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CRISTAUX DE CHARCOT

On peut encore trouver dans le sang des cellules épithéliales, dans la veine porte par exemple, au cours d’un cancer de l’estomac propagé

Grossissement de 450 diamètres.

Cristaux isolés; cristaux rompus, modes de rupture les plus ordinaires; cristaux groupés. — a, cristaux modifiés par l’action de l’acide azotique ; b, cristaux traités par l’eau chaude et représentés, soit au moment où la chaleur commence à les dissoudre (vers 60 degrés), soit au moment où ils se reforment après leur dissolution. ^

au foie, au cours d’un cancer des voies biliaires ayant envahi la veine porte; mais il n’arrive pour ainsi dire jamais que ces éléments étran-

fer et qui se forme au centre des foyers hémorragiques (Virchow); il ne correspond pas à un composé chimique défini ; le pigment ocre ou hémosidérinë ( sidérine de Quincke, rubigine d’Aucher et Lapicque), pigment amorphe qui est un hydrate ferrique probablement en combinaison avec des substances albuminoïdes. Ce pigment a les réactions microchimiques des sels ferriques : il bleuit par l’action successive du ferrocyanure de potassium et de l’acide chlorhydrique; il noircit par l’action du sulfure d’ammonium. Pour obtenir ces réactions sur des coupes on fait agir successivement une solution de ferrocyanure de potassium à 2 pour 100, puis une solution d'acide chlorhy- . drique à 0,5 pour 100. On monte dans la glycérine. L’hémosidérine est bleue. Pour obtenir la réaction noire du pigment, on fait agir une solution concentrée et froide de sulfure d’ammonium jusqu’à coloration noire, on lave dans l’eau et on monte dans la glycérine. La réaction du sulfure d’ammonium peut être produite par d’autres métaux que le fer (plomb, mercure, argent). C’est ce pigment ferrique ou hémosidérinë qui s’accumule dans les viscères et surtout dans le foie dans de nombreux états pathologiques où se produisent des destructions globulaires rapides (anémie pernicieuse, diabète, paludisme chronique, cirrhose, etc.). C’est Thémosidérose de Quincke, que cet auteur a pu reproduire expérimentalement par injection de sang dans la cavité péritonéale, et dont il a démontré ainsi l’origine hémoglobique.

U hémofuchsine trouvée par Rechlinghausen dans les fibres musculaires lisses, le pigment des fibres cardiaques, la mélanine des lésions du paludisme, la mélanine des tumeurs mélaniques, la mélanine de la maladie d’Addison n’ont pas les réactions des sels de fer et leur origine hémoglobique n’est pas encore démontrée.

CORNIL ET RANVIER. — II.

gers soient observés dans le sang des capillaires cutanés, le seul qu’on examine cliniquement. On y a cependant observé quelquefois des cellules qu’on a attribuées à des néoplasmes concomitants, ou qu’on a considérées comme des cellules endothéliales.

Autrefois, lorsqu’on observait des symptômes fébriles et graves à la suite de la rétention du pus, on croyait à un réel passage du pus dans le sang; l’augmentation des globules blancs que l’on y observait le plus souvent semblait autoriser davantage encore la théorie de la résorption purulente. Aujourd’hui, nous savons que le pus ne passe pas en nature dans la circulation générale, et que ce qui passe, ce sont les poisons formés dans le pus. Cependant, il est possible que dans le phlegmon par exemple, lorsque la poche contient des aEtères et des veines ulcérées, de petites quantités de pus puissent passer en nature dans le sang et la circulation; générale; mais le fait n’a jamais été constaté de visu -

Rappelons ici que dans certains cas de leucémie, les globules blancs, en nombre considérable, peuvent, par leur propriété de s’accoler aux parois capillaires, déterminer des thromboses (thromboses blanches) (Ranvier).

Enfin Charcot et Robin ont signalé dans le sang des cristaux octaédriques retrouvés depuis par un certain nombre d’auteurs dans la leucémie. Les cristaux de Charcot ne se forment dans le sang leucémique qu’ après la mort. Ils apparaissent comme des octaèdres très allongés ou des corps fusiformes transparents, incolores, insolubles dans l’eau froide, solubles dans l’eau à 60 ou 70 degrés, insolubles dans l’éther, le chloroforme, la glycérine et l’alcool, solubles dans la plupart des acides et les alcalis étendus, insolubles dans l’acide azotique qui les déforme seulement (1).

Sur le cadavre également, on a rencontré des Cristaux de tyrosine dans le sang de malades ayant succombé à l’ictère grave, On ne les observe pas dans le sang sur le vivant; cependant, comme on les a vus dans les urines de ces malades, on peut penser que cette substance existait dans le sang pendant la vie, mais qu’elle n’a cristallisé qu’ après la mort et souvent grâce à la putréfaction.

Mais, à côté des éléments qui, par leur volume, peuvent déterminer des obstructions vasculaires, les corps étrangers du sang les plus importants à connaître sont les parasites.

(1) Quelques auteurs les considèrent comme identiques de spermine obtenus par Poehl, Ladenburg.

aux cristaux de phosphate

PARASITES

E. — Parasites du sang.

Les parasites du sang sont des parasites végétaux et des parasites animaux.

Parasites végétaux.

Ce sont les microbes, les schyzomycètes. Aujourd’hui, on sait que la plupart des maladies infectieuses et contagieuses sont dues à la présence, dans l’organisme, de ces parasites microscopiques, et l’on attribue à la circulation générale un rôle très important dans la généralisation des lésions causées par eux. Cependant on ne retrouve dans le sang, d’une façon constante, de microbes définis, que dans un très petit nombre de maladies ; dans d’autres, on ne les trouve que d’une

Fig. 120. — Sang de eobaye. Charbon. Bactéridie charbonneuse dans le sang. — Dessiccation * Sublimé. Eosine. Bleu de méthylène. — Grossissement de 800 diamètres.

façon exceptionnelle; encore sont -ils presque toujours trop peu nombreux pour que l’examen direct du sang en décèle la présence, il faut s’adresser aux cultures; enfin, dans le plus grand nombre des maladies infectieuses, on ne trouve pas de microbes dans le sang de la circulation générale.

Bactéridie charbonneuse. — Ce micro-organisme fut découvert par Davaine, en 1850, dans le sang de moutons inoculés par Rayer avec du sang charbonneux. En 1863, il affirma qu’il était la cause de la maladie ; ses expériences et celles de Pasteur réussirent à le prouver. Les bactéridies apparaissent dans le sang frais, où il est facile de les voir, comme de minces filaments rectilignes réfringents, de 5 à 20 ^ de

longueur, de 1 |tà 1 |t 5 de largeur, qui, à un grossissement suffisant, se voient formés d’articles séparés et réunis par des espaces clairs fort courts. Les bactéridies sont immobiles.

Chez les individus atteints de pustule maligne, le bacille du 'charbon n’existe dans le sang que quelques heures avant la mort

Obermeier le vit pour la première fois atteints de fièvre récurrente, et il

affirma, en 1873, qu’il était la cause de cette maladie. Ce microorganisme se présente dans le sang frais sous la forme d’un filament mobile de 15-40 [i. de longueur, d’une minceur extrême et contourné sur lui-même en formant un certain nombre de tours de spire. Il n’existe dans le sang de la circulation générale que pendant la période fébrile; pendant la période apyrétique, comme on a pu le constater chez le singe inoculé, on le trouve en grande quantité dans la rate (Metchnikoff).

La bactéridie charbonneuse et la spirille d’Obermeier sont les deux seuls microbes définis qu’on trouve d’une manière constante dans le sang de l’homme.

Fig. 121. —

Sang du singe. Spirilles d’Obermeier. Coloration par le violet de gentiane (d’après Soudakewitch).

PARASITES

Le streptocoque a été trouvé très souvent dans le sang, au cours des septicémies et pyohémies aiguës (4). Il a été constaté depuis longtemps dans le sang des femmes atteintes d’infection puerpérale (Orth, Pasteur, Doléris); il a été vu dans l’infection purulente chirurgicale (Eiselsberg, Arloing et Chantre); dans les septicémies médicales (endocardite infectieuse, etc.); au cours de la scarlatine (Raskin); dans la phtisie pulmonaire, chez les individus atteints de fièvre hectique. Cependant chez les phtisiques, Straus, puis Vaquez ont toujours obtenu des résultats négatifs. Dans l’érysipèle, la plupart des ensemencements ont été négatifs.

Le staphylocoque a été trouvé dans le sang au cours de différentes septicémies (infection puerpérale, suppuration à staphylocoque, ostéomyélite, furonculose).

Le pneumocoque a été rencontré dans quelques cas, surtout dans des cas graves.

Le bacille d’Eberth a été souvent rencontré dans le sang des taches rosées et constamment dans le sang de la rate. Les résultats obtenus par l’ensemencement du sang du doigt ou du sang d’une veine du bras ont été au contraire très inconstants. Cependant, récemment, J. Courmont l’aurait mis en évidence d’une façon constante, dès les premiers jours de la maladie par l’ensemencement du sang de la veine d’un bras.

Les bacilles de La tuberculose ont été mis en évidence, mais en petit nombre, dans le sang des malades atteints de granulie. Le mi-, crobe de la peste a été rencontré dans le sang dans la plupart des cas graves.

Le bactérium coli a été observé dans le sang dans quelques septicémies. On a observé exceptionnellement le bacille de la morve, celui de la lèpre, et le bacille de Pfeiffer.

Il importe, dans ces différentes observations, de savoir si le sang a été prélevé sur le vivant au cours de la maladie, ou pendant l’agonie, ou sur le cadavre. En effet, on sait que les microbes des cavités naturelles envahissent le cadavre après la mort (Herman et Wurtz).

Mais, déjà même pendant l’agonie, les microbes des cavités naturelles peuvent pénétrer dans le sang (Wurtz, Achard et Phulpin). On

(1) Sauf dans le charbon et dans la fièvre récurrente, la recherche des microbes du sang ne peut guère être faite par l’examen direct ; ils sont le plus souvent trop peu nombreux et il faut s’adresser aux cultures. On doit recueillir le sang après désinfection de la peau, dans une veine du pli du coude, soit au moyen d’une seringue stérilisée (Strausj, soit au moyen d’une simple aiguille de platine flambée, le sang s’écoulant directement de l’aiguille dans le tube à ensemencement (Griffon).

a pu réaliser expérimentalement ce passage en empoisonnant les animaux par l’arsenic et par l’alcool (Wurtz), en les soumettant au surmenage, à l’asphyxie, à la réfrigération (Bouchard). Il faut naturellement tenir compte de ces faits lorsqu’on analyse les résultats donnés par les examens bactériologiques du sang.

Parasites animaux.

On les désigne généralement sous le nom d’hématozoaires. Ce terme ne correspond pas à une espèce définie, car ces parasites appartiennent à des espèces très différentes.

Hématozoaire du paludisme (Hœmamœba malariæ), découvert par Laveran en 1880. C’est un protozoaire qui se présente dans le sang sous des formes variées, qu’on peut ramener aux quatre types suivants :

1) Corps sphériques, type le plus fréquent, de diamètre variable, de 1 à 8 y., les plus gros contenant des grains de pigment disposés souvent en couronne régulière. On les trouve libres ou accolés aux globules rouges ; ils possèdent un noyau excentrique difficile à mettre en évidence.

2) Flagella, filaments mobiles partant des bords de certains corps sphériques minces, réfringents, de 21-28 |x de long, qui se détachent du corps sphérique, et devenus libres continuent à se mouvoir. On ne peut guère les reconnaître que dans les préparations de sang frais. Les récentes recherches de Schaudinn, de Siedlecki et de Mac Callum tendent à montrer que les flagelles sont des éléments mâles destinés à féconder des éléments femelles représentés par des corps sphériques.

3) Corps en croissants , éléments cylindriques recourbés en forme de croissants, ayant 8-9 ^ de long sur 2 g. de large. Ils portent à leur partie moyenne des grains de pigment. On aurait pu observer in vitro la transformation des croissants en corps sphériques (Laveran). Les croissants représenteraient ainsi une forme enkystée de l’hématozoaire du paludisme (Laveran).

4) Corps segmentés ou en rosace, dus â la segmentation des corps sphériques; ils correspondraient ainsi à la phase de reproduction des corps sphériques (Golgi). Les corps segmentés font souvent défaut dans le sang des paludéens, et ils ne sont pas particuliers à telle ou telle forme clinique.

L’hématozoaire de Laveran ne se trouve dans le sang que pendant

PARASITES

les accès, surtout au début des accès, et chez les malades qui depuis longtemps n’ont pas pris de quinine.

Certains auteurs ont décrit plusieurs espèces distinctes de parasites des fièvres palustres. Laveran a montré que ce sont là simplement des variétés d’un même parasite, variétés qu’il ramène à deux principales (Hœmamœba malariæ, var. parva; Hœmamœba malariæ, var. magna).

1, 2, 3, 4, globules rouges auxquels adhèrent de petits corps sphériques pigmentés; 5, petits corps sphériques pigmentés libres ; 6, 7, corps sphériques avec flagella ; 8, 9, 10, différentes phases de l’évolution des corps segmentés ; 11, corps en croissant libre 12, 13, corps en croissant accolés aux globules rouges (d’après Laveran).

Les recherches de Ross, deManson, de Koch tendent à montrer que l’évolution de l’hématozoaire du paludisme se fait dans le corps des moustiques (culicidés). L’infection du sang de l’homme, du moins dans un grand nombre de cas, serait ainsi la conséquence de la piqûre de ces insectes.

L’hématozoaire de Laveran est le seul sporozoaire connu du sang de l’homme. Mais des sporozoaires très- voisins de lui ont été étudiés dans le sang de certains reptiles, batraciens et oiseaux, en particulier dans le sang des oiseaux. Smith et Kilborne (1889) ont observé dans le sang des bœufs atteints de la fièvre du Texas, des hématozoaires dont l’aspect rappelle certaines formes de l’hématozoaire du paludisme.

552 histologie pathologique du sang

Les autres parasites du sang de l’homme sont des vers, des helminthes.

Fig. 123. Sang de l’homme. Embryons.de Filaire. D’après Lewis (figure empruntée à Blanchard).

Grossissement de 400 diamètres.

Filaria sanguinis hominis; ver nématode, découvert par Demarquay en 1863 dans le liquide chyleux d’un éléphantiasis des bourses. Le ver adulte est parasite des vaisseaux sanguins et lymphatiques. Il donne naissance à des embryons découverts dans le sang par Lewis en 1872 et qui sont déversés en grand nombre pendant le sommeil de la nuit dans la circulation générale. Ils y apparaissent à ce moment comme de petits vers, animés de mouvements rapides, longs de 125 à 300 [jl, larges de 7 à 11 jjl. La présence de ces parasites dans l’organisme cause la maladie connue sous le nom d’pléphantiasis des Arabes.

Bilharzia haematobia, ver trématode de Fig. 124. - Bilharzia hœmatobia. la famille des distomes, découvert en 1851

Mâle renfermant la femelle par Bilharz dans le sang de la veine porte.

dans sa ramure ventrale. — 1 ° 1

D’après Bilharz (figure em- Le mâle est long de 11 à 14 millimètres et

pruntée à Blanchard).

gros a peu près comme un oxyure; la femelle est plus longue et plus ténue. La bilharzie se trouve à l’état

SÉRUM

adulte dans la veine porte et ses branches, la veine rénale et les plexus veineux de la vessie et du rectum; on ne la rencontre pas dans le sang de la circulation générale. Le parasite se nourrit de sang, on trouve des globules rouges dans son tube digestif. L’hématurie est la manifestation la plus fréquente de la bilharzie.

Distoma hepaticum est seulement un parasite accidentel du sang de l’homme. C’est un ver plat lancéolé, de l’ordre des trématodes, ayant 2 à 4 centimètres de long. Il vit normalement dans les canaux biliaires du foie du mouton, mais il a été rencontré un certain nombre de fois dans les voies biliaires de l’homme. Enfin il existe quelques faits montrant que, d’une façon très exceptionnelle, ce ver peut pénétrer dans les vaisseaux sanguins.

Les kystes hydatiques causés par le tœnia echinococcus peuvent se développer dans les parois du cœur et s’ouvrir dans les cavités de cet organe; ria> 1Z0< mstoma les hydatides, libres alors dans le sang du cœur, hepaticum de gran-

J 7 e» 7 deUp naturelle, vu par

peuvent passer dans les gros vaisseaux et produire la face ventrale. D’a-

. , .. rv • . , . près Blanchard.

des embolies, comme Davame en a rapporte plusieurs exemples.

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