‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 5 sur 148 · DES CELLULES · texte numérisé non relu

DES CELLULES

d’après lui, toutes les cellules. Remak s’est appliqué à étudier comment tous les tissus en dérivent. Dans cette étude, il a vu provenir toute cellule de cellules préexistantes, suivant trois modes : par scission ou scissiparité, par bourgeonnement et par formation endogène. Aujourd’hui, d’après la conception de la cellule que nous exposerons bientôt, ces trois modes ne sont pas essentiellement distincts.

Virchow a transporté dans l’anatomie pathologique les données fournies par Remak sur le développement physiologique ; il a vu que toute formation nouvelle de cellules, ou toute néoplasie , consiste dans un développement continu aux dépens de cellules préexistantes, et il a resserré ainsi les liens qui unissent la pathologie à la physiologie. Comme Remak, il a adopté la définition de la cellule d’après Schwann, lui reconnaissant une membrane, un contenu, un noyau et un nucléole.

Depuis lors, grâce aux travaux de Max Schultze, de Recklinghausen, Kühne, L. Beale, etc., la définition de la cellule a été profondément modifiée.

Depuis longtemps déjà Dujardin avait remarqué que les êtres inférieurs formés d’une seule cellule ne sont pas tous enveloppés d’une membrane et sont susceptibles de changer de forme, à tel point que des prolongements très étendus peuvent en naître. Dujardin désignait la substance cellulaire sous le nom de sarcode, et ses mouvements sous le nom de mouvements sarcodiques. Max Schultze, étudiant plus complètement ces mêmes phénomènes, les reconnut non seulement chez les animaux unicellulaires appelés amibes, mais aussi dans les éléments cellulaires des animaux complexes. Il compara les masses cellulaires animales susceptibles de mouvements aux masses cellulaires des végétaux connues depuis longtemps sous le nom de protoplasma; il appela protoplasma cette matière fondamentale des cellules animales, et nomma mouvements amiboïdes les mouvements qu’elle présente.

Un très grand nombre de cellules des animaux supérieurs et de l’homme, les globules blancs du sang par exemple, sont composées de protoplasma, ne possèdent pas de membrane et présentent des mouvements amiboïdes. Pour que ces mouvements vraiment caractéristiques du protoplasma se produisent, il faut que les cellules soient

Fig. 2. — Segmentation de l’œuf chez l’Ascaris nigrovenosa. (Figure empruntée à Kôlliker.)

placées dans les conditions d’humidité, de milieu, de température, etc., où elles vivent à l’état normal. Chez les animaux à sang froid, l’observation en est très facile, parce qu’on n’a pas à tenir compte des conditions de caloricité. Il suffit de prendre du sang de grenouille ou de triton, de l’examiner en ayant soin d’empêcher l’évaporation, et l’on voit naître à la périphérie des globules blancs des prolongements protoplasmiques qui se ramifient, de telle sorte que ces expansions venues d’un même élément, et arrivant au contact, se fusionnent:

peu à peu la masse entière de protoplasma peut passer dans un prolongement, et ce qui était le corps principal de l’élément se trouve déplacé. On voit aussi des prolongements revenir sur eux-mêmes et se fondre dans la masse commune.

S’il se trouve, dans le voisinage des éléments cellulaires possédant

ces mouvements, des l e particules colorées, on

voit celles-ci être enp H w ^ ^ globées par les pro-

^ longements amiboïdes

venus de la cellule et pénétrer ainsi dans son

Fig. 3. — Globules du pus après l’action de l’eau vivants présentant des no

a, vus dans un liquide neutre ; 6, vu: ju dans l’acide acétique ; c, globules intérieur.

Duvements amiboïdes. .

La fusion des prolongements amiboïdes, la pénétration dans l’intérieur de la cellule de particules colorées, démontrent qu’elle ne possède pas de membrane, et ces faits suffisent pour renverser la définition de la cellule donnée par Schwann et acceptée par Remak et Virchow. Ce n’est pas à dire pour cela que toute cellule soit dépourvue dé membrane ; mais, lorsque 'celle-ci existe, elle n’en constitue qu’une partie accessoire.

La définition de la cellule se trouve ainsi réduite à une niasse de protoplasma renfermant un noyau.

Le noyau des cellules paraît être une vésicule dont l’enveloppe s’accuse souvent par un double contour : son contenu est tantôt clair, tantôt très finement granuleux.

A son origine, toute cellule est constituée uniquement par une masse de protoplasma entourant un noyau. Entre toutes les cellules possédant cette structure initiale, on n’a pas trouvé de différences indiquant que telle cellule subira telle modification ultérieure donnée.

Les cellules qui ne possèdent pas de membrane d’enveloppe et qui présentent un protoplasma jouissant de mouvements amiboïdes sont : 4° les cellules de l’embryon avant qu’elles aient pris une forme déter-

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