‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 187 sur 289 · ÏE1N · texte numérisé non relu

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l’ont démontré encore récemment Policard et Garnier dans les études qu’ils ont consacrées à ce problème, dire que : contrairement aux lésions pathologiques, les alterations cadavériques sont toujours semblables et de même degré dans les divers canalicules du rein.

Il sera possible dès lors, à l’examen d’un rein qui présentera exclusivement ces altérations généralisées, sans aucune systématisation et toutes du même type, de conclure à l’action cadavérique et de conclure par le fait même à son intégrité ou à sa quasi-intégrité.

Le problème est beaucoup plus délicat quand il s’agit de reins ayant subi des lésions pathologiques; les altérations cadavériques plus ou moins importantes peuvent changer l’aspect primitif et rendre extrêmement difficile l’interprétation exacte des lésions réelles. Il existe cependant des points de repère qui sont précisément constitués par la localisation des lésions pathologiques à certains territoires urinifères. Et comme le changement d’aspect morphologique imprimé à ces territoires du fait des altérations cadavériques sera partout semblable, dans beaucoup de circonstances il pourra être tenu pour négligeable.

Quelles sont donc les altérations cadavériques les plus habituelles?

Policard et Garnier les ont étudiées chez le rat blanc et ont pu constater qu’elles commencent à se manifester quinze minutes après la mort pour être surtout manifestes après quatre heures. Comparant la description de ces altérations avec celles que nous avons pu constater sur des reins chirurgicaux et sur des reins d’autopsie conservés et fixés dans les meilleurs conditions, nous pouvons les décrire ainsi.

Sur un rein sain, le corps ayant été formolé et conservé en chambre froide, on constate que :

Les glomêrules résistent longtemps et même au bout de vingt-quatre heures présentent fort peu fie modifications, en tous cas habituellement négligeables. Les cellules de l’endothélium vasculaire peuvent parfois présenter un aspect granuleux ou d’autres fois clair, le protoplasma ayant comme fondu, mais jamais on ne constate de desquamation des cellules de l’endothélium glomérulaire ou de la capsule. 11 n’y a pas d’exsudat dans la cavité libre ordinairement à peine indiquée.

Les tubes contournés s’altèrent avec une grande, rapidité. Dans tous les cas, et c’est l’aftération constante, le protoplasma des cellules prend un aspect granuleux plus ou moins accentué. Les bâtonnets d’Heidenhain sont quelquefois encore visibles, mais ils se colorent d’une manière diffuse par l’hématoxyline au fer. Beaucoup plus souvent ces bâtonnets son! disjoints, réduits à l’état de granulations, qui conser-

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vent cependant les affinités tinctoriales des éléments primitifs. La portion sus-nucléaire du proloplasma est bourrée de fines granulations, elle paraît souvent comme un peu distendue.

Les noyaux occupent leur situation normale au tiers interne de la cellule.

La bordure en brosse peut persister intacte, et c’est une erreur de croire qu’on ne puisse jamais la constater sur des reins d’autopsie (fig. 320).

Fig. 320. — Coupe provenant d’un rein prélevé vingt-quatre heures après la mort. — Grossissement : 600 diamètres. Fixation au bichromate osmié, inclusion à la celloïdine (Courcoux.)

Les tubes contournés ont leur protoplnsma cellulaire, d’aspect légèrement granuleux, les bâtonnets d’Heidenhain n’étant plus disposés en stries parallèles. Mais on remarquera la conservation parfaite de la bordure en brosse. Entre les tubes les capillaires dilatés sont remplis de sang. Les tubes qui présentent un tel aspect peuvent être considérés comme normaux.

Le rein qui a fourni cette coupe était fortement lésé en d’autres portions de son parenchyme, on y voyait de petits tubercules.

Souvent, avec cette altération généralisée à tous les éléments sécréteurs et qui réalise la lésion décrite sous le nom de tuméfaction trouble , on constate, au sommet des cellules un peu distendues et pointant vers la cavité eanaliculaire, des petites vacuoles qui écartent et disjoignent lé la bordure en brosse pour passer dans la lumière du tube. Ces vési-

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cules ou boules sarcodiques éclatant dans le tube, entraînent avec elles des granulations protoplasmiques; elles paraissent liées autant à l’emploi de certains fixateurs qu’aux altérations cadavériques, et quand elles sont généralisées à tout le rein, elles ne peuvent être rapportées à une lésion véritable.

Les mêmes; altérations se rencontrent au niveau des cellules de l’anse ascendante de Henle et du segment intermédiaire ; la portion susnucléaire du protoplasma est surtout délicate; il est bien rare, ainsi que l’indiquent Garnier et Policard, qu’on n’y.renconlre pas d’une façon constante des boules sarcodiques.

Les cellules de l’anse descendante sont au contraire beaucoup plus résistantes, de même que celles des tubes droits.

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