‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 138 sur 146 · BIBLIOTHÈQUE SCIENTIFIQUE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE SCIENTIFIQUE

IN TERN ATIO N ALE

Le premier besoin de la science contemporaine, — on pourrait même dire d'une manièi'e plus générale des sociétés modernes,— c'est l'échange rapide des idées entre les savants, les penseurs, les classes éclairées de tous les pays. Mais ce besoin n'obtient encore aujourd'hui qu'une satisfaction fort imparfaite. Chaque peuple a sa langue particulière, ses livres, ses revues, ses manières spéciales de raisonner et d'écrire, ses sujets de prédilection. 11 lit fort peu ce qui se publie au delà de ses frontières, et la grande masse des classes éclairées, surtout en France, manque de la première condition nécessaire pour cela, la connaissance des langues étrangères. On traduit bien un certain nombre de livres anglais ou allemands ; mais il faut presque toujours que l'auteur ait à l'étranger des amis soucieux de répandre ses travaux, ou que l'ouvrage présente un caractère pratique qui en fait une bonne entreprise de librairie. Les plus remarquables sont loin d'être toujours dans ce cas, et il en résulte que les idées neuves restent longtemps conflnées, au grand détriment des progrès de l'esprit humain, dans le pays qui les a vues naître. Le libre échange industriel règne aujourd'hui presque partout ; le libre échange intellectuel n'a pas encore la même fortune, et cependant il ne peut rencontrer aucun adversaire ni inquiéter aucun préjugé.

Ces considérations avaient frappé depuis longtemps un certain nombre de savants anglais. Au congrès de l'Association britannique à Edimbourg, ils tracèrent le plan d'une BiblioUièque scientifique internationale ^ paraissant à la fois en anglais, en français et en allemand, publiée en Angleterre, en France, aux Etats-Unis, en Allemagne, et réunissant des ouvrages écrits par les savants les plus distingués de tous les pays. En venant en France pour chercher à réaliser cette idée, ils devaient naturellement s'adresser à la Remie scirntifir/ue, qui marchait dans la même voie, et qui projetait au même njoment, après les désastres de la guerre, une entreprise semblahlo destinée h étendre en (juclque sorte son cadre et à faire connaître plus rapidement en France les livres el les idées des peuples voisins.

La Bi/j/iol/ièque scientifique internationale n'est donc pas une entreprise de librairie ordinaire. C'est une œuvre dirigée par les auteurs mêmes, en vue des intérêts de la science, pour la populariser sous toutes ses formes, et faire connaître immédiatement dans le monde entier les idées originales, les dirertioiis nouvelles, les découverlcs iniiiorliintes (|ui se font rha«[ue jour dans tous les pays. Clia(|ue savant e.xposern les idées qu'il a introduites dans la scjeiire et condensera pour ainsi dire ses dur-lriues les plus originales.

On pourra ainsi, sans (juitter la l'ranre, assister et participer au mouvement des esprits en Angleterre, en Alleniagne, en Améri(|ue, en Italie, tout aussi l)ieu(|ue les savants mémos de chRcun de ces pays.

Page 1