TUBERCULES DU TESTICULE
Tubercules. — La tuberculose du testicule peut être la première lanifestation de la tuberculisatioA des organes génito-urinaires, lors qu'il n'y a pas encore de lésions pulmonaires. Elle peut déluter par le testicule, mais plus fréquemment c'est Tépididyme ou s canal déférent qui est le premier affecté.
Quelquefois des granulations miliaires très petites, à peine visibles iTœil nu, siègent sur la tunique vaginale et dans le testicule luinème, où elles entourent les canalicules spermatiques. Ces granulaions, semi-transparentes d'abord, deviennent ensuite caséeuses à leur ^entre. 11 n'est pas douleux que les granulations à leur début se développent autour des canalicules spermatiques. Dans un cas, Maassez a vu qu'on pouvait encore étirer les conduits spermatiques et qu'ils présentaient en certains points une tuméfaction, un petit Qodule qui les entourait de toutes parts et que ce nodule n'était lutre qu'une gi*anulalion tuberculeuse. En examinant ces canalicules au niveau de la nodosité, il a reconnu que les lamelles de la membrane propre du canalicule étaient écartées par un dépôt abondant de petites cellules lymphatiques, de telle sorte que cette membrane était très notablement épaissie en ce point.
Au môme niveau, la lumière du tube était agrandie et non diminuée comme on aurait pu le supposer à priori; les cellules épithéliales y étaient granuleuses et unies les unes aux autres par une substance grenue. Sur une section du testicule infiltré de ces granulations tuberculeuses en voie de développement, on voyait une accumulation de petites cellules lymphatiques formant une zone circulaire autour d'un canal séminifère dont la cavité élargie était pleine de cellules épithéliales subissant la transformation caséeuse. Les espaces lymphatiques et les vaisseaux sanguins compris dans le tissu de la granulation pétaient remplis d'un coagulum ôbrincux enserrant des cellules lymphatiques et des cellules endothéliales. Le tissu conjonctif des cloisons intertubulaires montrait aussi des cellules lymphatiques autour de la granulation dont le tissu se perdait insensiblement dans les parties voisines.
Sur les sections de granulations plus volumineuses, on pouvait encore reconnaître à leur centre une partie caséeuse qui correspondait à la lumière d'un canalicule rempli de cellules, tandis que, dans la zone de prolifération périphérique, les tubes séminifères étaient atrophiés par compression et plus étroits qu'à l'état normal.
Tizzoni et Gaule, dans un travail plus récent sur le tubercule du
testicule, donnent comme conclusion que raffection débute par ute néoformation de Tépithélium des tubuli.
Les cellules géantes s'observent habituellement dans les mass*!^ tuberculeuses du testicule, où elles offrent la même disposîlion quf dans tous les tubercules. Elles naisseni parfois dans la lumière mètiK des tubes testiculaires.
Lorsque les tubercules du testicule deviennent plus volumineux et se réunissent en groupes, leur centre devient caséeux et se iv mollit. La partie centrale ramollie et suppui^ée correspodd toujours, au début, à la cavité d'un tube séminifëre agrandi; mais lorsqut cette cavité s'étend par ulcération, tous les tissus devenus caséeiuàb partie centrale des tumeurs subissent indistinctement une ity truction moléculaire. Il n'est pas rare de voir plusieurs centra caséeux se réunir et former une seule caverne.
Les bacilles sont quelquefois très rares dans les testicules dooi les tubercules remontent a plusieurs années.
Les tubercules, ainsi que nous l'avons dit tout d'abord, sont le :. de débuter toujours par le testicule même ; plus ordinaireroeni iU se localisent d'abord à l'épididyme, au rete testis ou au canal d^krent. Dans le canal déférent et dans l'épididyme, ils se moolreo. sous forme de nodosités habituellement nombreuses, en chapti^ tout le long du canal. Les nodosités volumineuses qui doublent *»> triplent le diamètre du canal et qui ont une forme ovoïde ou sphrrique, consistent dans une infiltration de la paroi propre du raru. par de petites cellules lymphatiques, en même temps que le re\èt^ ment épithélial de la muqueuse a proliféré et que des cellule^ ^.'ranuleuses remplissent la lumière dilatée du canal. 11 se produit aiodi. sur un conduit plus considérable il est vrai, la môme lésion qu^ dans les tubes séminifères. Le contenu caséeux jaunâtre du oonduii se ramollit et sa paroi présente à un moment donné une de>trui" tion suppurative avec ulcération caséeuse. En même temps il h fait, dans le tissu conjonctif voisin, un travail d'inflammation chronique en vertu duquel des adhérences unissent les points malade> à la peau. Il s'établit ainsi des Cstules cutanées ouvertes au scrotum, communiquant, soit avec l'épididyme et le cordon, îo^ avec le testicule.
Les tubercules de l'épididyme et du cordon se compliquent souvent de tubercules des vésicules séminales, de la prostate, de b vessie, de tout le système génito-urinaire, en un mot. La lésion .v'
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ropage aussi souvent aux ganglions lymphatiques voisins, et enfin ux poumons qui ne sont généralement pris que consécutivement.
Gommes syphilitiques. — Nous avons déjà décrit Torchite in- ^rstitielle syphilitique à la page 660; il nous reste à parler des ommes du testicule qui s'accompagnent toujours d'une orchite Qlerslitielle et d'une péri-orchite, c'est-à-dire d'un épaississement ibreiix de l'albuginée et de la tunique vaginale, souvent avec union Dtînne des deux feuillets de la séreuse.
Le testicule syphilitique, tel qu'on l'observe chez l'adulte, est de ouleur gris rosé sur une coupe et présente des traînées fibreuses 't des grains blanchâtres. Sa consistance est ferme, charnue, et les ubes ne se laissent plus étirer. On y voit en outre des masses :aséeuses jaunâtres, de la grosseur d'un petit pois à une noisette, irrégulières, à contours sinueux ou découpés, que la pression de l'ongle ne déchire pas. Ces gommes sont entourées souvent d'une zoae fibreuse. Elles ne sont jamais ramollies ni transformées en une caverne pleine de détritus ou de pus.
Suivant la description classique de Yirchow, les faisceaux fibreux qui sillonnent le tissu testiculaire seraient le centre de développement des productions gommeusss. Malassez et Reclus ont donné plus récemment la relation anatomique d'un certain nombre de testicules syphilitiques {Archives de physiologie, 1881) dans lesquels ils ont étudié le mode de développement des gommes. Le tissu conjonctif de nouvelle formation qui sépare les tubes testiculaires présente <intre ses fibrilles de petites cellules rondes et d'autres cellules voluroineuses granuleuses contenant un ou plusieurs noyaux. Il montre (le distance en distance de petits nodules inflammatoires constitués les uns par des cellules rondes (nodules lymphoides), les autres par de grosses cellules granuleuses (nodules épithéloïdes).
Beaucoup de nodules contiennent à la fois de petites et de grosses cellules. Ces nodules, qui constituent autant de petites gommes, sont analogues à ceux que nous avons décrits dans le foie syphilitique. Parleur réunion ils forment des nodules conglomérés. Suivant Malassez et Reclus, ces productions retentissent sur le parenchyme ambiant et déterminent une sclérose de plus en plus marquée. Les tubes séminifères sont comprimés et atrophiés ; la partie externe de leur membrane propre s'épaissit, devient fibreuse, se confond avec le tissu conjonctif voisin et se rétracte, tandis que la membrane anhysle interne s'épaissit, se ride et se plisse. Leur cavité réduite ne
contient plus que quelques cellules épithélialés en dégénéresceD<> granulo-graisseuse. Cette atrophie se termine par la IransfomiatioD des tubes en de simples cordons fibreux. En même temps les capillaires, les artères et les veines s'entourent d'une couche conjonctiv et leur calibre diminue. Les artérioles et veinules voisines des iloU gommeux sont atteintes d'une inûammation chronique de leur^ tuniques moyenne et interne avec rétrécissement de la lumière \ây culaire.
Les troubles de la circulation qui résultent de cet état des vai>seaux et Tinsuffisance de l'apport du sang deviennent la cause i*mortifications plus ou moins étendues des Ilots gororoeux, de ni^croses qu'on peut comparer aux nécroses syphilitiques des os. G*> parties nécrosées, jauniltres, s'enkystent dans une coque fibreuse. D'après Malassez et Reclus, les nodules gommeux sont le poiol i^ départ et la cause d'une orchite fibreuse interstitielle.
Si nous comparons la genèse des tubercules avec celle des noduI»> gommeux, nous voyons que les premiers entourent lés tubes tesiiculaires et produisent leur dilatation, leur suppuration, tandis qu'au contraire, les seconds n'ont jamais à leur centre un tube séminirèrr-. et déterminent au contraire une atrophie qui se termine par leur transformation en un cordon fibreux. Les tubercules détermioeoi des foyers qui ont de la tendance à se ramollir, à suppurer, â s'ouvrir au dehors par des fistules, tandis que les gommes aboutissent à une induration caséeuse, à une momification sans aucao*tendance au ramollissement. De plus, les gommes se moatren^ beaucoup moins souvent dans l'épididyme et dans le cordon qii^ dans le testicule, tandis qu'on observe le contraire dans les tubercules.
La syphilis testiculaire existe aussi chez les enfants nouveau-nés. Ilulinel (1) y a décrit des nodules ou gommes syphilitiques semblables aux précédentes, mais qui ne présentent pas de dégénérescence caséeuse, La syphilis testiculaire, en raison de l'étouffemeDl el de l'atrophie complète des tubes séminifères par le tissu conjondif, détruit absolument la fonction du testicule.
Lymphadénome. — Le premier fail de lymphadénome lesliculaiiv a été déterminé par Malassez. Depuis on en a publié plusieurs eseis-
(1) Revue metmieUe de médecine et de chirurgie, 1876.
LYMPHAD^HOME. — CARCINOME DU TESTICULE. 671
les. La tumeur teslîcutaire est formée par du tissu réticulé typique oDt les mailles sont remplies de cellules lymphatiques. Le tissu réticulé, qui remplace le tissu conjonctif du testicule, >rmt> autour des canaux sémiaiFères des bandes épaisses. Les pa-
rie. R3. — Coupe (Tiui lymphid^iiome du ttilicule. — Cnniitwra«nl de M dïimilrai. < a. lumiora dn lub» itatiaittni. Taal le liiiu uppirlenul k le pITol de c« tubM el le Uua cuiijanciiC propre dn leiiicnk loiil InniformJi en en ilien réticulé, tieii rgoe ]<; noatre bien ull^nnl la àgurt ttt deitlnde ■ an phu Ferl Enuiiininerl.
rois de ces canaux sont elles-mêmes transformées en un tissu adi^noïde plus serré et leur lumière est de plus en plus rétrécie. On |i''ut cependant distinguer encore à leur centre une lumière étroite ilans laquelle se trouvent une ou plusieurs cellules indifférentes remplaçant l'épithélium des canaux lesticulaîres (n, fig. ââ4).
Carcinome. — Le carcinome est l'une des tumeurs du testicule les plus fréquentes; il s'y développe primitivement et n'est presque jamais secondaire. La tumeur n'occupe qu'un seul testicule. Elle commence par des noyaux disséminés ou par une infiltration diffuse qui s'étend rapidement et acquiert un volume assez considérable. He volume est du reste variable ; le testicule altéré variant depuis le volume du poing, jusqu'à atteindre 4 et 5 livres et même jusqu'à 9 livres (Boyer). La tumeur débute habituellement par le testicule, mais l'épididyme est presque toujours altéré simultanément. Le
tiasu Bouveau apparaît d'abord autour des caaaiu séimailires, dui le tissu coDJoDctif de la glande qui est transformé en un slron carcioomaleui ; dans la partie malade, les tubes sémiiùtèfes sont
Fie. 114 — Coap«it'i
1 on Inb» wimiaUm-
pluliqiMi. (D'aprii uns |>rï|Mir*llon de Hilniin.)
ntrophiés et étouffés par la néoformalion. Au centre de la tumeur, dans la partie la plus aneienuement altérée el la plus malade, u n'en trouve même plus aucune trace. Lorsque la tumeur a débuit par la partie centrale du testicule, par le rete testis ou par l<^ corps d'Higmore, on voit habituellement en un point de sa périphérie, sous l'athugiuée, une couche grise et opaque ou pin? rosée que le tissu carcinomateux et qui est formée par de$ tiil)e> séminifères repoussés et comprimés. Ces tubes sont eui-mèrncï atrophiés, entourés d'un tissu conjonctiT très vascularîsé el ils h se laissent plus étirer, La tunique albuginée est habituellemeoi
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conseiTée iniacle, elle est distendue et amincie par la néoformatioD, qu'elle limite de toutes parts. A un moment donné cependant, Talbuginée est envahie aussi par la néoformation, et la vapnale montre des excroissances de môme nature, en même temps que répididyme, le cordon et les ganglions 'lymphatiques pelviens el rélro-périlonéaux sont envahis. Si, d'après notre observation, les tubes séminifères ne nous ont jamais paru être le point de départ <lu carcinome, nous devons dire toutefois que Birch-Hirschfeld a isolé, à l'aide de l'acide chlorhydrique en solution à 15 pour 100, des tubes séminifères qui présentaient des renflements noueux et qui s'élargissaient rapidement au moment où ils pénétraient dans la masse morbide. D'après cet auteur, le carcinome du testicule naîtrait d'une formation nouvelle d'éléments épithélioïdes à l'intérieur des tubes séminifères. Nous n'avons pas observé ce mode de développement et nous croyons que le carcinome se développe dans le testicule par la tuméfaction des cellules de tissu conjonctif et la formation nouvelle de grandes cellules qui occupent les espaces lymphatiques.
La variété la plus commune du carcinome testiculaire est l'encéphaloîde : la surface de section est alors blanche et pâteuse, molle, et elle donne à la pression ou par le raclap^e une grande quantité de suc laiteux. A l'œil nu il est impossible de confondre une pareille tumeur avec le sarcome qui, on le sait, ne donne de suc laiteux que lorsqu'il est en décomposition cadavérique. L'encéphaloïde présente parfois un grand développement de ses vaisseaux capillaires, de telle sorte qu'il mérite le nom de carcinome hématode ; il est alors très iriable et le tissu conjonctif est peu abondant.
Le squirrhe est extrêmement rare, à tel point qu'il est nié par plusieurs auteurs des plus recommandables. Nepveu a étudié et publié un Tait de cette variété.
Le carcinome mélanique a été noté comme tumeur secondaire dans le testicule.
Dans beaucoup d'observations de tumeurs publiées sous le nom de cancer du testicule, il y a un certain nombre d'années, avec des détails histologiques insuffisants ou même sans examen microscopique, se trouve mentionnée la présence de kystes ; dans d'autres observations plus récentes, on a relaté la coexistence du carcinome ci du sarcome kystique, et on a admis que le sarcome pouvait se transformer en carcinome.
Le testicule est quelquefois le siège de kysles dermoides. Ce soDt là des raretés pathologiques.
On a aussi trouvé, en coexistence avec le sarcome, des fibres musculaires striées (Schuh, Bilroth, Rokitanski, Sanfllebea, Nepveii) ei des fibres musculaires lisses (Rindfleisch, Malassez, etc.).
Il existe dans la science quelques faits très rares de kystes hydatiques à échinocoques développés dans Tépididyme et dans la tunique vaginale.