‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 165 sur 210 · C. Glycérine concentrée · texte numérisé non relu

C. Glycérine concentrée

(La coloration est obtenue en laissant le morceau au moins quarante-huit heures dans le mélange colorant, pas plus de trois jours. Lavage soigné dans l’eau distillée fréquemment renouvelée; puis, laisser le morceau dans l’eau distillée, au moins vïngt-quatre heures.)

3° Inclusion à la celloïdine ou à la paraffine.

Méthode de Bethe (1898).

Voici les quelques indications données par Bethe sur sa méthode.

1° Fixation des pièces. — Chez les Hirudinés, l’alcool, le sublimé, l’acide picrique, l’acide azotique sont d’excellents fixateurs, employés dans les proportions habituellement recommandées pour les éludes cytologiques. Chez le Carcinus mœnas, Bethe conseille la fixation des pièces du système nerveux à l’aide d’une solution d’acide azotique à 5 pour 100 (vingt-quatre heures); c’est le fixateur le moins mauvais, bien qu’il laisse après lui des dépôts et précipités qui gênent les colorations. On peut éviter ces dépôts en fixant avec une solution d’acide picrique concentrée; mieux, avec :

Solution d’acide picrique concentrée . 5 parties.

Solution de picrate d’ammoniaque concentrée . 1 partie.

(La fixation, dans ce cas, est moins bonne que celle obtenue avec l’acide azotique.)

2° Coloration. Bethe, guidé par l’idée que la substance colorable des fibrilles primitives est une base, fait agir tout d’abord l’acide molybdique sur les pièces convenablement fixées; il en résulte une combinaison de cet

COLORATIONS DES CYLINDRAXES

acide avec la substance basique des fibrilles primitives. Puis, employant un colorant basique énergique, par exemple le bleu de toluidine, Bethe obtient un molybdate de toluidine, qui met en évidence les fibrilles primitives colorées très distinctement en violet foncé sur un fond incolore ou faiblement teinté en violet. Les chromatophiles des cellules nerveuses, se colorant également en violet foncé, gênent beaucoup la coloration des fibrilles intracellulaires; mais on peut les écarter, au moins chez les Hirudinés et chez les Vertébrés, en traitant la coupe avec l’ammoniaque et l’acide chlorhydrique.

(Bethe recommande également la coloration in vivo , par le bleu de méthylène, d’après la méthode d’Ehrlieh, voir p. 746.)

D. — Colorations des Cylindraxes.

La coloration vraiment élective des cylindraxes, surtout à l’état pathologique, n’a pas encore été imaginée, si nous mettons à part les méthodes d’Apathy et de Bethe, qui n’ont guère été employées depuis quelgues années que pour la structure normale des cylindraxes (fibrilles primitives), et la méthode de Golgi, qui est d’une application restreinte dans les recherches d’histologie pathologique. En pratique courante, les cylindraxes des centres nerveux sont colorés, en même temps que les autres tissus, à l’aide des Techniques communes, qui donnent, pour leur substance fibrillaire, des teintes plus ou moins bien différenciées, variables suivant leur degré d’altération et suivant l’état pathologique des autres éléments (névroglie, gaines myéliniques, exsudats interstitiels, etc.). D’une façon générale, la sclérose névroglique dense et la fonte granuleuse des gaines de myéline, lésions très fréquentes, gênent beaucoup l’examen des altérations fines des cylindraxes, comme perdus au sein des autres tissus morbides. En pareil cas, on aura recours à toutes les colorations générales énumérées précédemment (carmins; hématoxylines et hématéines; fuchsines, etc.); et l’on fera bien d’employer les inclusions à la paraffine, dans le but d’obtenir des coupes très minces, longitudinales et transversales.

On pourra également essayer quelques-uns des procédés plus spécialement recommandés, ces dernières années, avec plus ou moins de succès, pour l’analyse histo-pathologique des cylindraxes : procédé de Freud ; mieux, procédés de Strœbe ou de Schmaus.

Il est possible que les méthodes de coloration, plus délicates encore, d’Apathy, de Bethe, puissent prochainement être appliquées à l’étude pathologique des fibrilles, élémentaires ou primitives, des cylindraxes ; ce serait incontestablement un progrès considérable pour la technique et pour l’étude analytique de ces éléments, dans la plupart des maladies du cerveau et delà moelle.

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