaux fibreux qui sillonnent le tissu testiculaire seraient le centre de développement des productions gommeuses. Malassez et Reclus ont donné plus récemment la relation anatomique d'un certain nombre de testicules syphilitiques (Archives de physiologie, 1881) dans lesquels ils ont étudié le mode de développement des gommes. Le tissu conjonctif de nouvelle formation qui sépare les tubes testiculaires présente entre ses fibrilles de petites cellules rondes et d'autres cellules volumineuses granuleuses contenant un ou plusieurs noyaux. Il montre de distance en distance de petits nodules inflammatoires constitués les uns par des cellules rondes (nodules lymphoïdes), les autres par de grosses cellules granuleuses (nodules épithéloïdes).

Beaucoup de nodules contiennent à la fois de petites et de grosses cellules. Ces nodules, qui constituent autant de petites gommes, sont analogues à ceux que nous avons décrits dans le foie syphilitique. Par leur réunion ils forment des nodules conglomérés. Suivant Malassez et Reclus, ces productions retentissent sur le parenchyme ambiant et déterminent une sclérose de plus en plus marquée. Les tubes séminifères sont comprimés et atrophiés; la partie externe de leur membrane propre s'épaissit, devient fibreuse, se confond avec le tissu conjonctif voisin et se rétracte, tandis que la membrane anhyste interne s'épaissit, se ride et se plisse. Leur cavité réduite ne

contienl plus que quelques cellules épithéliales en dégénérescenG& granulo-graisseuse. Cette atrophie se termine par la transformation des tubes en de simples cordons fibreux. En même temps les capillaires, les artères et les veines s'entourent d'une couche conjonctive et leur calibre diminue. Les artérioles et veinules voisines des îlots gommeux sont atteintes d'une inflammation chronique de leurs tuniques moyenne et interne avec rétrécissement de la lumière vasculaire.

Les troubles de la circulation qui résultent de cet état des vaisseaux et l'insuffisance de l'apport du sang deviennent la cause de mortifications plus ou moins étendues des îlots gommeux, de nécroses qu'on peut comparer aux nécroses syphilitiques des os. Ce& parties nécrosées, jaunâtres, s'enkystent dans une coque fibreuse. D'après Malassez et Reclus, les nodules gommeux sont le point de départ et la cause d'une orchite fibreuse interstitielle.

Si nous comparons la genèse des tubercules avec celle des nodules^ gommeux, nous voyons que les premiers entourent lès tubes testiculaires et produisent leur dilatation, leur suppuration, tandis qu'au contraire, les seconds n'ont jamais à leur centre un tube séminifére, et déterminent au contraire une atrophie qui se termine par leur transformation en un cordon fibreux. Les tubercules déterminent des foyers qui ont de la tendance à se ramollir, à suppurer, à s'ouvrir au dehors par des fistules, tandis que les gommes aboutissent à une induration caséeuse, à une momification sans aucune tendance au ramollissement. De plus, les gommes se montrent beaucoup moins souvent dans l'épididyme et dans le cordon que dans le testicule, tandis qu'on observe le contraire dans les tubercules.

La syphilis testiculaire existe aussi chez les enfants nouveau-nés. Hutinel (1) y a décrit des nodules ou gommes syphilitiques semblables aux précédentes, mais qui ne présentent pas de dégénérescence caséeuse. La syphilis testiculaire, en raison de Tétouffement et de l'atrophie complète des tubes séminifères par le tissu conjonclif,, détruit absolument la fonction du testicule.

Lymphadénome. — Le premier fait de lymphadénome testiculaire a été déterminé par Malassez. Depuis on en a publié plusieurs exem-

(1) Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, 1876.

LYMPIIADÉNOME. — CARCINOME DU TESTICULE. 671

pies. La tumeur lesticulairc est formée par du tissu réticulé typique dont les mailles sont remplies de cellules lymphatiques.

Le tissu réticulé, qui remplace le tissu conjonctif du testicule, l'orme autour des canaux séminifèrcs des bandes épaisses. Les pa-

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FiG. 223. — Coupe d'un lymphadéuome du testicule. — Grossissement de 40 diamètres. a, a, lumière des tubes séminifères. Tout le tissu appartenant à la paroi de ces tubes et le tissu conjonctif propre du testicule sont transformés en un tissu réticulé, ainsi que le montre bien nettement la figure 224 dessinée à un plus fort grossissement.

rois de ces canaux sont elles-mêmes transformées en un tissu adénoïde plus serré et leur lumière est de plus en plus rétrécie. On peut cependant distinguer encore à leur centre une lumière étroite dans laquelle se trouvent une ou plusieurs cellules indifférentes remplaçant l'épithélium des canaux testiculaires {n, fig. 224).

Carcinome. — Le carcinome est l'une des tumeurs du testicule les plus fréquentes; il s'y développe primitivement et n'est presque jamais secondaire. La tumeur n'occupe qu'un seul testicule. Elle commence par des noyaux disséminés ou par une infiltration diffuse qui s'étend rapidement et acquiert un volume assez considérable. Ce volume est du reste variable; le testicule altéré variant depuis le volume du poing, jusqu'à atteindre 4 et 5 livres et même jusqu'à 9 livres (Boyer). La tumeur débute habituellement par le testicule, mais l'épididyme est presque toujours altéré simultanément. Le

lissu nouveau apparaît d'abord autour des canaux séminifères, dans le tissu conjonctif de la glande qui est transformé en un stroma carcinomaleux; dans la partie malade, les tubes séminifères sont

FiG. 224. — Coupe d'ui lymphadéuome tlu testicule, passant à travers un tube sémiiiifère. Grossissement de 300 diamètres.

n, coupe d'un tube séminifère dont la paroi très épaissie est transfor.née en tissu adénoïde et dont la lumière très étroite présente quelques cellules libres; c, fibres du tissu réticulé ; n, cellules lymphatiques. (D'après une préparation de Malassez.)

atrophiés et étouffés par la néoformation. Au centre de la tumeur, dans la partie la plus anciennement altérée et la plus malade, on n'en trouve même plus aucune trace. Lorsque la tumeur a débuté par la partie centrale du testicule, par le rete testis ou par le corps d'Higmore, on voit habituellement en un point de sa périphérie, sous l'albuginée, une couche grise et opaque ou plus rosée que le tissu carcinomateux et qui est formée par des tubes séminifères repoussés et comprimés. Ces tubes sont eux-mêmes atrophiés, entourés d'un tissu conjonctif très vascularisé et ils ne .se laissent plus étirer. La tunique albuginée est habituellement

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conservée intncle, elle est distendue et amincie par la néoformation, qu'elle limite de toutes parts. A un moment donné cependant, l'albuginée est envahie aussi par la néoformation, et la vaginale montre des excroissances de môme nature, en même temps que l'épididyme, le cordon et les ganglions 'Jymphatiques pelviens €t rétro-pcritonéaux sont envahis. Si, d'après notre observation, les tubes séminifères ne nous ont jamais paru être le point de départ du carcinome, nous devons dire toutefois que Birch-Hirschfeld a isolé, à l'aide de l'acide chlorhydrique en solution à 15 pour 100, des tubes séminifères qui présentaient des renflements noueux et •qui s'élargissaient rapidement au moment où ils pénétraient dans ia masse morbide. D'après cet auteur, le carcinome du testicule naîtrait d'une formation nouvelle d'éléments épithélioïdes à l'intérieur des tubes séminifères. Nous n'avons pas observé ce mode de développement et nous croyons que le carcinome se développe dans le testicule par la tuméfaction des cellules de tissu conjonctif et la formation nouvelle de grandes cellules qui occupent les espaces lymphatiques.

La variété la plus commune du carcinome testiculaire est l'encéphaloïde : la surface de section est alors blanche et pâteuse, molle, ■et elle donne à la pression ou par le raclage une grande quantité de suc laiteux. A l'œil nu il est impossible de confondre une pareille tumeur avec le sarcome qui, on le sait, ne donne de suc laiteux que lorsqu'il est en décomposition cadavérique. L'encéphaloïde présente parfois un grand développement de ses vaisseaux capillaires, de telle sorte qu'il mérite le nom de carcinome hématode ; il est alors très Iriable et le tissu conjonctif est peu abondant.

Le squirrhe est extrêmement rare, à tel point qu'il est nié par plusieurs auteurs des plus recommandables. Nepveu a étudié et publié un fait de cette variété.

Le carcinome mélanique a été noté comme tumeur secondaire dans le testicule.

Dans beaucoup d'observations de tumeurs publiées sous le nom de cancer du testicule, il y a un certain nombre d'années, avec des détails histologiques insufllsants ou même sans examen microscopique, se trouve mentionnée la présence de kystes ; dans d'autres observations plus récentes, on a relaté la coexistence du carcinome et du sarcome kystique, et on a admis que le sarcome pouvait se transformer en carcinome.

Le testicule est quelquefois le siège de kystes dermoïdes. Ce sont là des raretés pathologiques.

On a aussi trouvé, en coexistence avec le sarcome, des fibres musculaires striées (Schuh, Bilroth, Rokitanski, Sanftleben, Nepveu) et des fibres musculaires lisses (Rindfleisch, Malassez, etc.).

Il existe dans la science quelques faits très rares de kystes hydatiques à échinocoques développés dans l'épididyme et dans la tunique vaginale.

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