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LÉSIONS DU TISSU CELLULO-VASCULAIRE

Soit d'abord une leucémie dans laquelle le sang chame des quanliLés considérables de globules blancs : ces globules embarrassant la circulation du sang dans les capillaires et la pression devenant plus grande en amont, ils pourront sortir des vaisseaux, à travers leurs parois, et s'épancher dans le tissu conjonctil' voisin. Il y aura là de véritables infarctus de globules blancs dans le tissu conjonctif qui avoisine les veines interlobulaires de la veine porte et autour des capillaires dans l'îlot hépatique.

Dans la fièvre intermittente chronique avec cachexie, lorsque la rate tuméfiée et indurée est atteinte de splénite interstitielle, lorsque les globules blancs contenus dans les lacunes du tissu splénique se chargent de granulations pigmentaires noires (mélanémie), le sang^ de la veine porte contient une grande quantité de ces mêmes cellules lymphatiques pigmentées. La paroi des petites veines portales interlobulaires ne tarde pas à présenter aussi du pigment noir dans se& éléments cellulaires; des cellules lymphatiques pigmentées sortent des vaisseaux et s'infiltrent dans le tissu conjonctif interlobulaire aussi bien que le long des capillaires de l'îlot. Aussi trouve-t-on presque toujours alors le tissu conjonctif enflammé et infiltré de cellules lymphatiques dont quelques-unes sont remplies de pigment. C'est Là une des variétés de la cirrhose ou inflammation chronique avec épaississement du tissu conjonctif du foie.

L'alcool dont l'abus est la cause la plus habituelle de la cirrhose hépatique agit aussi, suivant toute probabilité, par une action irritative portant directement sur les parois vasculaires et sur le tissu conjonctif qui les entoure. Dans la cirrhose alcoolique, comme dans la cirrhose palustre, le tissu conjonctif hépatique est enflammé; on y trouve, dans les périodes d'accroissement du mal, une grande quantité de cellules lymphatiques situées entre les fibres du tissu conjonctif, et bientôt il se fait une formation nouvelle de faisceaux fibreux, une sclérose des parois vasculaires qui se confondent avec ce tissu ; de véritables phlébites , des oblitérations de la veine hépatique, l'organisation fibreuse des thrombus parcourus en dernière analyse par des lacunes dans lesquelles la circulation du sang se rétablit (Sabourin), etc. Ces diverses périodes de la cirrhose durent un temps plus ou moins long et aboutissent, ainsi que nous le verrons en étudiant celte maladie dans tous ses détails, à une rétraction cicatricielle du tissu fibreux nouveau.

Dans V infection purulente, lorsque de petits abcès métastatique&

débutent dans le foie, il y a non seulement des cellules lymphatiques charriées dans le sang en plus grande quantité qu'à l'état normal et épanchées dans les tissus, mais aussi et avant tout des germes microscopiques, des micrococcus, des diplococus ou bactéries prove nant de la partie primitivement affectée et charriés de là dans le sang. Telle est la conclusion que Ton peut tirer aujourd'hui des travaux les plus récents sur cette importante question des abcès métastatiques et de la suppuration qui a éprouvé depuis vingt ans, au point de vue de sa théorie générale, tant de fluctuations en divers sens (voy. t. I, p. 135). Ainsi, dans des autopsies faites très peu de temps après la mort, pendant la guerre de 1870-71 et dans des conditions toutes spéciales, par une température très basse audessous de zéro, l'un de nous a vu de petits abcès métastatiques du foie présenter, avec les cellules lymphatiques épanchées hors des vaisseaux, les germes microscopiques précédents. De plus, il s'était fait pendant la vie une véritable fermentation putride dans ces abcès, ce dont on avait la preuve par la présence de bulles de gaz dans leur intérieur. Sur la coupe du foie atteint d'abcès pyémiques, traités par une goutte d'acide acétique cristallisable ou colorés par la safranine ou par le violet B, on voit facilement les vaisseaux capillaires plus ou moins remplis par des amas de microbes.

Les vaisseaux sont altérés tantôt primitivement, tantôt consécutivement. Parmi les inflammations primitives, nous citerons celle delà veine porte, la pyléphlébite, dans laquelle on trouve, à l'autopsie, le tronc vasculaire rempli de pus ou de fibrine coagulée. Cette affection survient encore à la suite de lésions intestinales; les ulcérations de la dysenterie des pays chauds en sont souvent le point de départ ; d'autres fois elle succède à des affections générales, et enfin il est des cas où il a été impossible de trouver la lésion primitive qui a donné naissance à la pyléphlébite. Dans tous les cas, on trouve, en ouvrant le foie, de petites collections purulentes en nombre variable, véritables abcès canaliculés qui ont la forme et la direction des rameaux de la veine porte. Ce que nous venons de dire du rôle des microbes dans les abcès métastatiques s'applique également à ceux de la pyléphlébite.

Dans la cirrhose et dans d'autres affections chroniques du foie, les parois de la veine porte et de la veine hépatique sont altérées comm.e le reste de l'organe ; là aussi la tunique celluleuse subit une sorte de cirrhose très manifeste.

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