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TUBERCULOSE DE LA PROSTATE

Elle est très fréquente. .Rarement observée comme lésion primitive* et isolée, la tuberculose prostatique est une des localisations les pluscommunes au cours de la tuberculose chronique de l’appareil génitourinaire; on l’y rencontre dans 70 à 75 p. 100 des cas.

L’observation, le raisonnement et l’expérimentation s’aecordentpour faire admettre deux voies d’infection bacillaire de la prostate.

1° La voie hématogène : c’est l’apport direct du bacille par les vaisseaux dans le parenchyme prostatique au cours d’une infection sanguine, soit primitive, soit secondaire à une tuberculose viscérale,, osseuse, urinaire même.

2° La voie uréthrale ou canaliculaire : infection directe des glandes*

PROSTATE

prostatiques, par leurs canaux excréteurs, que le bacille de Koch soit apporté dans l’urèthre postérieur par l’urine provenant du rein tuberculeux, ou par le sperme provenant du testicule infecté;

La tuberculose prostatique s’observe sous deux formes principales :

I. Tuberculose miliaire aiguë. — Elles est caractérisée par de nombreuses granulations initiales, visibles à peine à l’œil nu, disséminées dans tout le parenchyme prostatique. G’est une forme exceptionnelle dont il n’existe que quelques observations, au cours de la granulie ou d’une tuberculose aiguë généralisée.

II. Tuberculose chronique ou chirurgicale. — C’est celle qu’on rencontre communément dans la tuberculose génito-urinaire, sous les divers aspects suivants qui correspondent le. plus souvent à des stades successifs d’évolution.

a ) Tuberculose granuleuse. — Les granulations, petites, grises et transparentes, ou déjà opaques, sont peu distinctes sur la coupe de'la glande, simplement tuméfiée par une congestion générale.

Les granulations initiales sont presque constamment périglandulaires, juxta-acineuses (Simmonds, Marwedel, Burckardt, Albarran, flallé et Motz). Une infiltration confluente de cellules lymphoïdes entoure l’acinus encore intact; les cellules centrales deviennent indistinctes et se fusionnent; puis la cellule géante apparaît, presque au contact de l’enveloppe glandulaire; le follicule est constitué. Bientôt. la paroi acineuse se perfore à son contact et la glande elle-même est envahie. La présence des bacilles a été constatée dans l’épithélium acineux, et surtout à sa face profonde, au contact de l’enveloppe glandulaire.

Albarran, Hallé et Motz, ont observé plus rarement des granulations tuberculeuses initiales dans le stroma prostatique, sans rapports avec les glandes, surtout dans la zone périuréthrale.

b) Tuberculose nodulaire caséeuse. — Elle est caractérisée par des nodules crus, caséeux, du volume d’un grain de millet à celui d’un pois, ou même d’une noisette, infiltrant la glande eu nombre variable.

La prostate est augmentée de volume, sa forme , même est altérée par la saillie des noyaux périphériques; sa consistance est inégale, avec des bosselures dures ou molles. Sur la coupe j sèche et pâle, les noyaux apparaissent nettement blancs, gris mat ou jaunâtres,

APPAREIL URINAIRE

arrondis ou polycycliques ou rayonnés, plus ou moins nettement limités, durs ou déjà ramollis. Ils peuvent siéger dans toutes les parties de la prostate, atteignant aussi bien les glandes centrales que les périphériques; souvent inégalement répartis et prédominants dans un des lobes.

On peut suivre aisément le mode de formation de ces nodules tuberculeux, sur les coupes histologiques. Quand l’acinus rompu a été pénétré par la granulation périacineuse, l’épithélium glandulaire proliféré subit en masse la dégénérescence caséeuse. G’est la glandé ainsi envahie qui forme le centre et la masse principale du nodule caséeux. Ces nodules s’accroissent par envahissement successif et fusion des glandes voisines : les gros tubercules caséeux remplacent tout un lobule glandulaire.

A ce degré de développement, les gros tubercules prostatiques peuvent évoluer suivant deux modes différents, enkystement fibreux ou ramollissement.

c) Tubercules enkystés. — Ils sont très fréquents et se présentent sous' un aspect histologique caractéristique. Au centre, c’est un véritable bloc caséeux, homogène, granuleux, sans aucun élément cellulaire distinct; il est entouré d’abord par une zone leucocytique confluente où se distinguent encore des vestiges glandulaires et des

■follicules tuberculeux; Plus tard, le noyau caséeux est enkysté dans une capsule conjonctive, fibreuse, compacte, à laquelle succède sans transition le tissu prostatique normal. Le tubercule enkysté par sa capsule fibreuse peut disparaître et guérir par résorption, laissant après lui un simple nodule fibreux cicatriciel.

d) Tubercule ramolli. — - Abcès tuberculeux. — La substance caséeuse devient diffluente, pâteuse, puriforme. L’abcès tuberculeux ainsi formé peut rester longtemps enkysté et stationnaire ; plus souvent il s’accroît par envahissement progressif des tissus périphériques, et tend à se porter vers l’urèthre ou vers la capsule prostatique. Il finit par s’ouvrir dans le canal; et ainsi se conlitue la caverne prostatique.

e) Tuberculose caverneuse. — Les cavernes prostatiques, uniques ou multiples, petites ou très volumineuses, jusqu’à occuper tout un lobe prostatique, ou toute la prostate, s’ouvrent le plus souvent dans l’urèthre par un orifice arrondi ou ovalaire plus ou moins volumineux. Dans le cas de caverne totale, l’urèthre peut être entièrement détruit;

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partiellement respecté, il traverse la caverne, du col à la région membraneuse, à la manière d’un pont.

Au début, la caverne est encore à demi remplie de fragments caséeux et sa paroi est formée de fongosités tuberculeuses. Tardivement, quand elle est complètement détergée des produits caséeux, la paçoi de la caverne prostatique prend un aspect lisse; elle est formée d’une couche de tissu tibreux, revêtue d’une mince couche uniforme de tissu inflammatoire, vasculaire, non tuberculeux : c’est un véritable processus de guérison.

Les ouvertures, plus rares, des abcès prostatiques dans le rectum, la vessie, ou à la peau du périnée, sont du ressort de la chirurgie.

/) Il faut signaler enfin une forme exceptionnelle de tuberculose prostatique : la tuberculose caséeuse massive , observée par Klebs et Marwedel. La prostate est transformée en masse en un bloc caséeux ou caséo-crétacé, enkysté par la capsule fibreuse épaissie. C’est une nécrose caséeuse totale analogue à celle qui s’observe fréquemment dans le rein.

Tuberculose de V urèthre prostatique. — Le plus souvent les lésions bacillaires de l’urèthre prostatique accompagnent la tuberculose de la prostate et se confondent avec elle.

On peut observer cependant sur la muqueuse de l’urèthre prostatique des lésions primitives indépendantes : granulations, ulcérations isolées ou confluentes, zones disséminées ou étendues d’infiltration caséeuse massive, qui ne diffèrent en rien des lésions similaires décrites dans l’urèthre antérieur. Le verumontanum, ses gouttières latérales, les orifices des canaux éjacuiateurs, de l’ulricule et des glandes prostatiques sont les sièges d’élection de ces lésions tuberculeuses de la muqueuse de l’urèthre prostatique.

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