DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE DU REIN
(uelquefois même les faisceaux du tissu conjonctif du rein. Elles trenneat parfois, après la coloration par Tiode, une couleur verte, )raiige et bleue sous l'influence de Tacide sulfurique. L'efiTet de elle transformation des tuniques des vaisseaux est de les épaissir l'une façon considérable, de telle sorte que la lumière vasculaire se étrécit progressivement et finit par se fermer. Le sang ne passe plus dans un certain nombre de glomérules tout à fait malades, et le iviD est toujours anémié. Il s'ensuit des lésions granulo-graisseuses lies cellules épitbéliales, une albuminurie et souvent des symptômes f^i-aves d'urémie, par suite de la rétention dans le sang des principes xcrémentitiels que le rein élimine à l'état normal.
Les lésions concomitantes des épithéliums, Tétat vésiculeux, l'étal ranulo-graisseux, les sécrétions muqueuses et colloïdes, les cylinilres hyalins qui obstruent les anses de Heole et les tubes droits, totites ces lésions sont les mêmes que dans les néphrites albumineuses que nous venons d'étudier. La dégénérescence amyloïde se confond ulors symptomaliquement avec la maladie de Bright.
Hais il n'en est plus ainsi dans certains faits de dégénérescence *)
amyloïde locale du rein, portant seulement sur les vasa recta de la substance médullaire et n'intéressant que très partiellement les glomérules de Malpighi. Les lésions des cellules font alors défaut. Liiten (I) a publié un certain nombre de ces cas, et Strauss (2), à propos d'une observation analogue, a insisté sur l'absence de l'albuininurie.
La dégénérescence amyloïde accompagne parfois la néphrite iotei^stitielle avec atrophie du rein et formation de petits kystes colloïdes. Aussi la retrouverons-nous bientôt quand nous étudierons ' elte forme de néphrite.
b. Dégénérescence graisseuse. — La dégénérescence graisseuse, ou adiposité pure et simple des cellules d'épithélium des reins, n'est Kénémiement pas accompagnée d'albuminurie; cependant il passe quelquefois une petite quantité d'albumine dans les urines. Ainsi, dans certains faits d'empoisonnement par le phosphore^ on observe de lalbuminurie, tandis qu'elle manque dans d'autres. On observe souvent chez les vieillards, chez les tuberculeux et dans plusieurs autres états cachectiques, une dégénérescence graisseuse partielle
(1) Zur Lehre von den amyloidet Entartung der Nieren (Berliner klinickes Wochent.. !«:«. !!•• 22 et 23).
ii) SociéU médicale de* Mpitaux» 10 juin 1881 .
de répithélium des tubuli, sans que les qualités de Turiae sokr.i sensiblement modifiées. On peut rapprocher ces faits de Télat ^n^ physiologique des cellules d'épithélium des tubuli rénaux dans plu* sieurs espèces animales, chez le chien et chez le chat en particulier L'empoisonnement par Tarsenic et par Tacide sulfurîque produit m* stéatose analogue à celle du phosphore, mais moins intense.
Le type le plus net de la dégénérescence graisseuse aiguë du r^m est celui qui succède à l'empoisonnement parle phosphore.
Chez les cobayes, six heures après l'intoxication, on observe d«^jà des modifications des cellules épithéliales, qui sont très manife^le^ vingt-quatre heures après le début de l'empoisonnement lorsqu^n examine des fragments traités par l'acide osmique. Les cellules d'-^ tubes contournés sont en place, mais leur contenu est trouble, granuleux et mélangé de très fines granulations graisseuses colorées eo noir; les noyaux, volumineux, contiennent des granulations protéiques claires et se colorent moins bien qu'à l'état normal par le picrocarmin. Le centre des tubes est occupé par un coagulum noir^ti» homogène contenant quelques boules grenues. Au quatrième jour i*l'empoisonnement, Tépithélium des tubes contournés est presquecomplètement détruit : ce qui reste du protoplasma, accolé à la pam propre, est infiltré de grosses granulations graisseuses, et on ne retrouve plus les noyaux des cellules ; celles-ci sont confondues l^ unes avec les autres. L'endothélium des capillaires intertubulaire^ et des vaisseaux glomérulaires est parfois granuleux ou granulograisseux; les cellules du revêtement externe des gloméniles sont gonllées et contiennent quelques granulations graisseuses fines.
Chez l'homme, dans l'empoisonnement par le phosphore, les reio> sont un peu plus volumineux qu'à l'état normal, ce qui est dû ^ l'accroissement de la substance corticale; leur capsule s'enlève aisément; leur surface est lisse et de couleur gris jaunâtre. La swhstance corticale, vue sur une section, est op<nque et présente la mènn' couleur uniforme en même temps qu'un degré variable de congestion. La substance médullaire, plus rouge, offre aussi une certaiof opacité, quand elle a été débarrassée du sang par le lavage. Li muqueuse du bassinet est normale.
Les préparations étudiées au microscope montrent, dans tous h^^ tubes de la substance corticale, un remplissage du protoplasnia de leurs cellules et de la lumière des tubes par des gi-anulations gni«-
DteâllftRBSCENCE GRAISSEUSE DUE A L'INTOXI CATION PUOSPHORÉE. 597
ieuses assez volumineuses, généralement plus grosses que celles qu'on observe dans les néphrites parenchymateuses. La lésion est uniformément répandue dans tous les tubes sinueux et en anses ; les tubes droits de la substance corticale sont aussi altérés, mais leur
t'piihélium contient moins de graisse que celui des tubes sinueux ; leur lumière laisse passer une grande quantité de granulations libres, lies cellules granulo -graisseuses venues de plus haut et des cylindres granuleux. Le revêtement des tubes collecteurs est à peu de chose près normal.
Au milieu de la substance corticale si profondémenl modifiée, les tilomérules paraissent normaux. Les cloisons du lissu conjonctif qui •entourent tes lubes et les capillaires sont également parfaitement normales. Ces caractères diiïérencient très nettement la stéatose simple d'avec la néphrite diffuse avec dégénérescence graisseuse des ' elluies. Nous avons vu en effet qu'on rencontre toujours, dans ceUe- 'i.des glomérules altérés, des épaississcmenls des parois hyalines lie^ tubes urinifères, une inflammation du tissu conjonctif ou de la il^éDéresceoce granulo-graisseuse des glomérules et du tissu conjoDctir intertubulaire.
Lorsque l'empoisonnement pUosphorique donne lieu au passage <it l'albumine dans les urines, le protoplasma des cellules épithéliaies est infiltré de granulations protéiques, en même temps que de graoulations graisseuses, et celles-ci sont généralement plus petites <)ue dans la stéatose sans albuminurie. Dans les cas d'albuminurie [tbosphorique, le lissu conjonctif et les vaisseaux des glomérules sont normaux comme dans la stéatose sans albuminurie.
Nous représentons ici l'état des tubes du rein dans Tune et dan^ l'autre de ces formes d'empoisonnement (voy. fig. 201 el20î).
Les cylindres charriés par les urines dans la stéatose albuminurique due au phosphore ont ce caractère particulier d'être compof»^ d'une masse grenue, contenant des molécules graisseuses, tandis qii< dans les autres lésions brîghtiques ils sont, à de très rares exceptions près, parfaitement hyalins. Les granulations graisseuses qu'on observe alors siègent en effet à la surface seulement du cylindre «{m est tout à fait hyalin au-dessous des granulations.
PlO. SOS. — TuIms 4e la substance corticale du rein dans la forme noe de rempoisonnement par le phosphore (stëatose pore).
Dans les reins gras qu'on observe chez les phthisiques, les a.cooliques et les vieillards, la sléatose est presque constamment rontpliquée de quelque autre lésion. Ainsi, chez les phthisiques et )**^ alcooliques, on a presque toujours affaire à des néphrites parenchvmateuses; chez les vieillards, à des atrophies avec condensation di tissu conjonctif et à des lésions athéromateuses des artérioles d' rein.
Dans toutes les variétés de VictèrCj la matière colorante de la Ml» passe à travers les tubes urinifères. Les mêmes phénomènes ont liru chez l'homme et chez les animaux qu'on rend ictériques. Tel esl pa exemple l'ictère produit chez les chiens dans rempoisonnement por la toluylendiamine (1).
Lorsque l'élimination du pigment biliaire est très intense, il -* produit une inflammation parenchymateuse spéciale du rein qu» nous décrivons ici, parce que les cellules d'épithélium montrent uo' dégénérescence graisseuse partielle. Les reins ictériques sont nr.
(i) Afanassiew, Uber Ictêrus und Hœmoglobinurie, etc. {Zemchrift ftr Mimw Médecin, t. VI, fasc. 4, 1883).
HÉPBBITES SYSTÉMATIQUES, INTERSTITIELLES. — CIRRHOSE. 599
pea plus volumineux qu'à l'état normal, lisses et jaunes à leur surface. La couleur jaune est nuancée de lignes verdâtres. Il en est de même de la surface de section. On voit à l'œil nu les tubes qui contiennent beaucoup de pigment biliaire se présenter comme des lignes jaunâtres. Ces tubes jaunes existent aussi bien dans la substance corticale que dans la substance des pyramides. En pressant l'extrémité conique de celles-ci, on fait sourdre de l'urine ictérique contenant des cylindres jaunes couverts de cellules épithéliales infiltrées de pigment biliaire.
Sur des sections de la substance rénale, on voit, dans un certain nombre des tubes de la substance corticale, non dans tous, une dégénérescence granulo-graisseuse des cellules; les granulations graisseuses peuvent être très volumineuses, comme dans l'empoisonnement par le phosphore. Ces mêmes cellules présentent du pigment biliaire. Il y a même quelquefois de véritables cristaux de bilirubine enfermés dans les cellules. Le tissu conjonctif péritubulaire montre aussi du pigment biliaire et même des cristaux de bile. La lumière des tubes contient parfois de ces cellules desquamées et des cylindres hyalins. On a la preuve que ces cellules rénales contiennent, pendant la vie, du pigment biliaire, car les urines montrent des cylindres et des cellules pigmentées pendant la vie des ictériques. Cet état du rein ne s'accompagne que rarement d'une albuminurie notable.
La dégénérescence la plus intense des cellules rénales qui soit liée à l'ictère est celle qu'on observe dans l'ictère grave.
KÉPHRfTES SYSTÉMATIQUES. — NÉPHRITES INTERSTITIELLES. — CIRRHOSE