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LÉSIONS DU PANCRÉAS DANS LES INFECTIONS ET INTOXICATIONS 1U

nérescence graisseuse des endothéliums vasculaires. Rarement enfin on observe de l’œdème ou des hémorragies dans le tissu conjonctif interstitiel avec diapédèse leucocytaire marquée; les îlots de Langerhans sont normaux.

Le pancréas est souvent lésé au cours de la fièvre typhoïde comme Klippel l’a observé le premier : son volume toutefois varie peu et la moyenne de son poids est de 70 grammes, c’est dire qu’il est plutôt diminué.

Les lésions quand elles existent sont purement histologiques. On a signalé, mais le fait est rare, l’existence de petites hémorragies.

Les gros canaux présentent de la multiplication des cellules épithéliales et de la dégénérescence granuleuse. Les îlots sont normaux ou encore hypertrophiés (Chauffard et Ravaut) avec cellules très nombreuses, plus rarement pauvres en éléments, avec un début de dégénérescence granuleuse ou de nécrose et parfois avec réaction interstitielle (Chabrol).

Presque toujours, spécialement autour des canaux; et vaisseaux, le tissu conjonctif est le siège d’une congestion capillaire avec diapédèse : de plus, on constate d’assez nombreux polynucléaires et maslzellen. Les petites veines peuvent présenter de l’endophlébite.

Les altérations cellulaires acineuses peuvent consister en hypertrophie acineuse, en dégénérescence granuleuse ou graisseuse, cette dernière très rarement intense. Garnier y a signalé une variété de dégénérescence vacuolaire avec métachromasie que nous avons décrite et figurée à propos des lésions cellulaires.

De plus, assez souvent, le mèmè auteur a constaté à l’intérieur des acini la présence de polynucléaires, sans qu’il «oit possible d’y bien définir leur topographie intra ou intercellulaire.

Enfin Moynihan et Mayo Robson ont trouvé dans deux cas le bacille d’Eberlh à l’intérieur des conduits excréteurs pancréatiques.

Expérimentalement, Chabrol a obtenu au moyen du bacille typhique de la congestion capillaire, la dégénérescence vacuolaire et surtout granuleuse, enfin la sclérose des îlots de Langerhans, fragmentant également les acini glandulaires.

Salomon et Halbron ont signalé quelques altérations analogues dans les gastro- entérites.

Au cours du rhumatisme articulaire aigu , Gilbert et Lereboullet ont pu mettre en évidence, dans un cas mortel, l’existence d’une desquamation très nette de l’épithélium des canaux excréteurs

PANCRÉAS

gros et petits, associée à une sclérose péri-acineuse des plus nettes. Ces lésions viennent à l’appui de la théorie de l’origine digestive du rhumatisme soutenue par les auteurs précédents, d’autant que le bacille d’Àchalme-Thiroloix n’est autre que le perfringens de Yeillon, hôte des voies biliaires normales et pathologiques (Gilbert et Lippmann), et que le diplostreptocoque de Triboulet et Coyon paraît n’être autre que l’entérocoque de Thiercelin.

Dans la lèpre enfin, il résulte des dix cas étudiés par Brutzer qu’il n’existe pas d’altérations particulières du pancréas : de plus, cet auteur n’a pu y déceler le bacille de Hansen.

Il y a peu à dire de l’état du pancréas dans les intoxications : Àrnozan et Vaillard (1), expérimentant avec le sublimé chez le lapin, ont constaté seulement une légère sclérose interlobulaire avec catarrhe des canaux excréteurs. Dans le travail de Sébilotte (2) nous trouvons peu de chose, si l’on excepte une observation de Legrand (3) dans laquelle l’auteur signale un catarrhe très accusé des canaux excréteurs : ce fait confirme les données expérimentales précédentes. Ajoutons que, de plus, dans l’intoxication mercurielle, la seule qui ait encore donné lieu à quelques travaux, on trouve toujours mentionnée une congestion, parfois intense, du pancréas.

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