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NOMBRE DES GLOBULES ROUGES

A l’état physiologique, le nombre des globules rouges de l’homme est de quatre millions cinq cent mille à cinq millions par millimètre cube, avec une légère différence en moins pour le sexe féminin. Ils sont un peu plus nombreux chez le nouveau-né.

Il existe quelques variations, suivant qu’on examine telle ou telle partie de l’arbre circulatoire. Tandis que le sang artériel est partout identique, le sang des capillaires et des veines est plus variable. Le sang qui a traversé la peau, les muscles, les glandes, et d’une manière générale le sang veineux, est un peu plus riche en globules rouges (Malassez). Cette augmentation n’est pas constante; elle est exagérée par les obstacles qui s’opposent au retour du sang veineux et atténuée, au contraire, par la section des vaso-moteurs (Malassez).

Pour un même homme, et dans les mêmes conditions, le chiffre des globules rouges est assez fixe. Il peut subir des variations avec les changements intervenus dans les conditions physiologiques : c’est ainsi que la sudation, la diurèse, l’ingestion d’aliments solides (Malassez) produisent des augmentations légères et passagères par concentration du sang (1).

Une alimentation riche, la vie au grand air, l’exercice, produisent des augmentations réelles et plus durables. D’une manière générale, le nombre des globules rouges augmente chaque fois que l’organisme accélère ses combustions et a besoin de plus d’oxygène. C’est ainsi que le nombre des globules rouges est en général plus élevé l’hiver que l’été (Malassez); pour maintenir le corps à une température constante, il faut plus d’oxygène pendant la saison froide. C’est un phénomène du même genre que représentent les augmentations quelquefois considérables des hématies qu’on observe à l’état physiologique par le séjour à de hautes altitudes." Ce fait, découvert par Yiault en 1890, a été depuis vérifié par un grand nombre d’observateurs. L’augmentation de nçmbre se produit assez rapidement, dès le séjour à la montagne; Viault a observé chez l’homme, à 4392 mètres, une augmentation allant de cinq à huit millions en trois semaines ; les chiffres élevés se maintiennent chez les individus qui séjournent à ces altitudes, mais le retour à la normale se produit peu de temps après la descente dans la plaine (2).

(1) Les injections intraveineuses ou hypodermiques de sérums artificiels donnent lieu à une diminution des hématies par dilution du sang (Marcano).

(2) L’augmentation du nombre des globules rouges existe, non seulement dans les capillaires cutanés, mais dans les vaisseaux internes; elle est d’autant plus grande que l’altitude est plus haute, et jusqu’à un certain point, elle croît avec la durée du séjour; enfin, elle s’accompagne d’une augmentation de l’hémoglobine (Müntz) et de

CORNIL ET RANV1ER. — II.

L’augmentation du nombre des globules rouges doit être considérée comme un phénomène compensant l’oxygénation moins facile dans l’air raréfié. On a pu la reproduire, au laboratoire, chez des animaux soumis artificiellement à l’effet de basses pressions atmosphériques (Sellier, Jaquet).

Cette augmentation du nombre des globules rouges se produit dans les ascensions en ballon, où elle est brusque et passagère. Il est bien difficile de croire qu’il s’agisse ici simplement d’une augmentation réelle; mais on ne sait pas encore dans quelle mesure la concentration du sang intervient pour expliquer le phénomène (1).

A l’état pathologique, le nombre des globules rouges peut être augmenté ou diminué.

L’augmentation du nombre des globules rouges (hyperglobulie) . peut être réelle ou simplement apparente et due à une concentration du sang. La concentration du sang peut être causée par une perte réelle de liquide, comme à la suite des sueurs abondantes, des purgations, des diarrhées aiguës et chroniques ou par une exsudation du plasma sanguin dans le tissu conjonctif, comme dans l’œdème.

Les diurétiques, les crises urinaires des maladies fébriles peuvent produire des concentrations du sang analogues.

Cette concentration s’observe aussi dans la néphrite chronique avec œdème; mais ici, l’atteinte générale portée à l’organisme produit souvent une hypoglobulie que la concentration du sang ne réussit pas à masquer (Malassez, Cuffer, Chanel), sauf quelquefois dans les accès de polyurie.

Dans les maladies du cœur mal compensées, la concentration du sang masque l’anémie, et donne, soit des chiffres normaux, soit souvent même de l’hyperglobulie. Au moment du rétablissement de la circulation normale et de l’amélioration des symptômes asystoliques, la concentration du sang diminuant, le chiffre des globules peut subir un abaissement.

Dans certaines circonstances, comme à la suite du traitement de certaines anémies par la vie au grand air, le séjour au bord de la mer, 1 administration du fer, l’administration du mercure chez les syphilitiques, on peut constater que le nombre des globules rouges s’accroît.

la masse totale du sang (Jaquet), ainsi que d’une diminution de la sécrétion azotée urinaire (Jaquet). Doyen et Morel ont observé, chez le lapin, par le séjour dans l’air compnme ia diminution du nombre des globules et de l’hémoglobine.

(1) Gaule a observe dans ce cas l’arrivée au sang de globules rouges nucléés dont la presence indiquerait ainsi une véritable régénération du sang- mais ce fait n’a pu etre confirme ni dans nos observations ni dans celles de Bensaude

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